lundi 28 février 2011

Hartza et monseigneur homo sapiens sapiens

Ça fait drôle, n'est-ce pas, tout à coup, de voir ce blog transformé en zone à l'ours ? Je suis certain que ça a un côté monomaniaque pour certains n'est-ce pas ? Tant de luttes à mener, tant d'enfants qui crèvent de faim, me dira-t-on ! Et moi, je me préoccupe de l'ours ! J'en vois quelques-uns que ça agace ! Il y a pire pourtant ! Regardez donc le monde des blogs ? Il n'y en a pas beaucoup qui se préoccupent spécifiquement des enfants qui crèvent de faim si je ne m'abuse ! Enfin bon !

A cet instant je pense à un truc. Depuis des milliers d'années, un animal appelé ours brun vaque (vaquait) en toute liberté dans nos campagnes. Sa liberté même est pour nous un affront. La liberté de l'ours est une liberté vraiment révolutionnaire et contestataire. Par sa seule présence il est un symbole de la nature libre et sauvage qui défie l'homme de manière pacifique. Un symbole, un peu comme certaines tribus d'Amazonie qui vivent encore - jusqu'à quand ? - à l'extérieur du monde moderne, ce monde unidimensionnel, uniculturel que l'on a construit spécialement pour notre égocentrisme surdimensionné d'humain avec un " h " minuscule. En défendant Hartza, je me sens réellement contestataire, révolutionnaire et résistant. Hartza est un combattant anti-capitaliste, j'en suis certain. Il milite au quotidien, silencieusement, par sa seule présence contre la consommation à outrance, l'homogénéisation, le productivisme, la pensée unique.

L'ours est un symbole de toute cette nature sauvage, humaine, animale, végétale qui recule tous les jours un peu plus pour faire place à l'humain avec un petit " h " minuscule. Cette nature sauvage que l'on s'est évertué à faire disparaître mais qui aujourd'hui résiste par sa beauté, son altérité et dont on jaloux peut-être en secret et dans les tréfonds de notre inconscient par l'esprit de liberté qui l'anime. Nous qui avons été colonisés, socialisés et apprivoisés comme des animaux de compagnie jusqu’au fond de nos cellules pour être des soldats bien obéissants, on s’agace de voir un être divaguer en paix et en toute liberté.

En me mettant du côté du batracien, de l'arbre, du gypaète, de l'ours, je me sens vraiment contestataire, révolutionnaire et résistant.

Devant nos ordinateurs dernier cris, devant nos splendeurs échevelées de modernisme, devant nos routes superbes d'asphalte et de bagnoles, devant nos musées, nos fusées, nos zoos, nos certitudes, devant nos fleurs entourées de jolis petits cailloux badigeonnés au round’up Monsanto, nos pavillons sans papillons, on aurait l'air malins, on aurait l'air mignons. Devant nos moutons dociles, nos porcs prêts à tomber dans nos assiettes, nos vaches bien obéissantes tant qu'elles vont tranquillement à l'abattoir, on serait mignons, on serait malins, si l'ours, disparaissait dans nos Pyrénées!

Cette logique-là - incapable de voir les limites du supportable, incapable de pleurer, incapable de nous repentir de ces décennies de destructions qui ont vu la nature libre et sauvage reculer - est en train de se retourner contre nous. Et c'est peut-être, hic et nunc, le moment de réagir et de se dire que rien n'est perdu et qu'il y a encore une place dans nos coeurs pour la liberté, toute la liberté sans exclusive.

Je voudrais dire un mot à mes ami(e)s abertzale en particulier. Ne vous leurrez pas. Les basques, les bretons, les corses comme tant d'autres peuples dans le monde, tant d'autres cultures comme tant d'autres natures, tant d'autres minorités ont fait les frais de cette même mécanique néfaste et sordide qui broie tout et qui n'a qu'un seul objectif : réduire la diversité à l'unicité, faire de la planète un monde à la mesure de l'homme, c'est-à-dire à la démesure de son orgueil gigantesque qui le laisse penser qu'il serait le propriétaire exclusif de la terre et pourquoi pas de l'univers. Ils n'ont pas été gênés ceux qui ont planté un drapeau américain sur la lune ! La lune et la terre n'appartiennent pas aux hommes surtout pas aux américains ! Et Euskal Herri appartient aux basques, aux ours et aux humains de demain, à nos enfants qui dans 2000 ans j'espère, occuperont pleinement et joliment cette terre et parleront ici en euskara au milieu des renards, des ours, des loups, des lynx. Cher(e)s ami(e)s basques, pour moi, la lutte des ours, des petits paysans, la lutte pour l'euskara, celle des corses et des occitans, la lutte du républicain espagnol qui a fuit l'Espagne en 39, le cri de la mère que l'on sépare de son enfant, celui de l'ouvrier qui lutte pour faire respecter ses droits, le paysan qui lutte pour vivre de sa terre ; tout cela, c'est la même lutte pour la vie, la liberté, la dignité. La lutte pour la vie, la liberté et la dignité n'est pas l'apanage de monseigneur homo sapiens sapiens et même un arbre a dans sa sève autant d'amour de la vie, de la liberté et de la dignité que monseigneur Sébastien Uthurriague, ou monseigneur Jean Lassalle.

Chers ami(e)s abertzale, je serais déçu si vous réduisiez votre combat de cette manière et que vous n’alliez pas au bout du combat qui est le votre, qui est le mien.

Ce blog est consacré à l'ours pour une durée indéterminée car la liberté est une et l'ours comme le gypaète, l'Adonis d'été ou le renard sont mes frères et mes soeurs et que face à la haine de cette nature libre et sauvage qui trouve son lit chez certains éleveurs de Larrau et de Saint Engrâce, chez un certain Jean Lassalle, fossoyeur de la vallée d'Aspe, chez un certain Lacube d'où incube la haine et l'horreur de la liberté, face à M. Sébastien Uthurriague maire de Larrau et les membres de l'ADEB, Madame maddé Maylin triste passionaria anti-ours, je veux montrer ma différence. Car là, à ce moment précis, je me sens plus proche d'un chêne, d'une grenouille, d’une branche d’arbre, d’une épine de rosier et de mon frère Hartza que de ces hommes qui se prennent pour le centre de l'univers et des dieux incarnés.

Je suis Hartza aujourd'hui et demain.

Il est temps d'aller au bout de notre révolution copernicienne. L'homme qui a cru être au centre de l'univers se croit encore au centre de la terre. Allez un petit effort monseigneur homo sapiens sapiens, il est encore de temps de descendre du trône en toc sur lequel tu prends tes aises depuis bien trop longtemps.

Hartza laisse moi t'écrire avec un H majuscule. Quant à toi, cher frère (soeur) humain(e), je te laisse avec ce que tu mérites, un petit « h » à peine perceptible. Humain, quelle belle idée, quel bel objectif ! Qu'il sera beau le jour de l'Humain, lorsque nous aurons digéré l'esclavage, les bombes, les génocides, les ethnocides, les écocides, les répressions, les tortures, les évangélisations, les viols, les guerres, les invasions… Qu'il sera beau l'âge du grand H… quand nos étrons auront été digérés par toutes les petites bêtes du monde.

Maintenant, je vais vous dire, je n'écrirai plus rien à ce sujet car j'ai l'impression de me répéter et de dire toujours les mêmes choses depuis pas mal de temps.

mardi 22 février 2011

HARTZA EST UNE PERSONNE

Stephan Carbonnaux m'a autorisé à publier ici ce texte récent qu'il avait proposé pour le recueil "Paroles d'écolos"

"A stéphan, pour avoir des ours sauvages à la place de La civilisation anti-
nature » Dédicace de François Terrasson, 1998

Je me souviens d’une discussion avec trois naturalistes pyrénéens, voilà près de douze ans, au sujet d’un texte rageur que j’avais écrit en réaction aux premiers lâchers d’ours. J’y défendais l’ours libre et sauvage, sans équipement électronique, dont le retour n’était pas un prétexte à publicités et à des projets stupides tel que celui d’un grand zoo qui devait présenter au public toutes les espèces d’ours du monde, à la station de ski du Mourtis et non loin de la tanière de feue l’ourse Mellba. A la fin de notre discussion, l’un des naturalistes conclut que je posais entre autres la question de savoir si on devait s’attacher à l’espèce, en l’occurrence l’ours brun, ou aux individus, lui penchant plutôt pour le sort de l’espèce. Nous avons dû nous quitter sur ce constat et n’en avons, je crois, plus jamais reparlé.
Le sort des individus m’a toujours interpellé, si bien que la défense des personnes confrontées à des difficultés et des injustices m’a toujours parue normale, tant dans ma vie privée que lorsque j’étais collaborateur d’un avocat. Le sort d’un individu nous met face à la réalité nue, il est aussi bien souvent une illustration d’un problème général ou d’une dérive qui affecte la société. Le combat d’Eric Pétetin, que j’ai défendu jusqu’au bout, révélait la brutalité d’une société anti-nature aveuglée par le mythe du Progrès. L’éviction de Madame X de la fonction publique, suivie de graves troubles psychologiques, montrait quelle violence masquée peut régner au sein du monde du travail. L’exclusion de Monsieur X d’un parti politique, et sa réintégration au terme des recours engagés, prouvaient, s’il le fallait encore, la fourberie du système politicien.
Au fil des années, me débarrassant petit-à-petit et avec efforts, d’idées reçues – elles sont tenaces et nombreuses ! -, j’en suis venu à considérer le monde des animaux, non pas comme une collection d’espèces, mais comme une société faite d’individus, de personnes, à l’image de la nôtre. Je me souviens de Lewis, un choucas recueilli tombé de son nid par un ami du village. Quel personnage ! Il parlait un peu, du reste comme pas mal de corvidés, il fondait du ciel sur mes frères et moi et nous piquait le crâne, s’amusant manifestement à nous effrayer, et puis, alors qu’il rentrait tous les soirs depuis des années dans sa cage, il disparut subitement. Je l’avais retrouvé quelques jours plus tard au sein d’une colonie établie dans les hautes cheminées d’un orphelinat. Notre ami lui rendit visite et constata que Lewis s’était apparié et qu’il ne désirait plus regagner sa volière. L’ornithologue Hermann Heinzel, qui eut une longue vie commune avec ces oiseaux, m’a raconté des histoires assez proches sur des choucas personnifiés.
Malgré cette expérience, et quelques autres, mon appartenance au monde de la protection de la nature n’a pas rendu aisée l’évolution que je décris plus haut. Comme le souligne le neurobiologiste Yves Christen, la plupart des défenseurs d’espèces animales menacées raisonnent en termes de biomasse : « ils admettent qu’on puisse tuer un éléphant ici, si on en sauve deux ailleurs. Dans l’espèce humaine, cela reviendrait à considérer que si, dans un village, un pédophile tue un enfant, tandis que deux autres naissent au même moment, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. » Je partage cette analyse qui s’applique d’ailleurs assez bien à la situation de l’ours-biomasse dans les Pyrénées.
S’il y a quinze ans j’étais de ceux qui trouvaient ridicule de nommer les ours, j’ai changé d’avis en ce sens que l’octroi d’un nom est un premier signe de personnification. Il est une reconnaissance de la singularité de l’animal dans une société desséchée où, en général, tout se réduit à des numéros. Ne désigne-t-on pas des ours ou des loups par des codes alphanumériques? Revenons dans le monde humain et rappelons-nous cette réponse en forme de cri de Patrick Mac Goohan, alias le numéro 6, dans la série « Le Prisonnier »: « Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre ! » De même, si les parrains et marraines des ours relâchés avaient été choisis parmi les Homo pyrenaïcus, c’est-à-dire des personnes qui vivent sur les mêmes territoires que les ours, la démarche aurait sans doute profité au courant de sympathie pour ces animaux. Las, on leur a préféré des stars et peoples, sans liens charnels avec les Pyrénées, incapables d’assumer réellement leur parrainage (et qui s’en fichent sans doute), et donc déjà oubliés. C’est bien là l’extrême ambiguïté des relations entretenues entre une grande part des hommes et les ours: on les personnifie en apparence, pour au final en faire des objets plus que des sujets. La chose n’est pas récente. Qu’on se rappelle Lagaffe, une des trois ultimes ourses autochtones, à qui l’on reprochait trop de dégâts sur des moutons là plupart non gardés, capturée en 1992 aux fins de lui poser le premier collier émetteur jamais porté par un ours sur le sol français, et qui se détacha de son piège. Ce fut là le début de la fuite en avant technique dénoncée alors en vain par Claude Dendaletche. Avec les réintroductions, tout s’accéléra : colliers émetteurs, puis collier au cou et puce électronique enfoncée dans les chairs, recapture de l’ours s’il descend trop bas en altitude, etc. Qu’on n’oublie pas aussi le calvaire de Papillon, le plus vieux mâle autochtone, effarouché, piégé, anesthésié, opéré, délesté d’une de ses dents, relâché vacillant et qui mourut deux mois plus tard en juillet 2004 en vallée de Luz. Quel symbole de notre dégénérescence : nous avons fait du patriarche respecté un animal de laboratoire !
Notre société malade ne suscite que de bien faibles réactions immunitaires. Quels groupes de protection se sont insurgés contre ces pratiques ? Seuls quelques individus ont crié leur dégoût. Lors du festival du film animalier de Ménigoute à la Toussaint 2004, avec deux amis naturalistes, nous avions vérifié avec un certain effroi, en distribuant un court texte sur la mort de l’ours
Papillon, que de nombreux écologistes ou assimilés avaient intégrés, sans réflexion aucune, les dogmes du contrôle et de ce qu’on appelle la « gestion » de la faune. Une femme, résignée, m’avait répondu qu’on ne pouvait aujourd’hui plus faire autrement avec les grands animaux sauvages. Un homme, ex président d’une association de défense des ours, approuvait la capture du vieux Papillon sans vraiment me donner de raisons profondes. Si nous avions évidemment reçu des soutiens dans notre action, un malaise était né en moi, qui, avec les années, a confirmé mon constat d’un affaiblissement des esprits devant le diktat de la « gestion ». Pour paraphraser Jean-Claude Génot, on peut en effet écrire que « les ours sont malades de la gestion ». Nous nous sommes permis non seulement de les arracher à leur forêt natale, de les transporter loin de chez eux, de les relâcher dans un contexte difficile, mais aussi de les capturer de nouveau s’ils ne se comportent pas comme il serait correct à nos yeux de le faire. A la veille d’un troisième lâcher d’ours, une nouvelle étape est même en passe d’être franchie. A lire les déclarations officielles, il est envisagé de capturer une ourse des Pyrénées centrales pour la « déplacer » en Béarn où seuls subsistent des mâles, et de « retirer du massif » et de l’« envoyer dans un parc » tout animal qui poserait problème s'approchant trop souvent et trop près des habitations. De son côté, un enseignant en zootechnie à Toulouse aurait proposé que l’on « supprime » l’ours Pyros, d’origine slovène, un grand mâle jugé trop dominant, puis de lâcher des femelles d’origine cantabrique et slovène de part et d’autre de la chaîne pour mélanger les gènes. Dans ces conditions, et sans opposition majeure de la part de ceux qui prétendent défendre les ours, il y a fort à parier que la « gestion » des ours ne devienne une sorte d’élevage à moyen terme.

Né en 1969, Stéphan Carbonnaux ressent dès l’enfance une profonde attirance pour la nature. Il est initié à l’ornithologie par le grand-père d’un ami d’enfance, d’origine basque et béarnaise, qui lui fait découvrir les Pyrénées extrême occidentales, plusieurs provinces espagnoles, les barthes de l’Adour et bien d’autres lieux. Après un DEA de droit de l’environnement à Paris, il s’installe à Pau en 1993, comme objecteur de conscience au sein de la SEPANSO-Béarn, pour rejoindre le mouvement de défense de la vallée d’Aspe auquel il participe activement. Parallèlement, il est élu conseiller municipal au Plessis-Luzarches (Val d’Oise) pour deux mandats. Grâce aux écologistes locaux et à quelques autres élus, la vallée de l’Ysieux sera enfin classée après 14 ans de persévérance. Pour quelques années, Stéphan Carbonnaux sera l’assistant- collaborateur d’un avocat palois. En 2000, il cofonde avec des amis le Groupe ornithologique des
Pyrénées et de l’Adour et sa revue Le Casseur d’os dans laquelle il écrit des articles. Il a publié Le Cercle rouge. Voyages naturalistes de Robert Hainard dans les Pyrénées (Hesse, 2002), la biographie Robert Hainard. Chasseur au crayon (Hesse, Fondation Hainard, 2006), Le Cantique de l’ours. Petit plaidoyer pour le frère sauvage de l’homme (Transboréal, 2008). Au terme de longues années à défendre l’ours, notamment comme chargé de mission d’une association, il publie un essai, Le Pays des forêts sans ours, inclus dans l’ouvrage Plainte contre la France pour défaut de protection de l’ours des Pyrénées (Imho, mars 2010), Stéphan Carbonnaux a également travaillé à Enquête sur la littérature (Collectif, Le Grand Souffle, 2008), à l’anthologie Les Forêts sauvages de Robert Hainard (Hesse, Fondation Hainard, 2008) et écrit de temps à autre pour des revues et magazines. Il aime s’immerger dans la vaste nature sauvage, dans les Pyrénées, en Espagne, en Europe centrale et balkanique.
Etablis dans un village de la vallée d’Ossau, Stéphan Carbonnaux et sa compagne Marie Coquet ont créé une structure œuvrant à la réconciliation de l’homme et de la nature. Des conférences sont déjà proposées au plus grand nombre, divers projets sont en cours de préparation. «

jeudi 17 février 2011

Histoire d'ours

Ours, joli compagnon d'enfance
Sombre fourrure caressante
Voilà qu'en France ta vie offense
Que ta présence est menaçante !
Les bergers comptent leurs moutons
Aux pâtures, aux bergeries, aux prés
Attention, si le compte n'est pas bon,
D'office, coupable tu seras désigné.
Tu ne tremperas plus tes pattes douces
Au miel des livres de contes.
Boucle d'or ne jouera plus sur la mousse
De ton ventre de brune fonte.
Ours, à l'éclaircie du long hiver,
Au réveil de la nature et de ta faim,
Prends garde ,sortant de ta tanière,
A l'homme qui se veut maître de ton destin.

Une contribution de Brigitte Fraval

mercredi 16 février 2011

Des ourses dans les Pyrénées...

Un dessin de Cabu

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Très joli dessin de Cabu. Dans quelques jours, je passerai un autre dessin de Marc Large dans la même fibre

mardi 15 février 2011

"Avant de secourir les animaux ..."

Opération "Zone à ours" petite réflexion

Parmi les nombreux arguments qui nous sont renvoyés à la figure par les anti-ours, il y a le fameux "avant"... Oui "avant" de s'occuper des ours, il y a des choses plus importantes à faire et gnagnagna ! Bien sûr les éleveurs, le nez dans le guidon ont du mal à voir la catastrophe culturelle et naturelle qu'est, pour moi, la déchéance d'un animal. On parle là de l'ours. On pourrait parler des abeilles, des batraciens, du gypaète etc... Plus généralement, c'est toute la faune et la flore sauvages qui font les frais de ce type de raisonnement. Mais au fond il y a une seule et même raison qui provoque la destruction de toutes ces espèces, c'est la mainmise de l'homme sur le territoire. Les éleveurs de l'ADEB, ceux d'ELB, par leurs dernières prises de position, niant l'ours des Pyrénées et l'extirpant du patrimoine culturel, ne font que suivre, encourager et se rendre complices de cette occupation humaine désastreuse. Cette occupation qui a débouché sur la catastrophe écologique et le massacre de la diversité biologique et la diversité culturelle, auxquels nous sommes confrontés. Il y a cette idée tenace - qui n'a pas encore fait sa révolution copernicienne - qu'il est normal que les humains occupent l'espace à leur guise.
On pourrait parler du lien entre diversité culturelle et diversité naturelle. Le Basque dans cette société n'est-il pas lui même un ours ? Les deux ne réclament-ils pas le droit à la liberté et à l'autodétermination ? Mais bien sur que non, car le Basque est un humain, et l'ours n'est qu'un ours, n'est-ce pas ?
L'homme qui s'est cru longtemps au centre de l'univers est persuadé encore aujourd'hui être l'espèce la plus importante de la planète. Il se pourrait bien qu'il tombe très rapidement de son trône.

Voici un texte de théodore Monod qui pourrait répondre à ceux qui nous disent "qu'il y a mieux à faire que s'occuper des ours et des taureaux alors que des enfants crèvent de faim". Source du texte ici

« Je n’aime pas la chasse parce qu’elle est devenue un passe-temps, un divertissement, un jeu : on continue, hélas, à tuer, et avec des armes de plus en plus efficaces, mais désormais par simple plaisir, pour s’amuser…
On souhaiterait ne plus voir ressassée indéfiniment l’objection banale : avant de secourir les animaux, il faudrait songer aux hommes… Comme s’il s’agissait, parce que l’on veut mettre fin à des massacres de baleines, de jeunes phoques, de panthères ou d’orangs-outangs, d’oublier la détresse des enfants, les pauvres maisons écrasées par les bombes ou les cris des torturés…Il ne s’agit pas de ceci ou de cela, et l’on voudrait être bien certain que les infatigables ressasseurs de ce misérable et si commode argument, s’ils refusent la pitié pour les bêtes au nom d’une priorité, se trouvent bien eux-mêmes aux avant-postes dans le combat pour l’homme. Ce n’est pas évident. Pour beaucoup d’entres eux, ce n’est pas, on peut le craindre, l’un ou l’autre mais bien : ni l’un ni l’autre »

Théodore Monod

samedi 12 février 2011

l'enjeu de la vie

OPÉRATION "ZONE À OURS" : 2ème contribution

Si pauvres sont les mots pour décrire la guerre,
Le massacre inhumain d’animaux innocents.
Malgré l’appel scandé par des cœurs impuissants,
Le cri muet du sang coule depuis naguère.

Niant tout désespoir, avec l’arme grégaire,
La destruction nourrit les plus obéissants.
L’opposition s'entache à des débats cinglants.
L’ours brun pourchassé appelle à la colère.

Des visages figés par un constat bien noir,
La peur de l’ours traqué dans la brume du soir,
Egrainent l’espérance à vaincre sans relâche. .
Faut-il toujours souffrir pour voir fleurir la paix ?

Claudie Maréchal

vendredi 11 février 2011

"Zone à ours"... 1er contribution !

Merci Marco Large : http://large.canalblog.com/

Les propositions abondent. C'est déjà un succès. L'ours prend lentement possession de cette enclave de liberté en Soule. GORA HARTZA ...
Parlez-en autour de vous !


jeudi 10 février 2011

Blog déclaré officiellement : "ZONE À OURS" !

J'ai décidé, ce blog souletin entre en résistance jusqu'à nouvel ordre. je suis un ours souletin. J'entre à l'état sauvage, "je lâche mon humanité et je m'enfuis à quatre pattes" comme disait Léo Ferré. Devant le mépris total affiché ces derniers jours contre ce magnifique animal qui n'a eu de cesse d'être éliminé, pourchassé, humilié, je déclare ce blog "Zone à ours".
Je propose donc que ceux qui le veulent m'envoient un texte, une photo, un poème, un pamphlet, qui exprimerait l'énorme gâchis devant lequel nous nous trouvons.
Il parait que tout doit passer "avant" l'ours, selon les éleveurs … C'est réussi depuis longtemps, puisqu'il a disparu des Vosges, du massif central au XVIIIè siècle, du Jura au XIXe et dans les Alpes le dernier ours est abattu en 1937 dans le Vercors. Ne parlons pas du loup qui a été éradiqué des Pyrénées au début du XXe siècle et du lynx qui a disparu au milieu du XXe.
Je pense qu'aujourd'hui on peut raisonnablement dire stop au massacre...

"La terre n'appartient pas aux hommes, l'homme appartient à la terre"

Sitting Bul

"Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants"

St Exupéry



Si vous voulez occuper ce blog à votre façon par un texte, un dessin...
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mardi 8 février 2011

Hartz xiberotarra ! L'ours souletin !

La photographie provient du site internet de Christian Laborde

Je prends ma plume pour dire combien je trouve pitoyable les positions de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA), mais plus encore celles Euskal Herriko Laborarien Batasuna (ELB). Selon les dernières nouvelles, il paraîtrait que les deux syndicats auraient manifesté ensemble contre la réintroduction d’ours dans les Pyrénées. Je n’ose même pas imaginer la photo ! La honte, ELB et la FNSEA ! Attendez, j’ai un doute ! Ils n’ont pas manifesté à Pau, quand même, auprès de Jean Lassalle, le destructeur de la vallée d’Aspe et de Philippe Lacube responsable de l’Addip, éleveur ariégeois habité par la haine de l’ours, qui menace de partir en guerre et de réveiller les milices rurales ?
Pour la FNSEA. Je ferai court. Ils sont fidèles à eux-mêmes, c’est-à-dire de bons petits soldats de la destruction de l’agriculture, de la culture et de la nature. La totale en fait. Des militaires n’auraient pas fait mieux en matière de transformation radicale de l’espace, de notre conscience de la terre et de nos têtes. Ils sont fidèles à eux-mêmes, je ne suis pas surpris.

Je suis largement plus désolé du discours d’ELB, qui se range aujourd’hui assez clairement du côté de ces anti-ours primaires.

ELB déclare qu’ « avant d’introduire de nouveaux ours il y a beaucoup à faire ». Bien sur, c’est ce qu’on dit quand un sujet ne nous intéresse pas. En langage rugbystique ça veut dire : « botter en touche ». C’est comme ça d’ailleurs qu’à Mauléon-Licharre, pendant des décennies, les chiens errants étaient enfermés dans des cages dans lesquelles ils pouvaient à peine bouger et qu’au bout de quelques jours, si personne ne les réclamait, ils prenaient tout bonnement une balle dans le crâne. Jusqu’au jour où une emmerdeuse (en l’occurrence c’est « une » désolé) arrive et commence à mettre son nez dans ce genre d’affaire… « Mais vous ne trouvez pas qu’avant de s’occuper des chiens, il y a beaucoup à faire ? ». Sans blague ! Nous devrions nous justifier constamment de penser que « humanisme », ça ne veut pas dire « aimer que des humains ».

Avant ! Avant ! Avant ! Tout ça sonne bon le corporatisme. Et ça sent l’homme devant, l’anthropocentrisme toujours, jusqu’au néant total. Allons jusqu’au bout de la logique. Et pourquoi pas la disparition de toutes les espèces qui gênent ? Quel beau signal nous donnons à tous ces peuples, notamment nos ami(e)s africain(e)s dont les difficultés économiques, politiques, sociales et autres dépassent largement les nôtres. « Avant de vous occuper de vos tigres, vos gorilles, vos girafes, vos lions, il y a beaucoup à faire ! » Qu’en dites vous ? Voilà un magnifique boulevard pour un écocide mondialisé et légitimé par la belle Europe donneuse de leçons. Quelle honte mais quelle honte !

« Avant de s’attaquer à la problématique de l’ours, il y a bien des chantiers à mener » nous explique ELB. Avant, avant, avant. Cela fait combien de décennies que l’on entend cela, alors que la dernière ourse de souche pyrénéenne, Camille a disparu, alors que la population des ours continue à décliner et serait réduite à néant dans les Pyrénées si les renforcements n’avaient pas eu lieu, alors que l’occupation humaine n’en finit pas de grignoter l’espace depuis des décennies … ELB pousse le cynisme jusqu’à décréter que « l’ours n’est plus en danger ! ». Est-ce du cynisme, de l’indifférence, du mépris ? Ou carrément tout ensemble !

Quand je pense qu’il y a encore peu de temps, hartza était considéré comme notre ancêtre. Quand je pense que pendant des siècles nous avons fêté la sortie de sa tanière avec la Chandelours et qu’il était considéré comme le roi des animaux ! Notre mémoire est-elle si courte ? Sa disparition nous fait-elle si peu frémir ?

Le 4 février à Saint Jean de Luz, il paraît que nous fêtions Hartzaren eguna. A Mauléon le 18 juin nous fêterons Eüskaren egüna. Espérons que, si certains admettent facilement une journée de l’ours sans ours, il n’y ait pas une journée de l’euskara, sans euskara… La honte ! Ça la foutrait sérieusement mal non ?

Laurent CAUDINE
alias Lurbeltz

Cet article est passé ce matin dans la rubrique opinion du Journal du Pays-Basque


jeudi 3 février 2011

Non, ce n’est pas Martin qui a décimé la paysannerie !

Dans un article paru le 29 Janvier, le Journal du Pays Basque relate une interpellation du Ministre de l’Agriculture par un représentant de la FNSEA lors de sa visite à Saint-Pée sur Nivelle.

Le mot « interpellation » est peut-être un peu fort lorsque l’on sait que le gouvernement et la FNSEA défendent les mêmes intérêts, ceux du fric tout-puissant, qui impliquent la disparition des plus petits paysans, de ceux qui travaillent le plus proprement et de la manière la plus correcte envers la nature, les animaux d’élevage et les consommateurs.

Mais passons sur ces généralités. Il paraît que ces Messieurs de la FNSEA sont préoccupés par la « réintroduction du Vautour fauve, de l'Ours et du Loup dans les Pyrénées, qui met en danger leurs élevages ».

Alors, là, c’est du très grand n’importe quoi ! Si la FNSEA avait le courage de se regarder elle-même au fond des yeux, elle se rendrait compte de l’énorme part de responsabilité qu’elle porte dans l’anéantissement de la société paysanne, s’étant vautrée depuis si longtemps dans le lit malodorant des lobbies chimiques et industriels. Mais elle n’a pas ce courage. Et préfère se choisir des boucs-émissaires qu’elle livre à la vindicte populaire, toujours prête à l’hallali. Les Français qui ont voté Sarkozy et le regrettent, s’en prennent aujourd’hui aux Roms, aux jeunes, aux vieux, aux arabes, aux enseignants, aux fonctionnaires en général, aux 35 heures, à la gauche qui n’a pas su les protéger de la droite, à la droite qui ne saura pas les protéger de la gauche, la liste est sans fin. La FNSEA, elle , s’en est trouvé deux de taille, des boucs- émissaires, la nature et ceux qui la défendent, personnages encombrants généralement regroupés sous le vocable d’écologistes. Ces gens là, un jour ou l’autre, la FNSEA n’hésitera pas à nous déclarer que si la pollution existe, que si la nature disparaît, c’est à cause d’eux ! Et je ne peux m’empêcher de penser à un petit dessin de Wolinski dans les années 70, où un personnage disait à l’autre « L’écologie, ce ne serait pas ça qui produit la pollution, des fois ? ».

Alors, bien entendu, sur des bases aussi faussées, la FNSEA raconte absolument n’importe quoi, et le fait sans la moindre vergogne, avec une arrogance qui veut tout ignorer de ce qui n’est pas elle.

1 Les charognards et les grands prédateurs ne présentent aucun danger pour les élevages, bien au contraire. Ils peuvent aider, ils aident les paysans dans plusieurs domaines : nettoyage de la montagne, apport touristique maîtrisé, revalorisation d’image d’une profession souvent et de plus en plus souvent montrée du doigt, hélas bien souvent à juste raison, etc.

2 Il n’est nullement question de réintroductions dans les Pyrénées.

a) En ce qui concerne les Vautours Fauves, certes la population était au plus bas dans les années 1970. Mais les associations de défense de la nature, en liaison avec les paysans, ont su lui redonner de la vigueur. Non seulement le Vautour fauve n’a jamais été réintroduit dans les Pyrénées mais nos montagnes ont fourni les individus nécessaires à la réintroduction dans d’autres chaînes de montagnes, dans l’Hexagone et ailleurs.

b) Il n’a jamais été question de réintroduire le Loup ni dans les Pyrénées ni où que ce soit en France. Le Loup, depuis plusieurs années, revient naturellement dans des territoires qui sont les siens tout comme ils sont aux humains qui y vivent mais qui oublient parfois de les respecter .

c) Une réintroduction ne commençant qu’à partir du moment où il n’y a plus de présence d’une espèce, on ne peut parler de réintroduction en ce qui concerne l’Ours dans les Pyrénées. Il s’agit plus exactement d’un renforcement de population. Et ce n’est pas un individu annoncé cette année par le Ministère qui va faire basculer définitivement le monde de l’élevage dans le chaos sans espoir de retour. Allez, soyons sérieux ! Et au passage, débarrassons-nous aussi de ces idées fausses selon lesquelles les Ours slovènes ne seraient pas de la même espèce que ceux des Pyrénées, qu’ils seraient plus carnivores et habitués à des reliefs différents. Tout ceci est faux et archi faux.

Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage.

Quand on veut se débarrasser de l’Ours, on dit qu’il est étranger (après avoir presque totalement décimé les autochtones, cherchez l’erreur).

Quand on veut se débarrasser des humains aussi, d’ailleurs.

Je ne peux m’empêcher d’y voir comme une tout à fait sinistre similitude.

Jenofa Cuisset Uharte Garazi .


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mardi 1 février 2011

Chandelours le 2 février 2011

FÊTONS LA CHANDELOURS LE 2 FEVRIER 2011 !

Pendant des siècles, chaque 2 ou 3 février, les populations de l’Europe tempérée fêtaient l’ours et la sortie de sa tanière. Cette fête souvent appelée Chandelours dans les campagnes de France a subsisté au moins jusqu’au XVIIIe siècle, c’est-à-dire hier

Le 2 février 2010, certains d’entre nous ont fêté, lors d’un repas de crêpes, la Chandeleur et la Chandelours avec cette volonté simple de renouer les fils de notre plus vieille histoire et de célébrer l’ours, roi des forêts.

Cette année nous fêterons de nouveau la Chandelours et l’étendrons symboliquement au retour de la grande nature sauvage de notre continent : l’Eurasie. Nous savons en effet que la nature sauvage ne peut s’exprimer avec toute sa force qu’à l’échelle continentale. Se résigner à ne la voir réservée qu’à de petits espaces isolés les uns des autres, c’est n’en faire qu’un élément de décor comme un bel édifice dans une ville enlaidie.

Nous fêterons aussi la Chandelours car nous sentons que l’existence d’une vaste nature couronnée par de grands animaux est un enrichissement culturel, spirituel et matériel dont les effets sont encore inimaginables pour la plupart d’entre nous, faute de vivre en biodiversité totale.

Nous fêterons enfin la Chandelours avec une pensée émue pour nos frères humains et animaux de l’Atlantique à la mer du Japon qui se battent pour une existence décente en ce début de XXIe siècle. Nous pensons notamment aux lynx ibériques, parmi les félins les plus menacés au monde, aux tigres de l’extrême orient russe, ultime souche des tigres euro-sibériens, aux léopards, aux panthères des neiges, aux lions d’Asie, aux loups, aux ours, aux bisons, aux élans, aux chevaux primitifs, et à toutes les personnes qui œuvrent au réensauvagement, source infinie de liberté pour les hommes et les animaux.

Dans nos maisons ou les lieux publics, au cœur de la nature,

fêtons la Chandelours !


Marie Coquet et Stéphan Carbonnaux, (Béarn, Pyrénées – France,) Artzamendi- Nature, Sauvage et Civilisation : www.artzamendi.fr , Alain et Michel Sennepin, (Auvergne - France), 4 continents pour les tigres et Europe Tigre : www.avenir-tigres.com, rejoints, d’ouest en est, par

Joao Pedro Galhano Alves, docteur en anthropologie, chercheur et créateur du concept de « Vie en biodiversité totale » (Europe, Afrique et Asie), Université de Lisbonne – PORTUGAL et Université de Montpellier III - France : galhanoalves@yahoo.fr,

Laurent Caudine, artisan d’art, écologiste et auteur, Pays-Basque, France : http://xiberoa.blogspot.com,

Etienne H. Boyer, berger devenu rédacteur web, écologiste et auteur, Pays Basque, France : http://etiennehboyer.free.fr,

Geneviève Cuisset, combattante écologiste, Pays Basque, France : http://jenolekolo.over-blog.com,

Dimitri Marguerat, guide naturaliste et ornithologue, Pays Basque/Provence, France : www.dimitrimarguerat.fr

Florian Rochet, animateur nature et naturaliste, Béarn, Pyrénées, France : http://vers.nature.over-blog.com ,

Michel Chalvet, fonctionnaire d’Etat, naturaliste et défenseur de la nature sauvage, Béarn, Pyrénées, France, Radicalement nature : http://radicalement-nature.over-blog.com/,

Eugène Reinberger, ingénieur, syndicaliste et écologiste, Béarn/France hamazortzi_iraila@orange.fr

Philippe Pirard, médecin et naturaliste, Paris, France : philippe_pirard@hotmail.com,

Grégory Carbonnaux, chef d’entreprise et naturaliste, Val d’Oise, France : gregory@ch2o.fr,

Anna Jeretic, peintre, graveur, sculpteur et calligraphe, Seine-et-Marne, France : www.annajeretic.com

Gilbert Cochet, Gilbert Cochet, professeur agrégé de sciences naturelles, correspondant au Museum national d'histoire naturelle, expert auprès du Conseil de l'Europe, naturaliste, d éfenseur de la naturalité et de la grande faune et auteur, Ardèche, France : gilbert.cochet@wanadoo.fr,

Antoine Nochy, écologue, praticien du rewilding (Yellowstone, Etats-Unis), spécialiste des loups, défenseur de la grande faune, Cévennes/Montpellier, France : antoine.nochy@gmail.com

Charlier, fonctionnaire d’Etat, naturaliste et défenseur de la faune mammifère, Meuse, France, pcharlier@wanadoo.fr,

Marc Michelot, naturaliste et défenseur de la grande faune (notamment des chevaux Tarpans), Ain, France : marc.michelot@club-internet.fr,

Martine Massot, association Tigrissima, Provence, France : www.tigrissima.fr,

Patrice longour, docteur vétérinaire et directeur de la réserve des Monts d'Azur, Provence, France : www.haut-thorenc.com

Daniel Klich, professeur d’écologie appliquée et spécialiste des chevaux et mouflons sauvages, Université catholique Jean-Paul II de Lublin, POLOGNE : klich@kul.lublin.pl,

Yuri Bersenev, biologiste et directeur du Parc national de Zov Tigra – SIBERIE/RUSSIE : Зов тигра Национальный парк zovtigra@mail.ru

Nous remercions chaleureusement les traducteurs : Alain Sennepin (anglais), Georges Garcia (espagnol), Allande Etxart (euskara), Olga Kluchnikov (russe), Sabine Klöckner (allemand) et Joao Pedro Galhano Alves (portugais).