jeudi 1 novembre 2007

Ikastola

En janvier, notre fils ira à l’école. Plus précisément à l’Ikastola.
Pourquoi va-t-on mettre notre fils à l’ikastola ? Premièrement parce qu’il nous semble essentiel que notre fils apprenne la langue et la culture du pays où il vit, le Pays-Basque.
Pourtant, ni moi, ni Gilda ni personne dans la famille nous ne parlons l’Euskara. Et alors ?
C’est comme une famille qui arrive dans un pays étranger et ils mettent leur fils à l’école du pays. Il n’y a rien de plus naturel. Moi c’est pareil. Un jour, j’avais environ 20 ans, j’ai découvert le Pays-Basque alors que j’y étais né et que j’y vivais depuis 20 ans. C’est un truc absolument incongru. A l’école, on parlait de François 1er, Henri IV, Moncul II, et je ne sais qui et le Pays-Basque n’existait pas. La langue basque était une antiquité qu’on avait foutu dans une cave. Quoi qu’il en soit, je suis tombé des nues, c’est-à-dire, au fond de la cave dans laquelle je suis tombé sur le joyaux euskara. J’ai débarqué, je suis arrivé en Terra Incognita. Dans ma tête j’étais bien. Psychologiquement, ça ne m’a jamais gêné d’être monolingue francophone. Mais culturellement, politiquement, plus rien n’était pareil. Je ne vivais plus en France. La France ne voulait pas dire grand-chose déjà avant, mais alors du coup ça ne voulait plus rien dire. Surtout « être français ». Mais chez moi « être basque » ne voulait pas dire grand chose non plus. Comme j’ai dit en préambule de ce blog, la seule chose dont je sois sûr, c’est d’être xiberotar, humain et vivant. Et oui, rien n’est simple en ce bas monde.
Mais soyons clair, nous ne mettrons pas notre fils à l’Ikastola pour régler nos problèmes personnels avec l’impérialisme français qui traîne ses vieilles guêtres dans les recoins du monde jusque dans les îles du pacifiques, ni avec l’impérialisme Etasunien. Nous ne mettrons pas notre fils à l’Ikastola pour rattraper un quelconque retard culturel individuel ni familial, ni pour que notre fils participe à la construction d’Euskal-Herri. Nous mettrons notre fils à l’ikastola parce qu’il nous semble essentiel que notre fils apprenne la langue et la culture du pays où il vit, le Pays-Basque, parce qu’on aime l’euskara cette vieille et belle langue, parce qu’on aime la culture basque, parce qu’on aime l’aitzina pika, parce qu’on aime tout ce qui fait l’authenticité et la vérité de ce pays, point, c’est pas plus con que ça.
Franchement, on aurait dû mettre Jolan à l’école de Moncayolle. C’était le plus logique. Quand je suis allé occuper l’école de Moncayolle, menacée par une suppression de poste, j’ai dit à Mr le Maire : « Je suis solidaire avec vous, mais il me faudra faire un choix. Et pour l’instant ce qui se profile c’est que nous allons mettre notre fils à l’ikastola parce qu’on doit peser ce qui est le mieux pour notre fils ». Le jour où l’Etat français comprendra enfin qu’il faut mettre l’euskara partout au Pays-Basque, dans toute la société et qu’enfin l’euskara soit la langue officielle à côté du français, là, on verra. C’est pas compliqué bordel ! Et là, si nous ne sommes pas trop vieux, si nous avons encore des enfants en âge d’aller à l’école, nous réviserons notre position. Et nous inscrirons notre enfant dans l’école du village où naturellement il apprendra la langue du Pays où il vit. C’est-pas-plus-con-que-ça, nom d'un chien !
Bref rappel, si je n’arrive pas à me considérer « Basque » dans ma chair ni dans mon âme, j’ai un principe très simple : En France, on ne parle pas l’espagnol, en Espagne on ne parle pas le français comme langue officielle… C’est pas plus con que ça. La langue Basque, c’est comme l’ours des pyrénées, le Desman, la chapelle de l’hôpital St Blaise et celle de St Engrâce, ça fait partie du patrimoine, ça fait partie de notre vie et d’une réalité qu’il faut densifier.
Juste pour finir, je ne préjuge pas du parcours scolaire de notre fils. Notre volonté est qu’il aille à l’Ikastola ; peut-être le destin, qui a parfois son mot à dire avec son lot d’incertitude, aura quelque chose à rajouter. Entre la volonté et le destin, les vies se glissent et ouvrent les chemins qu’elle peuvent.

9 commentaires:

jenofa a dit…

C'est tellement évident que j'en reste coite!

Lurbeltz a dit…

Ouaih ! Evident pour toi, mais pas pour tout le monde . Il y a tellement d'apriori partout.

pelotari a dit…

bravo rien d autres a dire.............
c est mon pote les gars, c est mon pote

jenofa a dit…

euh---- pourquoi, les gars?
Et nous, on ne nous adresse pas la parole? Hein?

Lurbeltz a dit…

Pelotari, Fait gaffe y a une femme qui traine dans le coin ; kasu les gencives, c'est une féministe.
Au fait, dans le papier je dis que la langue Basque c'est comme le Desman, et la chappelle de St Engrâce et celle de l'hôpital St Blaise, en disant qu'il faut densifier tout cela... Je parle bien du patrimoine culturel et naturel qu'il faut préserver. Quand à la religion elle même, je ne compte rien faire personnellement pour la densifier... Faut pas rêver non plus !

jenofa a dit…

Féministe, féministe--- faut pas exagérer non plus.
Tendance Piffe la Chienne, alors!

Etienne H. a dit…

Nous on a choisi l'Ikasbi. C'est sans doute moins efficace que l'immersion, mais au moins, nos gosses comprendront un peu la langue, et s'ils persistent, sauront même la parler (pour les trucs du quotidien). Parce qu'il faut pas se leurrer, ici, si on parle pas basque, on est vite largué, et ce même si tout le monde parle bien la France...

jenofa a dit…

Ouaih---- ikas bi, c'est comme le MODEM et autre centre mou (centre de quoi, au fait?) : au mi-l-ieu.
Qui peut me traduire en Basque "Mon petit François, tu le veux comment ton chocolat, froid ou chaud? Tiède, maman".
Te fache pas, Etienne----
Ikastola da Herri eskola.
Gora Ikastola eta gora oporrak!

tavan a dit…

Koukou d'un okcitan de passage, impliké dans Kalandreta.
Le texte est excellent et il me semble tout à fait représentatif de l'état d'esprit de plein de parents qui choisissent calandreta.
invitation gratuite à visiter mon blog, terriblement sérieux, je m'en rend compte devantla profonde légèreté des propos tenus sur le vôtre.
http://taban.canalblog.com/