vendredi 7 décembre 2007

Ours : l'urgence

Je tiens à vous informer qu'il y a un sondage sur ce blog. Pour ceux qui n'ont pas encore votés : voici l'intitulé : "Vous apprenez que les ours des pyrénées sont de retour du côté d'Iraty", qu'elle est votre réaction. Voir dans la colonne de droite. j'aimerais arriver à une centaine de votes, avant de clore le sondage, alors n'hésitez pas à en parler autour de vous.
Mais c'est une occasion, et j'en profite pour donner une nouvelle fois mon point de vue et pour reparler de ce sujet.
- L'homme, aujourd'hui, doit avoir peur de lui même. Il doit être inquiet du pouvoir de destruction toujours grandissant qu'il déploie chaque jour. Il doit prendre conscience qu'il est le prédateur, le nuisible le plus abominable qui existe sur cette planète et que c'est lui qui est un danger aujourd'hui, pour les ours, pour la planète et pour lui même.Voilà mon point de vue.
- Fini l'ère de la peur de la nature, ce temps où les hommes luttaient contre les éléments pour survivre. Les choses se renversent et il faut aujourd'hui avoir peur de l'homme. Et là, peut-être, quand nous prendrons conscience de cela, nous foutrons la paix aux ours de Pyrénées.
- L'ours, ses griffes et ses crocs, à côté du dangereux bipède prétentieux est un mince et frêle brin d'herbe à peine capable de soutenir le poids d'un moustique.
- Tirer sur un ours équivaut à se tirer une balle dans la tête. Ce n'est pas un meurtre, c'est un suicide.
- S'il faut lutter contre les prédateurs et les nuisibles, il faut que les humains se tire une balle dans la tête, pour voir la poutre dans l'oeil.
- Oui, il faut se satisfaire du retour du lynx, du loup et de l'ours. La planète n'appartient pas à l'homme qui est uniquement locataire et qui a le devoir de laisser cette planète en l'état.
- Il faut faire en sorte que la vie soit possible entre tous les êtres vivants qui y habitent.
- L'ours n'a pas disparu naturellement. Il a été éliminé sciemment par les hommes, empoisonné, tiré, kidnappé, pourchassé. Aujourd'hui, il faut dire "Ça suffit". Il faut avoir le courage de regarder en face le vrai adversaire, celui qui menace la survie de nos amis bergers, artisans d'art, ouvriers, chômeurs ... Ne cherchons pas des "ours émissaires" qui ne peuvent répondre ni trouver de solutions à nos problèmes.
- Et juste pour finir, une phrase. Elle est tirée d'un communiqué de l'association Basabürüa en Haute-Soule, assoc d'éleveurs qui déclarait dernièrement que le pastoralisme n'avait pu " se pérenniser que grâce à l'éradication complète et de longue date des espèces menaçantes... et que la cohabitation était impossible entre humain et grands prédateurs." En notre période écocidaire, ces mots raisonnent aujourd'hui à mes oreilles comme une nouvelle forme de révisionnisme. Je prédis qu'un jour, ce genre de propos seront condamnées par la justice. Et je pense là (tout en pensant aussi à l'ourse Cannelle) aux paroles de Léonard de Vinci, il y a quelques siècles, qui disait : "Viendra un temps où l'homme jugera du meurtre d'un animal tout comme il le fait aujourd'hui de celui d'un homme."
Alors, évidemment moi j'ai voté "super content" à ce sondage.
Alors évidemment, je suis écologiste.

14 commentaires:

jenofa a dit…

Oui, mais il y en a, et ils sont légion, pour qui l'écologie c'est agir pour que l'Homme puisse respirer de l'air pur et boire de l'au pure. Point final.

Il y en a aussi qui y ajoutent le côté social.

Ces gens là vont de traiter d'environnementaliste. C'est un comble!

Sans nature libre et sauvage, point d'humanisme. Sans respect émerveillé de tout le monde vivant, idem.

Gary l'a dit, et Camus, et tant d'autres. Et aujourd'hui, entre autres, notre cher André Cazetien.Mais on n'écoute que les scientifiques qui alignent des rangées de chiffres et de formules chimiques, qui n'apportent rien de rien.

Lurbeltz a dit…

Oui, justement j'aime bien ici appuyer sur ce point. Je sens bien qu'ici en Soule, sur ce sujet, je suis un extra-terrestre. Mais j'ai raison, excusez du peu ! Excusez la modestie. S'il y a des point où je doute, là je doute de rien. Quand je lis ces mots de cette assoc en Haute-Soule, c'est gueuler où ne plus être humain. J'ai choisi d'être humain. Leo, en parlant des anarchistes disait : "y en a pas un sur 100 et pourtant ils existent". Ici c'est des écolos qui ne sont pas 1 sur 100.

Etienne H. a dit…

Moi aussi j'ai voté "super content". Entre temps, j'ai dû changer 20 fois d'adresse IP, mais promis, je n'ai pas revoté (comme certains sur un autre site où il y a des sondages... Suivez mon regard!).
Et je suis toujours super content d'avoir voté "super content".
En même temps, quand je lis ce qu'à écrit cette asso de haute Soule, je suis "super inquiet"... Et c'est pas de l'ours que me vient cette inquiétude!

On dit "bête comme un âne". Mais les ânes sont loin de massacrer leurs semblables et tout ce qui existe sur terre pour créer un petit monde égoïste et égémonique.
Désormais, je dirai "bête comme un homme". Parce que ça, c'est sûr, et même si on m'accuse encore une fois de faire des généralités, je persiste : la grande masse des humains est bien "conne comme un panier"!

Lurbeltz a dit…

Ouaih, moi ça me fout en colère de lire des propos merdiques comme les propos de cette assoc en Haute-Soule. les gars, ils sont en retard de 6 wagons. Il y a d'autres choses qui me dérangent dans la vie, mais aujourd'hui par exemple, on trouve minable que les Etats-Unis aient construit leur puissance sur la destruction des amérindiens et sur l'esclavage. On ne va pas revenir dessus, on est écoeuré mais pourtant il a bien fallu que des millions de gens trouve cela tout à fait normal.
Je suis certain que dans 15 ans on regardera les propos de cette assoc Basabürüa avec beaucoup de honte et de tristesse. Ils sont la honte de la Soule et je n'ai pas de mot pour les qualifier.

Lurbeltz a dit…

Il y a un truc un peu débile, c'est d'avoir rajouté ce "moyennement content" et "moyennement inquiet"... Euh ! c'était un peu superflu et à la limite j'aurais du mettre le choix "pas d'avis" ç'aurait été plus clair. Parce que la différence entre les 2 est imperceptible.
Enfin bon, j'étais fatigué ce jour-là.

jenofa a dit…

On peut être tout à fait content inquiet et pourtant tout à fait content. Moyennement, c'est pareil.
Content du retour des ours et inquiet pour eux en raison de l'insondable connerie humaine.
Mais ça, ça ne peut pas entrer dans le langage binaire d'un sondage.
J'ai déjà répondu à des sondages style IPSOS par tel. C'est terriblement frustrant!

jenofa a dit…

ouaih--- moi aussi, je suis fatiguée.
Le premier truc que je voulais dire c'est tout à fait inquiet. Vous aurez rectifié---

vivi a dit…

Je suis depuis longtemps très critique vis-à-vis de l’humanisme qui me semble, en mettant l’homme au dessus de tous, devoir autoriser toutes les dominations. J’espère aussi que si cette espèce devait disparaître de la planète par abusus elle n’entraînera pas tout avec elle.
Mais il y a un truc qui me gêne beaucoup dans ton article et dans certains des commentaires qu’il a suscités. D’abord il ne laisse pas d’espoir de changement, comme si les gens étaient cons depuis tjrs et pour tjrs, de façon immobile, hors du temps. Et ensuite il ne fait pas de distinction de classe mélangeant du coup les destructions engendrées par l’industrialisation et celle provoquées par « les gens ». Pour moi ce n’est absolument pas la même chose.
Pour rebondir sur un exemple que tu as intelligemment utilisé, lorsque la colonisation a provoqué la destruction des Amérindiens même si des petits colons qui défendaient un droit imaginaire d’être là ont participé activement au massacre, celui-ci n’aurait pu avoir lieu sans l’implications des Etats, sans l’intérêt qu’avait le capitalisme naissant dans l’exploitation de ces vastes territoires. De la même façon si ce processus a pu compter sur la participation active de tant de personnes c’est parce que ceux-ci crevaient souvent la dalle en Europe (la plupart ne bouffait pas grand-chose à cette époque, ils ne partaient pas en touristes).
Alors je tire la sonnette d’alarme (encore une fois) car avec des articles plein de bonnes intentions, avec une participation à des rassemblements qui prétendent arranger les difficiles problèmes de la sociétés on peut faire des conneries grosses comme un ours ou une maison et tout ça juste parce qu’on devient adepte religieux de la Démocratie et, donc, en oubliant que sur cette foutue planète y il a des classes sociales, merde ! C’est pourtant visible, non ? Le système qui nous régie (il nous régie oui ou non ?) n’a pas été fondé par « les gens » mais par des gens, des gens qui n’ont aujourd’hui plus rien à voir avec la Nature, ils sont devenus a-nature car seul le profit les guide. Je suis absolument persuadé que c’est une immense erreur politique (et philosophique) de mettre les paysans de Larrau dans le même paquet. Voilà ! Tirer sur un ours est un suicide, d’accord, raisonner de cette façon aussi.
Pour conclure je dirai que ça me mine d’avantage de constater des erreurs de ce genre que d’apprendre la mort de Cannelle et pourtant ce jour là j’ai pleuré.

Lurbeltz a dit…

Ce n'est pas les paysans de Larrau dont je parle, mais ceux qui sont dans cette association qui a eu des propos minables et choquants et contre-productifs,l'assoc Basaburua.
Je reconnais bien la lutte de classe mais ça ne m'enlève pas la pensée que parfois, dans le peuple, il y a des cons en même proportion que dans les classes supérieures. Et qu'il y a une grande partie dans les couches populaires qui rêve d'être dans la classe supérieure.
Ils sont aussi nombreux dans les couches populaires, ceux qui aiment bien que les autres s'occupent de leurs affaires et qui cautionnent le pouvoir... NOn Vivi, je n'arrive pas à innocenter le peuple et je n'arrive pas à croire qu'il n'y soit pour rien dans ce qu'il lui arrive.
J'ai un respect énorme pour les paysans mais je me réserve le droit de dire merde à des propos qui paraissent stupides.

vivi a dit…

Je considère ta réponse comme une justification non argumentée et attends davantage.
Juste pour préciser : je n'ai jamais dit que la connerie était de classe mais juste dit que ta façon de penser niait la réalité de classe.

Etienne H. a dit…

C'est toute la théorie du "coupable" ou "responsable"...

Les gens qui massacrent les éléphants, les tigres du Bengale, les ours, les loups, les baleines ou toute autre espèce protégée en voie d'extinction, ne sont généralement pas des nantis en 4x4, mais des gens qui tentent de survivre grâce à une économie parallèle et illégale, ceci pour satisfaire les désirs d'une élite en 4x4 (ou en Rolls, et même que certains roulent en citroën ZX!!!) qui les asservit.

Alors certes, les sociétés les plus riches sont responsables de ces destructions massives, mais qui est le vrai coupable, qui presse la détente?
C'est un peu facile de dédouaner ceux qui tuent ou détruisent parce qu'ils sont pauvres... S'ils étaient riches, que feraient-ils?
Dans un ordre d'idée très proche, comment ce fait-il que des gens qui ont connu l'horreur à l'état pur commettent ces mêmes horreurs sur les autres, une fois qu'ils s'en sont sortis?

Bref, ce ne sont pas les classes qui créent la connerie, mais la connerie qui génère les classes.

Tu as raison Vivi, je n'ai pas beaucoup d'espoirs pour les hommes. Qu'ils soient petits ou grands, ils n'ont qu'une idée en tête : marcher sur la gueule des autres (et c'est encore plus facile quand c'est des animaux) pour s'élever au dessus de la masse et manger à la gamelle...

Je persiste et je signe : L'humain est certainement le plus grand nuisible que la terre ait jamais porté.

jenofa a dit…

Vivi, l'humanisme, ce n'est pas ce qui met l'Homme au dessus de tout avec le droit de vie et de mort sur tout le reste.
Ca, c'est l'anthropocentrisme----beurk---- et c'est pas mal teinté de judéo-christianisme, voire de créationnisme au besoin..
Un humaniste, c'est autre chose ou plutôt c'est quelqu'un d'autre. C'est André Cazetien qui écrit "pour l'Homme et pour l'Ours".
C'est Ian Mac Millan et sa célèbre phrase sur les condors.
C'est Marguerite Yourcenar "Plaise à celui qui est peut-être de dilater le coeur de l'Homme à la mesure de toute la Vie."
C'est toute la vie de Théodore Monod.
C'est Romain Gary avec "La vie devant soi" et "La tête coupable", mais aussi avec "Les Racines du Ciel", "L'affaire Homme" et "La lettre à l'éléphant"(elefanteari gutuna) dont je suis certaine que tu as déjà acheté une vingtaine d'exemplaires pour les distribuer autour de toi.
C'est Derrida.
C'est Morad El Hattab qui s'engage pour le Darfour et assure la présidence du CRAC, Comité Radicalement anti corrida.
C'est Laurent qui se sent frère des arbres et avec qui je me sens, moi, en étroite fraternité.
Les discussions sur la société qui est méchante et les gensses qui sont bons, ça me gonfle. Ca me rappelle le lycée, Rousseau et consors. Ca manque d'air. Ca sent le renfermé. Ca pédale dans le yaourt.Et puis bon, la société, c'est qui qui la fait, hein? Et parmi tous les braves gens du peuple qui sont censés être meilleurs que les autres parce qu'ils sont le peuple-----euh--- c'est qui qui a élu Sarko? Et qui commence à râler maintenant, parce que le Tit Nico ne leur apporte pas sur un plateau tout ce qu'ils s'étaient laissés convaincre qu'il allait leur apporter?
Les gens et l'industrialisation, ce n'est pas pareil? Mais enfin, depuis tant et tant d'années, qui crie au génie dès qu'une invention technologique voit le jour? Oui, Hitler a inventé le principe même de l'autoroute mais ce n'est pas lui qui s'est précipité tout seul dans sa peite bagnole pour rouler dessus.
Et les quatre télés dans certaines fermes d'ici (une dans la cuisine, une dans l'eskatz, une dans la chambre des parents et une dans la chambre du gosse), pour regarder "librement " (hi, hi!) TF1et M6, elles ont été imposées par des "méchants?
Que nous le voulions ou non, il y a un fond universel en l'être humain qui transcende l'origine géographique, la couleur de la peau et les classes. Dans ce fond, il y a le meilleur et il y a le pire.En chaque personne, c'est mouvant, ça peut basculer d'un côté ou d'un autre à toute occasion, en fonction des aléas de la vie. Quand on est persuadé de ça, on ne peut se laisser aller à la haine, à la revanche, au victimisme soigné et entretenu.
Il n'y a pas d'un côté les bons et d'un autre les méchants. Chaque jour qui passe nous montre dans nos vies quotidiennes, parmi nos proches, les petites mesquineries de chacun, les nôtres aussi, hélas!
Faut faire avec.

Lurbeltz a dit…

Mais là, le problème de l'ours justement, ce n'est pas un problème de classe. C'est justement la classe paysanne qui l'a éliminé. C'est bien ce que revendique l'assoc Basaburua dans l'extrait du communiqué que je mets en avant.
Si j'intègre la lutte de classe dans ma pensée, je me dis que les éleveurs doivent lutter avec l'ours, contre l'Etat, pour améliorer ses conditions d'existence et reconnaitre au plantigrade le droit de vivre sur ce territoire.
Franchement, cela me fait penser à certains qui conspuent la grêve parce qu'ils trouvent que les fonctionnaires auraient trop d'avantages. Il faut tirer les acquis vers le haut et l'ours doit être intégré à la lutte de classe et au patrimoine pyrénéen.
Oui à l'ours et oui à un pastoralisme vivant.
Conclusion, non seulement je ne nie pas la lutte de classe, mais j'y inclus l'ours et la nature dans son ensemble.
Pour moi c'est la même mécanique. Celle qui a colonisé l'amérique, éliminé les juifs, réprimé les cultures régionales, elle atteint à la biodiversité. C'est cette logique qui dit : "ici c'est chez moi, maintenant tu dégages"

Etienne H. a dit…

Jeno, j'allais rajouter le passage sur "qui qu'a élu sarko, si ce n'est le peuple dans toute sa splendeur, qu'il soit embourgeoisé ou miséreux?" Tu m'as ôté les mots du clavier...

Et s'il y a du bon et du mauvais en chacun de nous, je pense que c'est surtout la connerie qui est universelle, chez l'homme!