mercredi 23 avril 2008

Viol sous la pluie

Il pleut, il pleut, il pleut.
De la fenêtre de la grande maison
Dont les murs sont épais et vieux,
Je regarde passer le dragon.

Dehors ils travaillent sous les gouttes.
Si la pluie pouvait les emporter,
Je ne pleurerai pas goutte ;
Si la terre se mettait à glisser.

j'imagine leurs dos mouillés.
Je les vois partir lentement,
Les bras des machines rouillées.
Je les vois s'en aller lentement.

Eh ! Xiberoa, si tu te révoltais,
Petite terre, petite débonnaire
Qui te laisse massacrer
Eh ! Xiberoa, si tu te réveillais.

Des types piétinent tes collines
Un viol, c'est si vite arrivé
Lorsque des hommes se débinent,
Un viol s'est si vite arrivé

Les tuyaux se succèdent.
La pluie fait glisser des pas.
La terre me renvoie sa peine.
La pluie tombe sur Xiberoa

Il pleut, il pleut, il pleut.
Et voilà que maintenant,
Il pleut même dedans
Il pleut même sur moi

Début année 90, vous vous souvenez ?

7 commentaires:

jenofa a dit…

Oui, moi, je me souviens, entre autres, d'avoir entendu à la radio les aventures de la famille Caudine dont le toit de la maison recevait des parpaings.
En lisant les premières lettres de ton texte, je revivais des scènes décrites par Bernard Charbonneau.

Etienne H. a dit…

Euh... ça parle du tunnel sous la manche?
;-D

jenofa a dit…

Non, ça, c'est dans quelques temps, quand les dérèglements climatiques auront fait monter le niveau de la mer jusqu'à la maison Pastou.
Ca vient, ça vient---un peu de patience, que diable!

Etienne H. a dit…

Ah bah oui, mais moi, je veux tout et tout de suite!

Lurbeltz a dit…

C'est déjà assez rapide pour pas en rajouter Etienne, et puis je ne suis pas préparé aux pancartes "Mitikile plages" et le camping "les flots bleus de Pastou"

jenofa a dit…

Bon, moi, il y a une autre marée qui monte jusqu'à moi. Parait qu'y a pas de sous, que tout est trop cher, mais je ne vous dis pas le grignotage accéléré du paysage par les petites ou grosses baraques depuis kekes années.
Ca monte de + en +, même en montagne. Pour chacune, il faut l'eau, l'électricité, la route bitumée----
Chaque jour, en me levant, je me demande combien de temps cela va prendre pour que la très honorable Uhaldia se retrouve entourée et oppressée par les bicoques avec leur haies de béton vert.
Vous n'imaginez pas comme ça m'angoisse.
Les vengeances de la nature, par contre, me feraient plutôt plaisir, je l'avoue.
N'est-ce pas, Lurbeltz? Wood'stown.

Lurbeltz a dit…

Oui moi aussi c'est un truc qui me fout la trouille. faut dire que les deux, nous vivons dans 2 petits coins de paradis ; c'est pas de l'égoisme de notre part puisqu'on voudrait que le monde partage notre bonheur et que c'est pour cela qu'on fait de la politique.
Concernant la vengeance de la nature, j'y pense aussi dans le cadre du roman que j'essaie d'écrire. Mais finalement la plus grande violence pour l'homme con, ce serait tout simple que la nature retrouve sa place. Ce ne serait pas une violence mais pour l'être anthropocentriste, ce serait terrible de devoir partager notre vie avec d'autres vie qu'on appelle prédateurs, mauvaise herbe nuisible.