vendredi 16 mai 2008

Mont Oriol

C'est le deuxième roman que je lis de Maupassant. Le précédent était "Bel ami", qui ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable d'ailleurs. Mont Oriol, c'est un peu mieux. En lisant ce livre, j'ai eu des impressions d'enfance mais pas directement liées à l'histoire. J'ai eu des réminiscences de mes 15 ans, lorsque j'étais en cure thermale à Font-Romeu et que je lisais "De la terre à la lune" de Jules Verne. Aucun rapport pourtant entre Mont Oriol et De la terre à la lune. Aucun rapport non plus entre les deux auteurs. Mais c'est juste peut-être dans le plaisir de lire une histoire. Peut-être j'ai vécu un même sentiment à plus de 25 ans de distance, lié au plaisir de la lecture, de l'objet quasi charnel, livre, que j'accroche comme on s'accroche à la vie. Après, il suffit peut-être d'un rayon de soleil de printemps, un parfum dans une picoseconde qui mélange l'ensemble et hop, vous réveillez un sentiment que vous pensiez enterré.
Dans ce livre, Maupassant raconte une histoire sans en faire des tonnes juste pour le plaisir de fabriquer une histoire. C'est peut-être le seul point qui puisse lier ces deux livres assez dissemblables.
J'ai vécu un vrai traumatisme avec "De la terre à la lune". A l'époque, on me l'avait fauché. Je me rappelle ce que j'ai ressenti à ce moment précis ; le manque, une amputation, comme si quelqu'un que j'aime me quittait, une dispute avec un copain, un mal de ventre, une insulte. Les relations que j'ai avec les livres vont au-delà de la simple lecture. Je suis attaché aux livres charnellement, affectueusement comme un enfant est attaché à son doudou. Car l'histoire "de la terre à la lune" et son auteur ne justifient pas un malaise pareil et un souvenir aussi prégnant.
Après, Mont Oriol, c'est quand même pas un roman extraordinaire et il ne restera pas dans les 30 meilleurs livres que j'ai lu, pas même les 50. Je sais là que je vais me faire envoyer ad patres par Jenofa qui adore Maupassant et notamment ce roman-là. Elle n'appréciera certainement pas le parallèle avec Jules Vernes.
Mais quand même, il restera, à nu, le plaisir de pénétrer les sentiments des personnages, notamment cette Christiane, dans Mont Oriol, pauvre victime du papillonnage masculin.
Il me vient une idée... Je vais faire bientôt un inventaire de mes 30 ou 50 livres préférées de mon enfance à aujourd'hui.

QUELQUES LIENS

Mont Orio de Guy de Maupassant
Présentation de Maupassant
Le livre sur le site de Maupassant
Le livre téléchargeable sur le net

9 commentaires:

jenofa a dit…

Mais non, mais non.
Mont Oriol est loin d'être mon Maupassant préféré.
Ma folie pour lui, comme celle de ma fille, comme celle de ma mère avant nous, comme celle de mes nièces, ce sont les nouvelles.
Maupassant aurait voulu être un grand romancier. Il rêvait de devenir Flaubert dont il a, d'ailleurs, imaginé à un moment qu'il pourrait être son père.
mais Maupassant est un nouvelliste, un immense nouvelliste.
Je suis folle de Maupassant pour sa lucidité devant la noirceur de l'âme humaine qui ne se double jamais d'aigreur, de mépris ou de haine, mais très souvent d'un humour d'une finesse incroyable, malgré la terrible lourdeur de l'ambiance. Je l'aime énormément aussi pour la dénonciation implicite dans des textes de toute forme d'hypocrisie dans la société,en particulier celle du clergé. Et puis, je suis très émue de penser que j'ai souvent marché à Paris dans les rues aux grands immeubles Hausmaniens où lui pratiquait la chasse à la bécasse. J'ai lu "les contes de la bécasse" quand j'avais 13 ans et quand je remontais alors l'avenue Niel pour aller saluer les grands arbres du Parc Monceau, j'y pensais et cela m'étreignait le coeur. De là me vient cette terrible angoisse qui me saisit depuis à chaque fois que je suis devant un beau paysage ou que je longe une haie vive, cette sensation que demain peut être, après-demain certainement, tout cela sera coulé non plus sous la pierre de taille comme après Maupassant, mais sous béton et bitume.
Certains de ses romans courts sont en vérité de longues nouvelles et sont du bonheur à l'état pur : je pense à Pierre et Jean où se ressent l'incertitude sur ses origines, qui plombé sa vie mais lui a peut-être permis de devenir ce grand écrivain, à Une vie, à Boule de Suif, à la Maison Tellier.
Je ne me rappelle JAMAIS de l'histoire d'un roman ou d'une nouvelle, même chez Giono, mais seulement de l'atmosphère générale.
Et comme dirait l'autre, Maupassant , c'est le roi de l'atmospère.
Ce que je te disais donc concernant Mont Oriol, (que j'ai lu très tard , je devais avoir trente ans, donc ça ne peut être la même émtion qu'à 15, c'est pourquoi je suis persuadée qu'il faut lire jeune) au delà de l'histoire dont je ne me souviens plus du tout, c'est que Maupassant dépeint ce qui se passait déjà à son époque, et ça n'a pas changé, comme magouilles, manipulations et malversations de toutes sortes quand il s'agit pour quelques-uns de se faire du flouze en dressant ici ou là une ville de cure (euh--- "L'homme qui vivait avec les ours"?) ou pour nous maintenant, une cité balnéaire, une station de ski (euh---"Le fou d'Edenberg?, j'en passe et des meilleures.
Je suis étonnée que tu n'aies pas noté ça.
Tu vois, je ne peux pas parler pour lui, of course, mais après avoir lu aujourd'hui presque tout de Maupassant, même son théâtre le plus grivois, je suis intimement persuadée que s'il vivait aujourd'hui, il aurait raccroché son fusil et qu'il combattrait avec nous contre toute forme d'attaque à la nature.
Ceci dit, moi aussi, je me suis ennuyée à la lecture de Bel Ami, aussi une longue nouvelle, que j'ai pourtant lue jusqu'au bout.
C'est bien la seule fois que je me suis ennuyée en lisant Maupassant.Je crois bien que c'est ce qui est arrivé à ma fille aussi.
Pour Jules Verne, bon, je ne vais pas te redire----- Mais cet homme a écrit sur la chasse les choses parmi les plus dures que je connaisse. Alors, il ne peut être complètement mauvais---- (rires! Je précise pour qu'anonyme ne me saute pas immédiatement sur le paletot en criant à la généralisation et à la simplification).

Lurbeltz a dit…

En voilà un commentaire qui vaut son pesant de cacahouettes. Ben tu vois, grâce à toi, je ne vais pas renoncer à lire Maupassant. Il y a quelques jours, j'ai même acheté un recueil de nouvelles.
Tu vois, tout ce que tu dis, je le ressens de Victor-Hugo. Je dis même qu'il aurait été écolo aujourd'hui, après avoir pris sa carte du parti socialiste ;-)
Le roi de l'ambiance et de l'atmosphère, j'ai toujours cru que c'était ce cher Hugo.

sophie a dit…

« Pauvre victime du papillonage masculin » !
O le puritain ! ô la morale glauque ! ô la pudibonderie !
Et dire qu’il y a plus bas un éloge de mai 68 (la libération sexuelle, l’amour libre, Beauvoir et son pacte avec Sartre, les femmes féministes qui voulaient être des hommes comme les autres,…) Et voilà que tu nous rappelles que le papillonage est masculin car nous bien sûr les femmes nous n’avons ni désir ni fantasme, la fidélité nous est congénitale. Ce qui fusille bien sûr au passage l’idée d’une égalité homme / femme. Merci de la condescendance avec laquelle tu nous défends du pêché ! En plus sur un article à propos de Maupassant, qui faisait valider sous huissier ses saillies dans les maisons closes pour en remontrer à Flaubert. Après l’éloge du petit commerce et de la patrie (basque), cela fait un mois bien à droite dans ce blog. Et Jenofa (prénom féminin je crois) ne réagit même pas…par contre je préfère moi aussi le Maupassant des nouvelles que le romancier. Je n’ose te recommander la délicieuse anthologie de ses contes grivois, mais les classiques enseignés à l’école tel que Boule de suif devraient te plaire.

jenofa a dit…

Euh--- la, j'ai pas tout compris.
Mais comme j'adore le quarantième degré, je citerai cette phrase de Desproges "Plus je connais les hommes plus j'aime mon chien, plus je connais les femmes, moins j'aime ma chienne."
Jenofa,femme collabo .

Lurbeltz a dit…

Oula, vous n'avez pas lu le livre vous hein ? Parce l'amour est libre à condition qu'il soit librement consenti de part et d'autre, ce qui implique le respect. Par exemple une "tournante" n'a rien à voir avec la libération sexuelle. Dans le livre, Christiane est victime d'un paul Brétigny qui après l'avoir mise enceinte vise une jeune demoiselle, fille du paysan qui possède beaucoup de terrains très bien placé pour ses ambitions capitalistes. Il est beau l'"amour libre".

sophie a dit…

de mieux en mieux !
en 2008 il faut donc encore rester avec et épouser les gens avec qui l'on couche, pour qui l'on a du désir, ou même que l'on met enceinte. et pourquoi ne pas interdire le divorce tant que l'on y est pour éviter au femmes sans travail de rester seule pour élever leur enfant. non, je crois que tu t'enfonces...

sophie a dit…

si tu n'aimes pas les femmes n'en degoute pas les autres. moi j'aime les hommes. (et les femmes aussi)

Lurbeltz a dit…

Décidemment, vous me faites penser à mon copain Pelotari qui n'arrête de me contredire juste pour le fun.
Encore une fois vous ne semblez pas comprendre ce que je veux dire, ou vous faites exprès de pas comprendre.
Personnellement, en matière de sexualité je pense que chacun peut faire ce qu'il veut si c'est librement consenti par les deux parties. Concernant le mariage, vous êtes tombé sur la bonne personne... J'ai écrit un joli pamphlet contre cette pauvre institution. Je vous invite à lire mes "Pensements" aux éditions Astobelarra (pub).
Concernant le cas précis du livre, le personnage paul Brétigny est un imbécile cupide. Mariage ou pas mariage, enfant ou pas, libertinage, bisexualité, homosexualité, qu'importe. L'important est qu'il faut savoir aimer et il faut dans tous les cas avoir quelques qualités d'empathie et d'amour. Et lui, Paul, il ne sait pas aimer, surtout lorsqu'on décide de se marier avec une femme uniquement pour la dot et parce qu'on est totalement fauché.
Non d'abord il faut que vous lisiez le roman Mme Sophie, parce que là, vous ne comprenez pas le contexte du roman. Après vous regarderez peut-être autrement le sieur Bretigny

jenofa a dit…

Tiens, je viens de découvrir que défendre le petit commerce, c'est être à droite.
Ouh la! Ca veut donc dire que bader Carrefour,avec les autoroutes, le mépris des gens qui n'ont pas de bagnole et des gens qui de toutes manières ne pourraient pas conduire pour s'y rendre et aussi la future suppression des postes de caissières, c'est être gauchiste de chez gauchiste!
Ca veut dire que je suis à droite toute depuis toujours et que je n'en savais rien! Je me croyais de gauche, dis donc!
En plus, j'ai rien compris à Maupassant et je me vautre dans l'oeuvre d'un auteur Pétainiste!
Et bé, ho!
Il vaut mieux que l'on ne se parle plus, Lurbeltz, tu vas te droitifier à mon contact!
La tête me tourne! Moi, je crois que je vais m'arrêter là!
J'ai déjà assez à faire ailleurs dans ce domaine, tu vois de quoi je parle.