mercredi 26 novembre 2008

Jean Lassalle ou l'indignation hémiplégique

« J'ai la mémoire hémiplégique Et les souvenirs éborgnés Quand je me souviens de la trique Il ne m'en vient que la moitié » : Leo Ferré « Ils ont voté et puis après ? »


Je viens de lire le bouquin de Jean Lassalle : "La parole donnée". Je vais vous dire franchement, au départ, avant de lire ce livre, je pensais que j'appellerai mon papier « La parole bidonnée ». Vous voyez, j'ai changé d'avis, car il est certain que ce type est totalement sincère. Comme on peut être totalement sincère tout en baignant totalement dans l'erreur. Il n'est pas dans l'erreur partout, je serais malhonnête de dire ça. Mais juste dans ce qui est le plus important en ce début de millénaire, c'est-à-dire notre rapport avec la planète, avec la nature et par conséquent notre rapport avec notre propre espèce. Et c'est un effrayant gâchis de temps et d'énergie pour un homme de cette trempe et pour nous-même. Car il faut le dire cet homme est une force qui va, comme dirait Victor-Hugo. C'est incontestable... Sauf qu'elle ne sait pas où elle va. Et le mur n’est pas loin.
S'il fallait tirer le portrait de Jean Lassalle. On pourrait dire qu'il se situe entre Besancenot et Jean Saint Josse, balloté entre un conservatisme de gauche et un autre de droite, pour se figer finalement dans un centre aussi mou qu'un corps sans colonne vertébrale. Il fait le maximum qu'il peut, emporté par une énergie vitale et une conviction qu'on ne peut pas lui enlever et qui fait toute sa force. Mais une conviction qui se trompe, c'est une voiture sans freins, et là encore, le mur n’est pas loin.
En politique, il fait de son mieux pour être un député efficace. Pour les affaires courantes, celles qui font consensus aussi bien à gauche, à droite qu'au centre, il est probablement parfait. Mais comme il évite consciencieusement les clivages, il finit par devenir insignifiant. A force de vouloir se mouler à son peuple d'électeur et sa communauté basco-bearnaise, à force d'être en totale empathie avec cette majorité qui l'a élu, le député de la 4 ème circonscription n'a aucun recul sur rien, comme un peintre devant sa toile. Aucun recul, cela signifie devenir le réceptacle et le retransmetteur un peu vide des messages que lui envoie le peuple, sans réussir à faire de synthèses et de traductions, ce qui devrait être le rôle même d'un homme politique. Alors la toile devient celle d'un peintre du dimanche, un peu fade, avec des perspectives hasardeuses et des contrastes douteux…. Et le mur, encore le mur !
Sa grève de la faim est un exemple frappant. Il a peur de perdre la face devant son peuple d'électeurs (il n'y a que lui qui compte) et il met son corps en jeu dans un mouvement désespéré pour se sauver. Il a peur d'être séparé de son corps trop dissous dans celui de ses électeurs et de sa communauté basco-bearnaise alors, il le met à la diète. Il ne veut pas perdre la face, il panique. Il fait son mauvais Jésus, en aveugle et jette toutes ses cartes sur la table, mais son jeu ne vaut pas grand-chose. Rien à voir avec Gandhi et Lanza del Vasto qui, non content de tout savoir de la grève de la faim, savaient tout de la lutte pour la vie, pour la nature et pour le monde. Lassalle met son corps en vrille pour se sauver, lui, et sauver sa conscience perdu dans la confusion de cette société qu’il ne comprend pas. Gandhi et Lanza del Vasto n'étaient pas désespérés, mais habités par l'espoir. Ils comprenaient tout, ils ne faisaient pas la grève de la faim pour eux et pour quelques poignées d’électeurs mais pour le monde entier, pour la nature et pour toute la vie en général.

Jean Lassalle veut démontrer dans son livre qu'il est un député différent. Pourtant ce manque de recul sur lui-même l'aveugle et il ne se rend même plus compte qu'il devient finalement le pire des conservateurs et la pire des marionnettes. Par exemple ce passage ahurissant,
à la page 259 où, après sa grève de la faim, il explique son déchirement, à l'assemblée nationale, lorsque le PS dépose une motion de censure à propos du CPE. L'UDF allait voter le texte mais Jean Lassalle était « déchiré », selon ses propres termes, entre François Bayrou et Jacques Chirac qui avait tenu un « rôle positif » dans sa grève de la faim. Lassalle parle alors du choix cornélien auquel il est confronté, écartelé entre sa « fidélité » à Bayrou et ce qu'il devait à Chirac qui venait de « lui sauver la vie ». Lassalle votera finalement la motion de censure en invoquant cette sacro-sainte « fidélité », sans aucune explication ni aucun argument sur le problème politique de fond. Le voilà le député libre ? En tous les cas, il est bien à l'image du parti de Bayrou dont la stratégie est de toujours se situer, ou ne pas se situer, c'est selon, tenu par cet équilibre faux, obsessionnel et tactique dictant l'ensemble de la méthode qui fait marcher la forme sur la tête du fond.

Le plus grave n'est pas là, malheureusement et le plus grave, je l'ai dit tout à l'heure, est que Jean Lassalle met toute son énergie dans un combat d'arrière-garde dans lequel il s'empale avec la bonhomie et gaieté. Le combat contre la nature et contre les écologistes. Et là, c'est l'aveuglement et la contradiction permanente qui dictent son attitude. Par exemple page 12, Lassalle explique d'où vient sa haine de l'ours. Il se rappelle ses nuits dans les estives, quand il était enfant, enfermé dans la cabane, l'ours dehors qui attaquait les brebis et son père de crier : « Il faut tous les tuer »... Quelques chapitres plus loin, page 67, il raconte le jour où il fallu enterrer une cinquantaine de brebis victimes d'une épidémie foudroyante. et là, son père de dire : « ça ne fait rien, j'en élèverai d'autres... ». La nature, d'un côté, celle dont on ne peut rien, la maladie qui décime les brebis et qui ne porte pas de visage, sur laquelle on ne peut pas reporter une haine qui serait vaine. Et puis l'ours, le gros poilu, la gueule du diable, le mal léché, décalcifié par mille ans d’opprobre, libre, trop libre, imprévisible, mais qui se prend si facilement au piège des fusils et de la strychnine. D’un côté, ça ne fait rien… De l’autre il faut tuer.

En vérité, ce que raconte Lassalle, c'est la fracture de l'homme et de la nature. Jean Lassalle est le symbole de cette fracture, comme l'ours est le symbole de la nature sauvage encore libre. Jean Lassalle fait partie de ces derniers hommes, en Europe, qui vivaient encore dans et avec la nature tout en cherchant en même temps à s'y émanciper et à la combattre. Alors que partout ailleurs, on l'a liquidée, exploitée et détruite, en haut de la vallée d'Aspe, on vivait encore dans et avec une nature sauvage, en compagnie d'un des derniers grands et beaux mammifères d'Europe. Jean Lassalle est dans cet élan, au bout de cette course de destruction de ces hommes qui depuis 2000 ans croient qu'il faut combattre la nature pour tirer son épingle du jeu. Il est perché la-haut, tout en haut, comme sur une vague, fier et péremptoire, au bout de cet élan qui nous condamne tous à crever la bouche ouverte. Mais la vague est un tsunami et Jean Lassalle le dernier porte-parole d’un monde qui court vers l’autodestruction.

Jean Lassalle aurait pu avoir le panache d’Ana Paucha, l'héroïne du roman sublime « Ana non » d'Agustin Gomez-Arcos qui s'en va à pied, jusqu'au nord de l'Espagne. Elle s'en va retrouver, loin là-bas, son fils, prisonnier dans les geôles franquiste, pour lui porter un pain aux amandes, huilé, anisé et fortement sucré. Sur la route, elle tombe sur une vieille chienne affamée qui tente de lui avaler son précieux gâteau. Elle se bat, « crachant le sang et les poils de la bête » et récupère son gâteau. Mais Ana se rend compte que « cette pauvre chienne n'est pas son ennemie. Elle est comme elle-même, elle lutte pour survivre ». Finalement, « elle sort son morceau de pain et son lard (...) elle fait deux parts égales, en offre une à la chienne et mange l'autre (...) elles boivent toutes les deux un peu d'eau de source et partent ensemble ».
Voilà l’humanisme, le vrai, depuis longtemps et pour toujours.

Parce que la nature n'a pas de dessein sauf celui de survivre, Jean Lassalle se trompe de combat, lourdement comme un char d’assaut qu’une guerre intérieure aveugle.
Il hurle contre le capitalisme, mais il hurle aussi contre la nature alors son crie s’annule et devient inaudible comme le miaulement du chaton. Car c’est justement le capitalisme qui détruit tout depuis longtemps, la nature, les ours, les plantes, l’eau, l’air, les paysans et les ouvrier. Dans les plaines, il a déjà tout mis à genou et allez chercher l'homme et la nature libre, vous ne trouverez pas. Dans les plaines il n’y a plus d’ours, bientôt, il n’y aura plus de paysans ni d’ouvriers ni plus rien.
Jean Lassalle se trompe et dure sera sa chute quand il comprendra que l'homme et la bête luttent ensemble pour survivre contre un même adversaire qui est l'homme avide de richesse, de pouvoir et domination.

Jean Lassalle devrait répondre à certaines questions : d'où vient ma haine de l'ours ? Pourquoi j'ai la nature en horreur ? Pourquoi je cherche à me battre contre elle ? Peut-être, à ce moment-là, comprendra-t-il et rejoindra-t-il les ouvriers, les paysans, les plantes, les loups, les ours, la nature et tous ces hommes et ces femmes qui luttent ensemble pour la vie.

***
LIENS
***

TÉLÉCHARGER LE TEXTE AU FORMAT PDF
>CLIQUEZ ICI<
et envoyez le à qui vous voulez

31 commentaires:

Anonyme a dit…

Pas d'accord, Lurbeltz

Jean Lassalle ne combat pas la nature. Et je ne pourrais pas illustrer mieux la controverse entre Lassalle et Nicolas Hulot que ne l'a fait Eric Zemmour lors de la venue de Jean Lassalle chez Ruquier : " un débat passionnant entre le paysan bouseux dont tout le monde se moque car il vient de la campagne, et le bobo parisien qui découvre la nature du haut de son hélicoptère affrété par TF1 ". Je te laisse méditer cette phrase, tout y est.

@+

Enzo

Lurbeltz a dit…

Non moi je ne me moque pas de Lassalle parce qu'il vient de la campagne. Moi même, la campagne, j'en viens et j'y habite et cela au milieu des paysans bouseux.
Non L'image du Lassalle paysan est une image qu'il cultive et là pour le coup, c'est une image qui vient de Paris.
Non je me moque de Lassalle parce qu'il se trompe de combat et oui, il combat la nature. j'en suis témoin. Enzo, tu vis dans sa circonscription ? Moi oui.

jenofa a dit…

Moi, j'ai lu Ana non, ce livre bouleversant, j'en tremble encore d'émotion. Lurbeltz, il faudra aussi que tu lises "L'homme à genoux", du même auteur.
Mais lire les oeuvres de Lassalle, que nenni!
Enzo, que vient faire Nicolas Hulot, dans cette affaire là? Dis, Lurbeltz, qu'attends-tu pour dire que celui-là, tu ne le kifes pas trop, non plus?
Quand à Eric Zemmour----, enfin, bon, je m'arrête. C'est mon jour de bonté.

Lurbeltz a dit…

Ce qui me tue dans ce commentaire de Enzo, c'est que je me suis cassé le bol à écrire un texte, à chercher des tournures, à essayer de convaincre par l'exemple... Et de m'entendre dire "je te laisse cette phrase, tout y est"...
faisez en des textes tiens !
Oui tu as raison, Jenofa, nous ne sommes ni du parti de Lassalle ni de celui de Hulot.

Anonyme a dit…

Ce qu’Enzo veut dire ( je suppose ), c’est qu’il y a deux conceptions de la nature.

La votre, celle d’une nature déifiée, toute puissante, sauvage, à conserver sous sa forme originelle, quand bien même serait-elle hostile à l’homme, ce dernier étant même à exclure le plus souvent de cette nature puisque son principal ennemi. C’est une conception largement répandu chez les citadins, savoir que la nature préservée existe, voire même s’y promener de temps en temps.

Pour jean Lassalle, si il n’y a avait pas de tracteur, pas d’usine à Accous, ni de station de ski, les corbeaux voleraient sur le dos pour ne pas voir la misère de nos vallées, qui se dépeupleraient plus vite encore. permettre aux hommes de vivre au plus près de la nature même domestiquée.

Ces deux visions de la nature et de l’homme sont également menacés par le monde moderne. Voilà pourquoi vous ne devriez pas vous voir comme des ennemis, mais essayer de travailler sur ce qui vous rapproche.

C’est bien de critiquer le capitalisme (propriété privée des moyens de productions) qui détruit la nature. Mais où as-tu vu que la collectivisation des moyens de productions (communisme, socialisme) avait mieux protéger la nature ?

Gilen a dit…

Moi, chez Nicolas Hulot, il n'y a qu'une chose qui me plaisait... c'était son boulot !!! Avoir la chance de voyager partout et être payé pour ça. Je dis plaisais, car plus ça va moins ça me plait. Plus j'avance en âge, moins sa manière de voyager me plait... Le coup de "j'arrive avec mon hélico, tout m'est permis, je vais où je veux, tout y l'est beau, j'arrive, je consomme et je repars..."

Ma conception actuelle du voyage, c'est plutôt "mon sac à dos, mes bonnes godasses et aller, on y va, en voyant au jour le jour et en favorisant les échanges..."

Sinon, chez lui, je ne supportes vraiment rien !! arriviste de merde !!

Jean Lassalle, je l'aime bien !!! Il m'a payé à boire !!!! ;-D

Lurbeltz a dit…

J'avais dit que je n'acceptais plus les commentaires anonymes. Pour cette fois-ci, ça passe, mais voilà, je préviens.
Oui anonyme, ce que tu dis réflète bien la pensée de Lassalle. Je me rappelle bien ce qu'il repprochait à Eric Pétetin... Il lui repprochait de ne voir la nature que comme naturelle... Je cite (c'est écrit dans son livre).
Et ça désolé, c'est énorme. Un genre de pleonasme assez marrant.
Non il n'y a pas plusieurs natures, ce serait trop facile. Il y a celle qu'on a détruit dans les plaines et quelques petits ilots en France protégées dans des parc.

Anonyme a dit…

Lurbeltz, je conviens que mon commentaire était un peu court, mais je n’avais pas le temps hier de développer. Pour info, je ne suis pas dans la circonscription de Jean Lassalle et ne l’ai jamais été, je suis Ariégeois d’origine et je suis exilé dans le nord de la France, pour raisons professionnelles. Mais je connais un peu la circonscription de Jean Lassalle, ainsi que toutes les Pyrénées d’ailleurs, puisque j’ai arpenté les sentiers du GR10 voici deux ans et je marche dans les Pyrénées pendant un mois chaque été.

Concernant la couleur politique de Jean Lassalle, je me contenterai de reprendre un des passages du bouquin : peu importe la couleur politique, ce qui importe est le projet que l’on propose à ses électeurs, et de mettre en œuvre ce projet. Si tu regardes l’action politique des élus locaux en général, tu verras des choses fantastiques réalisées par des gens de droite, d’autres par des gens de gauche. Cela étant, il serait peut-être temps que les élus (et leurs électeurs) prennent acte d’un constat simple : deux personnes d’accord sur une question A peuvent être en désaccord sur une question B. Je préfère 1000 fois cette approche à celle de ceux qui n’écoutent jamais le camp adverse, uniquement parce que c’est le camp adverse.

Pour le reste, tu présentes Jean Lassalle comme un combattant de la nature. Tu es mieux placé que moi pour en juger, alors cette fois, c’est moi qui te demande de développer.

Enzo

Otxanda a dit…

Encore une fois on essaie d'opposer la nature et l'économie. Je pense qu'il faut essayer de trouver un juste milieu et de faire en sorte que ces 2 volets soient complémentaires. Je ne suis extrémiste au point de dire non il ne faut pas d'usines en vallée d'Aspe (ou ailleurs)et laisser la vallée exclusivement aux animaux au risque de voir partir toute la population. Il est important qu'il y ait une activité économique, industrielle... mais il faut faire en sorte que cela respecte cette belle vallée. Je pense que c'est réducteur de penser que les écolos veulent protéger la nature au détriment du reste (ok je sais qu'il y en a mais pour moi, ceux là sont aussi des extrémistes à leur façon)et qu'il est tout à fait possible de "composer" si tant est que l'on s'en donne un peu la peine.

Etienne H. BOYER a dit…

Je suis parfaitement le raisonnement d'Otxanda...

Lassalle voudrait dompter la Nature, comme on dompte un fauve pour le cirque. C'est à dire le briser dans sa chair pour un faire un être corvéable à merci, et sans danger pour les humains.

Or, à mon sens, la place de l'homme est DANS et AVEC la nature, et non pas CONTRE.

Lorsque tu liras son livre, "anonyme", J'espère que tu comprendras mieux notre vision des choses, à moins que tu ne sois un(e) indécrottable ultralibéral(e), ou un(e) centriste qui ne sait pas à quel saint se vouer!

Enzo a dit…

Tout d'abord excusez-moi de ne pas m'être signé au préalable, petite erreur technique.

Ce que Lassalle essaie (entre autres) de dire, c'est que la nature n'a jamais été "toute puissante" en vallée d'Aspe, car il y a toujours eu les activités liées au pastoralisme. Ces activités n'ont pas remis en cause, fondamentalement, la beauté de la vallée, mais elles ont existé et voudraient continuer à exister.

Si j'ai fait allusion à Nicolas Hulot "le Parisien", c'est parce qu'il est en débat avec Lassalle. Pour ma part :

- je trouve excessif de présenter Lassalle et ses amis comme les fossoyeurs de l'ours et des combattants de la nature. A ma connaissance, les bergers ont cohabité pendant des siècles avec l'ours, cohabitation dont Lassalle rappelle qu'elle n'a jamais été simple, mais qui a toujours été possible jusqu'aux dernières décennies.

- je trouve désespérante cette indifférence généralement affichée au sort des bergers de la vallée d'Aspe, surtout de la part de ceux qui sont les premiers à se régaler avec les fromages "Ossau-Iraty".

- Lurbeltz reproche à Lassalle son regard exclusivement tourné vers les électeurs de sa circonscription. Mais p..., à quoi sert un élu s'il ne sert pas à ça ? Il en faudrait plus, des élus de sa trempe, avant de lire son bouquin je pensais d'ailleurs que cette race d'élus était révolue.

A lire certains d'entre vous, il semble que le maintien de l'usine Toyal soit une menace pour la nature en vallée d'Aspe, que la simple présence des bergers soit également une menace. Poussons votre raisonnement (un peu) plus loin, et affirmons haut et fort que la présence d'humains à l'année en vallée d'Aspe est en elle-même une menace...

Dès lors qu'il y a présence humaine il y a pollution et dégradation de l'environnement, aussi minime soit-elle. Cela étant dit, Jean Lassalle se bat pour maintenir une présence humaine dans les vallées béarnaises, et tente d'éviter à leurs habitants de devoir aller à Pau pour le travail, les ravitaillements, le médecin, bref pour la vie de tous les jours (entre autres car CA ça pollue) ; je ne crois pas que cela soit synonyme de catastrophe écologique.

La question précise du tunnel du Somport est d'un autre ordre, là effectivement il y a problème écologique. A la lecture de Jean Lassalle sur ce sujet, je ne crois pas que cette préoccupation écologique aie jamais été absente de ses pensées.

Maintenant, vous avez raison, je ne suis pas dans le secrets des Dieux de la vallée d'Aspe car je n'y habite pas. Ai-je loupé des épisodes, qui accréditeraient l'idée que Jean Lassalle se bat pour détruire la nature ?

Enzo

Lurbeltz a dit…

Je n'ai strictement aucune indifférence à l'égard des bergers. J'ai même pour eux un immense respect. Mais là, j'ai l'impression que je redonde car mon texte me semble explicite... Et moi et mes amis (ies) écolos, ce que nous disons, c'est : que vive les ours et les bergers. Alors que Lassalle et ses amis crient "mort à l'ours".
Concernant son rôle d'élu, je répète que pour moi, l'élu doit aussi être un éclaireur et doit aussi parfois prendre des mesures impopulaires. Notamment vis à vis de l'écologie... Et c'est là où je dis que , Lassalle, obsédé par son électorat, n'a aucun recul et il devient populiste.

Enzo a dit…

Je te cite :

"Alors que Lassalle et ses amis crient "mort à l'ours""

Peux-tu citer la source ?

Lurbeltz a dit…

Faut pas rêver ils ne le crient pas à droite ou à gauche.
Mais on sait ce que pensent certains, notamment ceux qui ont vandalisé la mairie d'Arbas.
"Mort à l'ours", c'était écrit sur la route lors du passage du tour de France cycliste, chez moi à Larrau. Les télespectateurs ont dû lire ça.
Sans doute les mêmes qui ont voté Lassalle aux dernières élections législatives.
Quand certains bergers disent qu'il n'y a plus de places pour l'ours dans les Pyrénées, ils disent : "mort à l'ours".
Oui à l'homme et à l'ours dans les pyrénées, c'est le cri des écolos de la 4 ème circonscription dont je fais partie.

Gilen a dit…

Depuis quand tu es de Larrau ???

Attention, tu vas te faire bânnir de là bas !!! :-D

Anonyme a dit…

heureusement qu'Etienne H Boyer est là pour lutter contre les ultra liberaux !
en effet, on aurait pu croire en regardant sur son site les videos pour le credit agricole ou les magasins tintin qu'il était reconverti dans le marketing et la pub , c'est à dire la propagande avouée du capital.

sophie

Anonyme a dit…

ah bon lurbeltz ? l'elu doit etre un eclaireur qui doit prendre des mesures impopulaires ? c'est gentil a lui d'eclairer de ses lumieres les masses abruties. et il doit prendre des mesures impopulaires, c'est à dire contraire à l'opinion de la majorité des citoyens ? le peuple vote mal, supprimons le peuple. tu fais exactement comme le gouvernement sur l'europe. je croyais que tu étais pour la democratie participative, la democratie radicale. tu es en fait partisan de la monarchie éclairée.
sophie

Lurbeltz a dit…

Oui Gilen, Larrau c'est un peu chez moi merde !!! Je suis souletin tout de même. Et toi, tu viens à Mitikile quand tu veux (Tu as vu que sous ma pression ;-) ils ont provoqué à MOncayolle une réunion d'info concernant le haut débit pour demain ?)
Sophie... La démocratie pour moi, ça ne veut pas dire oui tout le temps au peuple. Il s'agit d'avoir des convictions aussi. Et la démocratie participative, je suis pour mais ça ne se déclare pas, ça se travaille comme de la belle ouvrage.
Le referendum, c'est un mauvais exemple parce que perso, je crois à la démocratie participative mais localement et pas à un niveau européen. Le TCE, c'était ni plus ni moins une loterie.
Par contre, s'il te plait, ne me parle pas du "peuple", parce que je reste persuadé qu'il n'existe pas. Il y a des gens qui occupe un territoire et dans ce territoire il y a des communautés de pensées, des gens qui ne pensent pas, des gens qui vivent pour eux, ici ou ailleurs sans se connaitre.
Monarchie ? Surtout pas. je suis pour que les peupleux deviennent le peuple qu'ils se prennent en charge et instaure une démocratie directe... C'est pas demain la veille.

jenofa a dit…

Au passage, notons que Lasalle a assis son pouvoir sur l'IPHB, grassement subventionné par l'Etatpour sauver l'ours en Béarn et il s'en est servi pour l'éradiquer, lui et la nature dont il a besoin pour exister.
eT si l'on veut voir du bon boulot pour les bergers en Béarn, c'est du côté des pro ours qu'il faut se tourner, et du FIEP.
Larrau, raffraîchissez moi la mémoire---, c'est bien le village qui a vendu Holzarte à la SHEM pour même pas un emploi, qui publie des arrêtés interdisant aux non chasseurs de marcher en montagne pendant la palombe, et, etc?
Gilen moi, Hulot, je ne l'aime pas, même s'il me paye à boire

Etienne H. BOYER a dit…

Ma pauvre Sophie, tu es bien détestable! Je suppose que tu aimes ça, et que c'est un genre de jeu pour toi... Chacun son truc.

J'ai beau relire tous tes commentaires depuis le début, et je ne trouve absolument rien qui te sauve...

J'espère (pour toi) que tu n'as pas le physique de tes propos! Qu'il te reste au moins une chose "positive" à revendiquer dans ta triste vie trollesque...

Etienne H. BOYER a dit…

Enzo, je me demande si tu as bien lu le texte de Lurbeltz (et le livre de Jean Lassalle) correctement...

Pourtant, il y a un exemple qui m'a sauté aux yeux, à moi aussi :
La différence entre l'ours et l'épidémie foudroyante, c'est que l'ours, tu peux lui coller coup de fusil pour l'empêcher de bouffer tes brebis, tandis que le virus, bah il te reste qu'à prendre ton mal en patience...

"ça ne fait rien, j'en élèverai d'autres..."

Je vais pousser le raisonnement encore plus loin : "il vaut mieux se faire abattre le troupeau pour cause de maladie de la langue bleue, que de prendre le risque de se faire tuer un mouton en estives par un hypothétique ours en vadrouille..."

C'est cela, le message de "la parole donnée", entre autres absurdités!

Quand je pense que je connais des bergers capables d'avoir ce raisonnement, et dans le même temps, d'attirer les touristes par bus entiers sur leurs lieux d'estives, en leur faisant miroiter la renommée de cette montagne à ours... Vraiment navrant!

jenofa a dit…

Enzo serait-il un ariégeois tendance Louis Dollo?

Enzo a dit…

Je n'ai pas fait l'étude du comportement des ours en première langue, mais quelques éléments du débat sur l'ours ont attiré mon attention. Et pour commencer, je ne crois pas aux formules "pro-ours" et "anti-ours", qui sont beaucoup trop réductrices. C'est un peu comme si les UMP et les PS se traitaient mutuellement de communistes et de nazis. La langue française est suffisamment riche pour ajouter des nuances, essayons de les utiliser.

Je confirme (oui Etienne, je crois avoir lu correctement le livre de Jean Lassalle) que "Mort à l'ours" n'est pas dans le livre, et que cette formule est loin de résumer la pensée de ceux qui se sont opposés à la réintroduction des ours voici deux ans. De l'autre côté, la méthode de Nelly Olin, ministre de l'époque, était également loin de faire honneur à son camp.

1 - Je suppose qu'un ours qui charge sur un troupeau est un ours affamé. Cela arrive parfois pour un ours de souche, cela arrive beaucoup plus souvent pour un ours réintroduit qui ne connaît pas son territoire. De mémoire, les réintroductions de 1996 avaient été accompagnées de lâchages réguliers de viande là où se trouvaient les ours slovènes, afin qu'il ne soient pas obligés de s'en prendre aux troupeaux. Toujours de mémoire, je n'ai pas le souvenir que les réintroductions de 1996 aient soulevé la population comme ça a été le cas en 2006 (même s'il y avait eu des difficultés).

2 - Un berger rencontré en 2006 au-dessus de Melles, en Haute-Garonne, village connu pour avoir accueilli un ours slovène en 2006, m'expliquait que ses pertes de l'été étaient très importantes. Lurbeltz, si tu respectes les bergers, tu dois aussi essayer de te mettre à leur place, et reconnaître que cette réintroduction leur a posé un gros problème par rapport à leur production.

3 - Jean Lassalle explique dans son bouquin avoir tenté une médiation préalable à une réintroduction, dans le cadre de l'IPHB. Le problème, c'est qu'il a dû faire face à une ministre dont la feuille de route était la décision unilatérale et non concertée, qui a précipité la réintroduction, avec les résultats, pour ne parler que des ours, qui ne sont pas franchement concluants.

4 - J'en profite pour dire qu'à mes yeux le saccage de la mairie d'Arbas était indigne, et qu'une grande partie des "anti-ours" étaient outrés de telles méthodes.

5 - D'une manière générale, je trouve les bergers globalement bien plus respectueux de la montagne que ne le sont les touristes. Je ne compte plus les exemples de vandalisme (un des plus aboutis est la cabane de la Hillette, en Ariège, dont les volets ont servi à faire du feu, sur le sol et non dans la cheminée) dont se rendent coupables les randonneurs. Voila pourquoi je reste sceptique sur l'avenir de la montagne en tant que simple lieu touristique. Et voila pourquoi je soutiens tous ceux, Lassalle en tête, qui essaient de garder des activités à l'année dans leurs vallées.

Enzo

Enzo a dit…

Jenofa,

Par pitié, ne me compare pas à Louis Dollo, personnage puant de certitudes et donneur de leçons, que je caractériserais bien plus par son outrance (sa façon de dire bonjour, dirait l'autre) que par son opposition à la réintroduction des ours.

Je m'efforce d'apporter une pierre à un débat contradictoire mais serein. Sachez tous que je respecte vos idées, que mes opinions sur l'avenir des vallées pyrénéennes sont loin d'être arrêtées, et que je suis largement à votre écoute.

Si j'ai, par une quelconque tournure, suscité une comparaison avec Louis Dollo, je quitterai dans l'instant cette discussion, non parce que je serai vexé, mais parce que j'aurai lamentablement échoué à m'insérer dans une discussion.

Au secours, rassurez-moi !

Enzo

annie a dit…

Je partage ton point de vue sur Lassale, Lurbetz. Et je trouve ton texte très beau, c'est toi qui devrais écrire un livre.
Mais je vois que c'est déjà fait! et on peut le commander! C'est donc ce que je vais faire, d'autant plus que j'aime beaucoup la Soule (euh Xiberoa)ou j'ai des souvenirs.

Etienne H. BOYER a dit…

Enzo, tu remarqueras que je n'ai JAMAIS dit que Jean Lassalle avait écrit "mort à l'ours" dans son livre. Il fait juste dire à son père : "il faudrait tous les tuer". Il ne parle pas des américains, ou des souches de virus de la grippe : le contexte, c'est bien l'ours!

Autre chose : il me semble que l'Europe a bien fait les choses, dans le programme de renforcement de la population ursine. Il y a eu des cabanes refaites à neuf, des protections financées, etc...
En cas d'attaque d'ours avérée (prouvée par les services vétérinaires compétents), le berger est largement remboursé (à moins que ça ait changé).

Les brebis qui meurent en montagne ne sont pas toutes du fait de l'ours. Il y a l'orage, les chiens sauvages, l'entérotoxémie... Et en Béarn, la mouche carnivore...

Faut arrêter avec cette phobie de l'ours!
Il y a des cas, certes, je ne le nie pas, mais combien sur la globalité des brebis tuées par d'autres causes en été?
Il y a des chiffres, des estimations... Si ma mémoire est bonne, c'est moins de 1%!

Mais bon... On te mettrait le nez dedans que tu continuerait de nier effrontément!
Je ne vais pas te jeter la pierre : je suis pareil!
;-)

Lurbeltz a dit…

Il n'y a pas que le problème de l'ours (ou la question de l'ours) Enzo, mais aussi Natura 2000. Et la haine que voue Lassalle à Natura 2000 a son importance. On peut toujours dire que là aussi, la population n'a pas été consulté... Il eut fallu qu'elle veuille être consulté et informé. En Soule et en Béarn, je suis témoin du rejet de Natura 2000 sans que personne ne cherche vraiment à comprendre et avec beaucoup d'à priori. Les montagnards béarnais et basques sont particulièrement indépendants, à la limité de la xénophobie parfois (ça s'explique mais pas le temps ici). On aime pas trop les étrangers et les donneurs de leçons quand les leçons ne viennent pas du terroir. Ça nous emmerde de recevoir des leçons, par exemple de naturalistes du muséum d'histoire naturelle. La dessous il y a la honte d'avoir perdu le lien avec la nature et de ne plus la connaitre et de ne plus l'aimer vraiment (si si, quoi qu'il dise Lassalle, il est comme tout le monde, il rompt avec la nature, il fait partie des derniers à rompre mais il rompt). Alors, voir arriver des gars qui en connaissent plus sur leur coin, et qui portent un regard nouveau, différent, ça les énerve aux autochtones.

Sur Natura 2000, sur l'affaire du Somport et sur l'ours, jean Lassalle nous fait perdre du temps, beaucoup de temps.

Lurbeltz a dit…

Je viens de recevoir le mag "L'écologiste" auquel je suis abonné. Un dossier spécial sur les peuples premiers. En écho à cet article, je voudrais citer un passage :
- "Il existe, pour simplifier, deux grandes manières de concevoir notre rapport à la nature : soit sur le monde de 'l'arrachement", soit sur le mode de "l'attachement". Très violent, est expressément revendiqué par les philosophes modernes à la suite de Kant - citons Luc Ferry par exemple, dont le célèbre pamphlet "Le nouvel ordre écologique" utilise très fréquemment ce terme."
Oui Lassalle croit être dans la terre parce qu'il est l'enfant dune famille de berger, parce qu'il a vécu dans la nature. Pourtant il se fait très bien le porte parole de cet "arrachement" et ce refus de supporter les exigences de la nature. Quoi de plus moderne que cette attitude et quoi de plus balal.

jenofa a dit…

Merci Enzo, ta réponse fait plaisir à lire. C'est moi qui suis rassurée.
En tous cas, je peux te dire que si je n'ai jamais entendu Lassalle crier "mort à l'ours", j'ai eu malheureusement l'occasion plus d'une fois de lire cette phrase sur les routes du Béarn et du Pays Basque.
Pire ! "Mort Ours Cazetien mort". Tu peux aller voir là :
http://jenolekolo.over-blog.com/art

jenofa a dit…

Alain Rousset, Président de la Région Aquitaine, n'est pas communément considéré comme un écologiste forcené---- Moi qui suis une écologiste forcenée (rires), j'apprécie beaucoup sa lettre.
Lurbeltz, continue comme ça et tu nous feras un Président de la Région Aquitaine tout à fait satisfaisant.

Communiqué de presse 19 11 08

Alain Rousset répond à Jean Lassalle


Alain Rousset, président du Conseil régional d'Aquitaine, a adressé à Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques, une lettre dans laquelle il répond point par point aux sujets évoqués par ce dernier dans un courrier en date du 18 octobre.

La lettre dans son intégralité :

"Monsieur le Député-Maire,

J'ai hésité à répondre à votre courrier en date du 18 octobre tant vous êtes coutumier de ce genre de lettre ouverte où la polémique le dispute à la désinformation. Et vous venez récemment d'ajouter l'insulte.

Mais devant la réaction de nombreuses personnes (élus de toutes sensibilités, responsables professionnels, associatifs...) indignées par la façon dont vous traitez, à travers moi, l'institution régionale, j'ai tenu à répondre à vos assertions.

Dans l'exercice de mes responsabilités régionales (comme dans l'ensemble de mes responsabilités publiques), j'ai toujours privilégié l'action à la gesticulation, la construction à la plainte. De même, j'ai toujours tenu à assumer pleinement les charges que l'on m'avait confiées, sans jamais baisser les bras et sans rechercher à me défausser sur quiconque.

En pointant, un par un, les dossiers problématiques du Haut-Béarn et en désignant la Région comme la cause de tous vos maux, vous établissez, d'une certaine façon, le constat de votre impuissance et de votre absence d'anticipation.

Vous appartenez, depuis des années, à la majorité du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, vous avez assumé régulièrement des responsabilités exécutives. Vous épauliez la majorité gouvernementale en tant que député, entre 2002 et 2007...

Pour l'ensemble des questions évoquées dans votre courrier, vous avez manifestement eu recours à la caricature, à l'approximation et aux contres-vérités et vous cherchez à chaque fois des boucs émissaires à votre impuissance. Pour ma part, je livrerai des éléments de réponse basés sur la rigueur et l'exactitude des faits.

Construction puis arrêt du Pau Canfranc - Construction du tunnel du Somport puis arrêt des travaux sur la RN134 - Liaison autoroutière Pau Oloron entièrement financée et prête au démarrage des travaux en 94, complètement abandonnée en 2008... :

Ces assertions sont une belle preuve de désinformation sur ces dossiers.

La réouverture de Pau-Canfranc dépend de Réseau Ferré de France (RFF) et l'Etat, son tuteur, s'est constamment opposé à cette réouverture, malgré l'inscription à notre initiative de 52M€ dans le Contrat de Plan Etat-Région 2000-2006. Qu'avez vous fait de votre coté au titre du Conseil général et vis à vis de l'Etat dont c'était la responsabilité ?

Je précise que la Région n'a pas de compétence dans le domaine des infrastructures ferroviaires. Néanmoins, elle finance la régénération de la ligne entre Pau et Oloron, menacée de fermeture pour un montant de 13,1 M€ sur un total de 35 M€. Ensuite, elle a réussi à convaincre RFF en 2008, d'assurer la maîtrise d'ouvrage des travaux de réouverture entre Oloron et Bedous, d'un montant de 30 M€, dont elle assumera seule le financement. RFF s'est engagé à démarrer les travaux depuis Pau jusqu'à Bedous à compter de début 2010. De plus, le groupe de travail quadri-partite sur la réouverture de la ligne ferroviaire Pau-Canfranc (composé du secrétaire d'Etat aux Transports espagnol, des présidents d'Aragon et d'Aquitaine et du représentant de l'Etat français) s'est déjà réuni deux fois et doit le faire prochainement à Madrid. Le dossier avance malgré les réticences de l'Etat français et grâce à l'Aquitaine qui le défend, parfois seule avec ses alliés espagnols.

Enfin, je vous invite à vous renseigner : il n'y a aucun problème quant à la compatibilité de la ligne actuelle avec le site de Messier à Bidos. Mieux, la SNCF vient de me confirmer que l'on pourra faire circuler un TGV sur la ligne Pau-Canfranc à vitesse réduite !

Les travaux du tunnel du Somport ont été engagés bien avant 1998, au sein du Contrat de Plan 1994-1998, par l'ancien exécutif. Je n'ai fait que solder des engagements antérieurs et je me suis abstenu d'assister à l'inauguration du tunnel pour protester contre la non réalisation simultanée des aménagements de la RN 134.

La RN134, je le rappelle, demeure de la seule compétence de l'Etat même après le transfert des routes aux conseils généraux. Ce sont plus de 54M€ qui ont été inscrits au contrat de plan Etat Région 2000-2006 pour l'amélioration de cet itinéraire. Aujourd'hui, malgré les avances financières de la Région consenties à l'Etat (jusqu'à +17M€ !), ce chantier n'était engagé, fin 2007 qu'à hauteur de 87,2% et payé qu'à 56%. Vous devriez mobiliser votre énergie pour que l'Etat accélère les délégations de crédits, sinon l'exécution de ce CPER 2000-2006 risque de se terminer en 2011 ou 2012. La Région tiendra ses engagements : nous inscrirons au Budget Primitif 2009 3,257 M€, avec notamment le paiement de la déviation de Bedous.

Et comme vous semblez l'oublier ou l'ignorer, les nouveaux Contrats de Projets 2007-2013 ne comprennent plus d'infrastructures routières, depuis le décroisement des compétences, issu du transfert de la majorité du réseau routier aux départements.

Quant à la liaison autoroutière Pau-Oloron, vous allez vite en besogne en déclarant qu'elle était entièrement financée et prête au démarrage des travaux en 1994, puis complètement abandonnée en 2008 (par le Gouvernement actuel). En 1994, ce n'était que le fuseau de 1000 m qui était approuvé et il n'y avait à ce stade aucun plan de financement. Puis, la décision de principe sur la bande de 300 m a été remise en cause par décision ministérielle du 13 janvier 1998 après des études complémentaires. En avril 2002, cette liaison autoroutière a été inscrite aux Schémas de Services Collectifs Transports, approuvé par la Région Aquitaine, puis il y a eu concertation publique en 2004 et les études d'avant projet sommaire ont été terminées fin 2007. J'ai donc défendu cette desserte et je la défendrai encore.

Mais là encore, vous devriez concentrer vos efforts en direction de l'Etat, seul maître d'ouvrage. Dans un communiqué en date du 4 juin 2008, M. Borloo a annoncé l'abandon unilatéral du projet pour le limiter « à une stricte sécurisation la RN134, plus au Sud dans la vallée d'Aspe et vers le tunnel du Somport », eu égard aux orientations issues du Grenelle de l'environnement...

Nous voudrions « discréditer et détruire » l'Institution Patrimoniale du Haut-Béarn (IPHB)

Vos accusations tombent mal. En 2008, notre collectivité va contribuer pour la somme de 106 000 € au colmatage des brèches financières de cet établissement public. Certes, nous avons réfléchi longuement avant de prendre cette décision car l'Etat lui-même avait suspendu tout financement pendant l'année 2007 car l'IPHB s'était éloigné de ses objectifs essentiels. Il a rétabli son concours en 2008 mais simplement à titre exploratoire, en se gardant bien de s'engager de façon pluri-annuelle. L'expérience récente invite, il est vrai, à la plus grande prudence.

La mort de Cannelle, dernière ourse de souche locale, a symbolisé manifestement un échec en matière de protection de la biodiversité. L'IPHB repose dés lors essentiellement sur le développement des activités pastorales et forestières que la Région finance sans discontinuer.

Nous constatons, malgré cela, une envolée des dépenses de fonctionnement ces dernières années : la masse salariale est passée de 220 000 € à 300 000 € entre 2000 et 2007 (+36,4%) et sa part dans les charges de fonctionnement de 42% à 56% (Source : Syndicat Mixte du Haut Béarn).

Nous continuerons à accompagner les bergers, les sylviculteurs, les communes dans leur volonté de développer l'économie pastorale et forestière mais nous sommes tous soumis à une utilisation rigoureuse de l'argent public.

L'IPHB participe au développement du pastoralisme mais le pastoralisme ne se résume pas à l'IPHB. Ce serait ignorer l'action des bergers, des communes, des forestiers, de l'ensemble des acteurs de l'économie de montagne. La Région, par exemple, investit pour la construction et la réhabilitation des cabanes, finance la réalisation de pistes et divers aménagements pastoraux, participe aux opérations de sortie du bois par câble...

Nous aurions refusé d'adosser au Contrat de Projets une convention avec l'IPHB quand dans le même temps nous l'aurions fait à l'égard du Pays Basque...

Il n'est pas raisonnable de placer sur un même plan votre établissement dont les missions spécialisées sont exercées sur 21 communes avec un territoire de projet comme le Pays Basque dont la vocation est de construire un programme de développement local à l'échelle de 158 communes et 290 000 habitants -dossier porté au demeurant par votre collègue Jean-Jacques Lasserre. Ensuite, si le CPER n'a pas intégré une convention avec l'IPHB, c'est que l'Etat n'a pas voulu de Volet Territorial. Pas plus qu'il n'a souhaité contractualiser avec les pays et les agglomérations d'Aquitaine, à l'exception du Pays Basque. Etes-vous intervenu à l'Assemblée Nationale pour dénoncer cela ?

Nous nous « acharnerions à établir le fait que l'IPHB aurait extorqué la Gaule Aspoise »

Je n'ai pas à m'immiscer dans les relations difficiles que vous entretenez avec la Gaule Aspoise. Mais quand son Président nous tient informé, en tant que partenaire financier de la politique de l'eau, de ses difficultés, qu'y a-t-il à redire ? Nous nous bornons à constater, en l'espèce, que plusieurs maires de la Vallée ont émis le souhait de recourir à une autre procédure pour exécuter la maîtrise d'ouvrage des travaux d'aménagement des berges du Gave.

A propos de la maternité d'Oloron

Comment peut-on polémiquer sur un dossier que vous n'avez aucunement anticipé et qui ne relève en aucun cas de la compétence régionale ? Cela ne nous empêche pas de prendre nos responsabilités au titre de l'aménagement du territoire afin de conserver au Haut Béarn toute son attractivité. Je préfère pour ma part agir auprès de l'Agence Régionale d'Hospitalisation, pour chercher des réponses sûres et proposer des pistes d'intervention de la Région quant à l'affectation de médecins spécialistes à Oloron, qui est au coeur du problème.

Au-delà de la pérennité d'une maternité, qui est un enjeu primordial, il faut aussi réfléchir à des solutions qui consolident le niveau de l'offre de soins dans la durée au profit des habitants de ce bassin de vie.

A propos du Parc National des Pyrénées

Le Conseil régional soutient la zone périphérique du Parc National des Pyrénées, future zone optimale d'adhésion - et non d'extension obligatoire comme vous le laissez entendre - depuis des années, et particulièrement depuis qu'il a obtenu dans le cadre du Contrat de Plan et désormais dans la Convention interrégionale de Massif, des engagements de l'Etat. De nombreuses communes bénéficient de ce programme spécifique chaque année.

Le nouveau décret concernant le Parc National, dans lequel est prévu un renforcement du poids des élus locaux avec une présidence obligatoirement assumée par l'un d'entre eux, maintient ce soutien à partir d'une Charte qui sera démocratiquement débattue avant son adoption.

Le Conseil régional voit dans cette procédure une évolution positive et il participera activement à son élaboration.

A propos de ma présence à l'Assemblée Nationale lors des débats sur le Grenelle de l'environnement

Permettez-moi de préciser que l'Association des Régions de France avait décidé de confier la défense de ses amendements à un seul orateur, en l'occurrence Jean-Jacques Queyranne, député et Président du Conseil régional de Rhône-Alpes, dans un souci d'efficacité et de clarté.

Mais, je m'étonne de ne pas voir mentionné, dans votre courrier, le soutien de la Région à de nombreux dossiers de la Vallée : la construction des cabanes, les aménagements pastoraux, l'héliportage, la sortie du bois par câble, le soutien aux éleveurs transhumants pour la reconnaissance et la valorisation du fromage fermier d'estive, le festival « Eldorando », la réhabilitation du refuge de Labérouat, l'organisation du concert de Nadau à Lescun, la construction et la modernisation des gîtes, la réhabilitation du fort du Pourtalet, le centre multiservices de Bedous, l'emploi et les entreprises, les infrastructures....

Vous pourriez aussi souligner les investissements réalisés dans nos lycées : 11,2 M€ depuis 1998 au Lycée du « IV septembre 1870 », 9,7 M€ depuis 1998 au Lycée Jules Supervielle, 1,1 M€ depuis 1998 au Lycée Guynemer, sans compter notre récente décision d'intervenir sur la ferme du Lycée agricole de Soueix.

Sur une question aussi cruciale que le développement économique et l'emploi, la Région consacre une part toujours plus significative de son budget en faveur du maintien, du développement et de l'émergence d'activités industrielles. En 2008, ce sont 140 M€ qui sont injectés dans l'économie régionale, ce qui nous place en pourcentage du budget au premier rang des régions françaises. Cette politique concerne tous les territoires d'Aquitaine, à commencer par le Haut-Béarn, avec par exemple :

MESSIER DOWTY à Bidos : le Conseil Régional apporte un financement de plus 1,9 M€ à la société pour lui permettre de conduire son projet « Bidos 2008-2010 ». Au-delà de la réindustrialisation de ce site, Messier Dowty investit massivement pour la recherche et l'innovation avec une stratégie de co-développement avec les PME locales. Cet ancrage territorial d'un leader mondial de l'aéronautique illustre parfaitement la stratégie que la Région mène depuis de nombreuses années.

Les PME de tous secteurs, de par leur réactivité, font preuve d'initiative pour des projets de développement qui nécessitent conseil, ingénierie et financement. La Région a mis en oeuvre des outils qui les aident à aller de l'avant. Des entreprises comme PHILIPPE MORISSE ou BEATEX, à Oloron-Sainte-Marie, ont des parcours exemplaires et la Région est à leur côté. Le secteur automobile, fortement présent sur votre territoire, bénéficie également d'un soutien significatif de la part de la Région, à l'image de l'entreprise FEDERAL MOGUL pour laquelle une aide à l'investissement immobilier de près de 100 000 € a été accordée pour son extension, assortie de la création d'une vingtaine d'emplois.

TOYAL à Bedous : la Région accompagne chaque entrepreneur dans ses projets, même lorsque ceux-ci sont parfois forcés dans leurs orientations stratégiques. Vous avez exigé une décision politique nationale pour le site de la société TOYAL à Accous à laquelle l'entreprise a répondu, moyennant des efforts industriels et financiers auxquels prend part la Région. Une aide de plus de 350 000 € a été attribuée à la Communauté de Communes de la Vallée d'Aspe pour la réalisation de la plate-forme. Mais l'entremise de votre action retarde les investissements immatériels sur le sol français du groupe TOYAL en faveur de nouvelles activités européennes innovantes, ce qui peut affaiblir à terme le maintien de cette entreprise en région, alors que l'offre régionale en matière de recherche et développement est en parfaite adéquation avec leurs besoins. Pour votre information, la Région finance, notamment, des bourses de recherche sur les nouveaux produits de TOYAL.

Par ailleurs, je n'oublie pas qu'il a fallu, il y a quelques années, que j'intervienne personnellement auprès du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques pour qu'il sécurise la route au droit de l'Usine TOYALl.

Je vous invite, à l'avenir, à privilégier des modalités d'action plus constructives et à appuyer vos affirmations sur un minimum de vérifications et d'appréciations objectives.

Le Haut-Béarn est un territoire attachant et porteur d'espoir. Il a besoin d'innovation, de modernisation et de créativité plus que de polémiques stériles et la Région Aquitaine sera toujours présente pour avancer dans ce sens.

Je vous prie de croire, Monsieur le Député-Maire, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs."

Etienne H. BOYER a dit…

Enzo, je n'ai jamais rencontré Louis Dollo en vrai, et je ne m'en porte pas plus mal.

Mais j'ai eu l'occasion de lire ses commentaires sur le forum Ossau.net au sujet de mon livre... J'ai été choqué par ses propos. Choqué qu'un type, qui ne me connaisse pas et que je ne connais pas (et qui n'a évidemment pas lu mon bouquin) puisse se permettre ce genre de réflexion à mon sujet.

Il ne m'a pas fallu très longtemps pour comprendre à qui j'avais affaire. Je n'ai d'ailleurs pas pris la peine de me défendre... Inutile, avec quelqu'un qui manie aussi bien la mauvaise foi, les contre-vérités et les raccourcis merdiques!

Je comprends donc parfaitement qui tu n'apprécies pas la comparaison... Ton discours, si je n'y adhère pas, reste très respectueux de l'opinion des autres.
Tu n'est donc pas Louis Dollo!
Allez, reviens!
;-)