mardi 17 novembre 2009

Allende


Figurez-vous, je me sens vieilli. J'ai ressorti mes vieilles K7 du grenier et je réécoute ce que j'écoutais quand j'étais ados. Surtout, il y a Ferré, Brassens et Brel. La trinité spirituelle de la chanson française, les indépassables, les indémodables. Les trois que je garde quand je fais les comptes. De Ferré en l'occurrence, il y a cette chanson "Allende". Bien sur, là, c'est en concert et Léo il n'a pas la voix de quand il l'a enregistré en album. Mais écoutez les mots, la musique des mots, l'interprétation toujours à fleur de peau du grand Léo.
Chez moi, Léo il est très attaché à une période personnelle, au début des années 90, où je me levais à 5 heures du matin pour aller bloquer les bulldozers du côté de Burkegi et Bosmendieta. J'écoutais Léo à fond les manettes dans la voiture. Alors que des cordes tombaient sur le capot, qu'il faisait nuit noire, j'entendais Léo Gueuler dans sa chanson "Le chien" ....
" Alors que ces enfants dans la rue s'aiment et s'aimeront
Alors que cela est indéniable
Alors que cela est de toute évidence et de toute éternité
JE PARLE POUR DANS DIX SIECLES et je prends date
On peut me mettre en cabane
On peut me rire au nez ça dépend de quel rire
JE PROVOQUE-À L'AMOUR ET À L'INSURRECTION
YES! I AM UN IMMENSE PROVOCATEUR"...
Ça le faisait ! Quand je réécoute certaines chansons, j'entends tout, je sens tout, je revois tout de cette période.
Je disais que dans cette chanson, "Allende", Léo, il n'a pas la voix de ses débuts... Pourtant, un de ses derniers albums est magnifique, peut-être à cause ou grâce à cette voix justement. "On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans". Il ne gueule plus, mais sa voix, fragile, fatiguée, embrumée, se pose sur les mots pour en faire décoller chaque syllabe et les faire trembler. Faut dire, quand c'est pas des mots de Ferré himself, c'est ceux de Rimbaud, Verlaine, Apolinaire ou Baudelaire.
Je peux le dire, ces trois là, Léo, Brel et Brassens, ils ont fait mon éducation. Ils m'ont appris à être debout, à être pas trop obéissant, à être vigilant, à aimer les mots, la liberté, la vie et à m'aimer moi même, ce qui n'est pas rien.

dimanche 15 novembre 2009

Le vrai-faux declin de la viande

Une bonne grosse cote de boeuf, régulièrement ? Ce plaisir sera peut-être interdit aux générations futures, tant la production et la consommation de viande font l'unanimité contre elles. Au point qu'un nombre croissant de personnes, dans les pays occidentaux, ont déjà décidé d'y renoncer.
La liste des méfaits de la viande est longue. Risques pour la santé, une surconsommation favorisant les maladies cardio-vasculaires, l'obésite ou le diabête. Mais surtout, au niveau mondial, risque de développement des épizooties et danger pour la sauvegarde de la planète. Les productions d'origine animale - viande, oeufs, produits laitiers - sont en effet extrêmement polluantes. Les milliards de tonnes de déjections qui en sont issus engendrent des rejets azotes dans les sols et les rivières. Et l'élevage, a lui seul, représente 18 % des émissions mondiales de gaz a effet de serre. Soit une contribution au réchauffement climatique plus élevée que celle des transports.
Autre point noir de cette production : sa propre consommation. Les pâturages occupent 30 % des surfaces émergées, et plus de 40 % des céréales récoltées servent a nourrir non pas directement les hommes, mais le bétail. Les zones disponibles étant insuffisantes pour répondre a la demande, l'élevage peut provoquer le défrichage de forêts. Il est gourmand en matière première et en eau... En bref, la production animale pose question. D'autant plus que la Terre, d'ici a 2050, aura 9 milliards de bouches à nourrir.
Dans ce contexte, doit-on prévoir la fin de la viande pour ce siècle, ou du moins son déclin ? On serait tente de le croire. Pourtant, cette vision est contredite par tous les prévisionnistes. Au contraire, c'est à une augmentation de la consommation mondiale qu'il faut s'attendre. De tout temps, et dans tous les pays, en effet, l'augmentation du revenu est allée de pair avec la progression de la consommation de viande. Il n'y a aucune raison qu'il en soit autrement dans les pays émergents, d'où viendra l'accroissement de la population.
Entre 2007 et 2016, selon les perspectives communes FAO-OCDE, la production mondiale de viande devrait ainsi augmenter de 9,7 % pour le boeuf, de 18,5 % pour le porc et de 15,3 % pour le poulet. Principalement en Inde, en Chine et au Brésil. D'ici a 2050, la production de viande pourrait même doubler, passant de 229 millions de tonnes au début des années 2000 a 465 millions. Il en va de même pour celle de lait. Du fait de la démographie, bien sûr, mais aussi de l'augmentation des besoins en fonction de l'évolution de la population (plus jeune, plus urbaine, plus grande) et de la modification du régime alimentaire.
"Dans les pays du Sud, la difficulté est de permettre aux gens de manger. Ces trente dernières années, la consommation de viande y a diminué drastiquement, surtout en Afrique, et ce manque de protéines animales fait que les gens sont en état de malnutrition", rappelle Renaud Lancelot, chargé de mission sante animale au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Bruno Parmentier, directeur d'une école d'ingénieurs en agriculture, estime quant à lui que l'évolution de la consommation de produits d'origine animale depend de trois grandes questions, qui montrent le lien etroit entre consommation de viande et pratiques culturelles. La religion hindoue, comme la religion catholique, va-t-elle décliner, et, dans ce cas, l'Inde va-t-elle consommer beaucoup de viande ? Les Chinois vont-ils se mettre à boire du lait si on leur propose un produit qu'ils parviennent a digérer ? Les Occidentaux vont-ils continuer à manger du porc, si ce dernier devient un reservoir pour les transplantations d'organes ?
Quoi qu'il en soit, une nouvelle repartition geographique de la consommation devrait se mettre en place, qui consistera en un double mouvement de balancier : diminution de la ration carnée dans les pays riches, où il y a excès, et augmentation dans les pays pauvres, où il y a carence. De quoi combler un peu la disparité actuelle : si l'on consomme dans le monde, selon une étude publiée par la revue médicale britannique The Lancet (datée du 13 septembre), 100 grammes de viande par jour et par personne, ce taux moyen atteint 200 a 250 grammes dans les pays développés, et plafonne entre 20 et 25 grammes dans les pays pauvres.
"Si l'on considère que la population globale va augmenter de 40 % d'ici a 2050 et si aucune réduction des emissions de gaz à effet de serre liées au bétail n'intervient, la consommation de viande devra baisser à 90 grammes par jour et par personne pour stabiliser les émissions de ce secteur", affirment dans The Lancet les auteurs de l'étude. Il faudrait donc, d'ores et déjà, inciter les consommateurs des pays riches à prendre conscience des dégâts provoqués par leur consommation abusive. Et envisager au niveau mondial, non pas de produire moins, mais de produire autrement, afin de reduire les effets négatifs de l'élevage sur l'environnement.
Comment suivre les preceptes de la FAO, selon laquelle les coûts environnementaux par unité de production animale devraient "être reduits de moitié, ne serait-ce que pour éviter d'aggraver le niveau des degâts" ? En incluant, comme le suggère son chargé des questions animales Gregoire Tallard, "le coût environnemental dans le prix des viandes", selon le principe du pollueur payeur ? En privilegiant la consommation de volailles, écologiquement moins agressive que d'autres productions ? La FAO préconise également l'amelioration des pratiques d'élevage. Une des pistes fort attendues concerne le sequençage des génomes complets des principales espèces (en cours pour la plupart), qui devrait permettre d'accélérer les sélections et de faire coïncider, par exemple, rusticite (donc résistance aux maladies) et productivite.
Les recherches se concentrent par ailleurs sur des rations alimentaires du bétail plus économes, ou encore sur le système digestif des ruminants. La fermentation entérique des bovins (productrice de méthane, lequel agit vingt-trois fois plus que le CO2 sur le réchauffement climatique) pourrait ainsi etre mieux maitrisée. Par exemple par l'utilisation d'additifs alimentaires à base d'huile vegetale. Ou encore grâce à une ration plus concentrée en céréales. "Nous avons mené une experimentation sur de jeunes taurillons et avons ainsi réussi à les faire grandir plus vite, ce qui permettait de reduire les émissions de méthane", explique Jacques Agabriel, zootechnicien a l'INRA de Clermont-Ferrand. Mais la production animale étant un système complexe, ce qui confère ici un avantage écologique entraine là un inconvénient économique (une plus grande consommation de céréales). D'ou la nécessité, pour faire émerger un système d'élevage durable, de s'orienter vers une approche globale. A l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), un groupe de réflexion sur la place des produits animaux dans l'alimentation, qui reunit sociologues, zootechniciens, économistes, nutritionnistes et agronomes, s'est deja attelé a la tâche.
Alors qu'on parlait il y a dix ans de désintensification des systèmes de production, ce concept a été remplacé par un autre : celui d'agriculture écologiquement intensive. La question de la viande est un excellent exemple de cette quête.
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Chiffres
Pollution : a l'échelle mondiale, l'élevage est responsable de 65 % des émissions d'hemioxyde d'azote (essentiellement imputables au fumier), tandis que le bétail engendre 37 % des émissions de methane.
Consommation : il faut 4 kg de cereales pour produire 1 kg de poulet et 6 kg de grains pour 1 kg de porc. Ce dernier necessite par ailleurs 4 600 l d'eau. Une quantité qui grimpe a 13 500 l pour 1 kg de boeuf, quand seulement 1 000 l d'eau sont nécessaires pour produire 1 kg de blé.
A lire : Nourrir l'humanité - Les grands problèmes de l'agriculture mondiale au XXIe siècle, Bruno Parmentier, La Decouverte, 274 p., 22 euros.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-...1-958376,0.html

mercredi 11 novembre 2009

La chanson de Craonne


Paroles anonymes, recueillies par Paul Vaillant-Couturier.

Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le coeur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.

{Refrain:}
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

{au Refrain}

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

{au Refrain}

Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

dimanche 8 novembre 2009

Une rainette chez moi !

C'est un automne bien chaud que nous avions là. Il y a quelques jours, je faisais quelques bricolages autour de ma maison lorsque je tombe sur cette rainette qui prenait le soleil (en photo ci-dessus). Je savais que j'avais des grenouilles vertes et des grenouilles agiles autour de la maison, je suis bien content d'apprendre que j'ai des rainettes vertes
La rainette est une petite grenouille qui a la particularité de savoir monter aux arbres grâce à des ventouses qu'elle a aux pattes.
Le soir au printemps la grenouille verte (je crois) et la rainette verte chantent très très fort et pour moi c'est un ravissement. D'ailleurs, quand je ne les entends pas ça m'inquiète plus qu'autre chose et ça me manque.
Comme de nombreuses autres espèces d’amphibiens, la Rainette verte est menacée par la destruction des zones humides, les aménagements et la pollution. Elle est en déclin partout en Europe et figure dans la liste rouge des espèces menacées en France.
Il y a quelques mois, quelqu'un m'a donné des plantes aquatiques. La personne me disait qu'elle avait dû éliminer des grenouilles parce que ses voisins se plaignaient. Figurez-vous que cela se passe à Oloron, ce village où certains se plaignent aussi des chants du coq ! Drôle de société vers laquelle on se dirige. Drôle de société où les bagnoles, les camions et les vélomoteurs deviennent moins gênants que de pauvres grenouilles en voie d'extinction.
Dommage aussi qu'à Mauléon, au salon des énergies renouvelables qui vient de se terminer on ne parle pas de "nature", mot tabou s'il en est, aussi imprononçable ici en Soule que le mot "écologie". Parce qu'on aura l'air malin avec nos panneaux solaires, nos chaudières à granulés, nos murs en paille lorsqu'il n'y aura plus de grenouilles, plus d'ours... et plus de petits paysans. Bonjour l'avenir !
Un peu d'empathie dans ce monde de dingue... Ce soir, sous le déluge, la grêle, le vent et la pluie, j'imagine la petite rainette cachée sous des feuilles mortes pas très loin de mon atelier et qui va attendre patiemment que le printemps rapplique. Ce soir je vais m'endormir avec cette dernière image. Et je sais que ça va me bercer et me faire faire de beaux rêves plein d'espoir pour les grenouilles et les humains.

mercredi 4 novembre 2009

Chronique pour Bloga-bloga

Chronique pour la première de l'émission radio Bloga-bloga

Bloga Blog ne sera pas une émission sur les nouvelles technologies, blog, Youtube et les autres. Bloga-bloga c'est le moyen pour arriver à une fin. D'ailleurs peut-être que dans cette fin, il n'y aura ni blog, ni youtube, ni télé-je-t'en-tube, ni ordi je t’en dis. Qu’en savons-nous ? Comment sera le monde de demain ? Si la fin justifie les moyens, quels sont les moyens, pour quelle fin ? Le moyen, c'est le marteau qui permet de construire la maison. La fin, c’est quand la maison est construite, on met le marteau dans la boîte à outil. C'est comme l'acte sexuel. Eh ! les gars, il faut soigner ce priapisme ! On ne peut pas toujours rester avec une bite en érection, on ne peut pas toujours avoir son marteau en l’air !
Personnellement, s'il faut choisir, dans ce monde, je garderais les livres. Sur l'île déserte de la fin-qui-justifie-les-moyens, je jette la télé, l'ordi, le portable. Je garde la radio à la limite, avec Xiberoko Botza, me disant qu'il y a là-dedans un moyen qui justifie une fin. D’accord, pas d’accord ?
Dans Bloga bloga, Justement, discutons-en. Parce que la société, c'est une société du choix. Il y a les trucs qu'on accepte et ceux que l’on doit refuser. C'est aussi la définition de la politique, de la philosophie ou de l'art, non ? On réfléchit, on s'engage, on prend position, on échange pour ne pas être emporté par la vague des moyens et la houle de la fin. Ceux qui ne font ni politique, ni philosophie ni art sont ceux qui exécutent le monde, ceux qui ne veulent pas le regarder, lui rentrer dans le coeur, lui rentrer dans la viande.
Bloga bloga, c'est de coeur à coeur, de corps à corps, de choix à choix, de soi à soi.
Bloga Bloga, parce qu'on ne veut pas exécuter cette belle vie qui nous est offerte, on veut s’accoupler avec elle. Parce qu'on ne veut pas être complice de cette société du management qui fait se jeter les employés de France-Telecom des fenêtres et des ponts, parce qu'on ne veut pas être complice du puéril « travailler plus pour gagner plus » que le Président du village France nous jette à la figure. On veut que les fenêtres, les blognêtres et les ponts soient des passages vers la lumière et la vie et pas cette mort programmée du fric, du pouvoir et des multinationales. On refuse les moyens des marchands pour cette fin du Dollar. On veut une fin en apothéose, on veut de l’amour, de l’humour, de l'art, des montagnes ensemencées de neige, des conversations entrecoupées de rire, du temps libre, du temps livre, des enfants, une fin joyeuse, un happy-end, que du gratuit, que du bonheur !
Bloga bloga, c'est juste pour cerner le monde. Rendez-vous, vous êtes cernés. C'est mettre une mirette à la fenêtre, zieuter, au travers de ces fenêtres, ces blognêtres le monde d'ici et d'ailleurs. C'est d'ailleurs ce que font les blogs, les nôtres, (pas toujours quand même), ceux dont on a envie de causer. Evidemment, il y a toujours les blogs qui se zieutent eux-mêmes. « Ouah ! regardez là, sur mon blog, c'est moi avec chatte Cécile. Et là, mon premier cheveu blanc ! Hop ! Je le prends en photo et je le mets sur mon blog ! Oh ! regardez un poil de mon cul qui a la forme d'un trombone à coulisse !... Hop ! Je le prends en photo et je le mets sur mon blog !! Arf ! Je suis sur le blog de Fred… Tiens sur Youtube, c'est mon pote aux fêtes de Garindein, avec… ma chatte Cécile ! Hein ? Ah ! Le salaud !
T'as l'air fin avec ton cheveux blanc et le poil de ton cul en forme de trombone à coulisse ! T'as l'air fin avec ta chatte en cavale. T’as l’air fin mais pas la fin qui justifie les moyens. T’as l'air mais t’as pas la chanson. D’ailleurs, t'as pas l'air fin, t'as l'air fini.
Bloga-Bloga, c’est pas pour le blog à la petite semaine, c'est pour le coffre, le souffle entre les dents revêches. L'haize berdea qui souffle dans les bronches ou dans les branches des bras sclérosés, dans les cheveux empapaoutés des mamies et des momies endimanchées. Oui momie et mamie c’est la même étymologie. On en a des momies endimanchées en Soule ! Si si on a des momies endimanchées ! (Oh momie, o momie ô momie blues o momie blues !) Il y a Pepela, Loulou, Arhancet, Bosq... Zut ! J'ai marché sur une bandelette. Quel est le con qui laisse traîner ses momies... Allez mamie Loulou, à la maison... Allez pépé, là, pépé là, voilà mets tes pantoufles et au dodo Pépé, c'est l'heure d'aller du lit au lit comme disait Brel... Bloga bloga, c'est pas l'heure des momies, des morts-vivants, c'est l'heure des vivant-vivants.

bloga.marinela@gmail.com

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dimanche 1 novembre 2009

BLOGA! BLOGA!

Une nouvelle émission radio à Xiberoko Botza


1ère émission mardi 3 octobre à 20 h avec Allande Erreçaret, notre premier invité. Animé par Etienne Boyer et Laurent Caudine

- Elle s’appelle Bloga-bloga et aura lieu une fois par mois tous les premiers mardi de chaque mois. L’émission sera en français principalement, mais il y aura des chroniques et des papotages en basque par le truchement de nos invités.
- Au travers des blogs nous parlerons un peu de tout ce qui se passe ici et ailleurs Avec sérieux ou pas, sagacité ou pas, humour ou pas, nous parlerons de culture, de politique et en général de tout ce qui fait notre quotidien à tous.
- Un invité différent à chaque émission nous accompagnera pendant l’heure, commentera avec nous les sujets et fera l’intervention qu’il souhaite à la fin de l’émission (musique, chronique, onomatopée, vocalise...)
- Vous avez une information à faire passer ? Vous voulez participer à l’émission ? Vous voulez nous faire part de votre réaction ? vous pouvez envoyer un message à bloga.marinela@gmail.com

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http://www.xiberokobotza.org/
- Emankizün berri bat Xiberoko Botzan.

- BLOGA BLOGA deitzen da eta hilabetean behin zabaltüko da, hilabeteko lehen astearteoz.
- Emankizüna frantsesez dateke haboroenik bena eüskarazko kronikak eta alkarrizketak eskeinik dirate. Webgüneko BLOG-en bidez, orotarik aipatüko da, han eta hebenko gaüzetaz edo gertakarietaz. Seriuski edo ez, umorekilan edo ez, fineziareki edo espanto handiareki, kültüraz, politikaz edo orokorki gure egünoroztako biziaz ariko da BLOGA BLOGA.
- Kümit berezi bat dateke emankizünkal, oren batez hor partehartzeko gisan eta aipaldi berezi bat proposatzeko gisan ere...
- Informazione bat iganarazi nahi düzü? Emankizünean partehartü nahi düzü? Zure oharrak helarazi nahi deizkützü? Mezü bat igorten ahal düzü, gustüan:
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Laster arte BLOGA BLOGA-n: 88.8 - 95.5 – 103.7 frekuentzietan

samedi 31 octobre 2009

Chatons à donner

Donne 3 chatons de 3 mois.
Le troisième est caché dans le tas de bois.
Merci de diffuser autour de vous
Merci d'appeler à ce numéro 05 59 19 12 78 (Mauléon)

jeudi 29 octobre 2009

L'Empathie et l'internet

Maintenant on s'engueule sur le net. Même plus besoin de se voir. On s'étripe à distance. Pourtant, je le dis tout net, je ne crois pas que l'on puisse communiquer par internet. J'ai changé d'avis. Il y a quelques temps, je croyais dur comme fer que l'écriture avait tous les pouvoirs. Je pense que je me trompais. Surtout dans le cadre de la simple conversation et du simple échange. Un artiste, par ses poèmes, ses romans ou ses essais pourra sans doute nous ouvrir des champs inconnus des émotions inédites. Mais une conversation par internet, par téléphone ne peut pas résoudre des conflits d'ordre affectif parce qu'on ne peut pas faire preuve d'empathie par internet.
Il y a quelques années, j'ai lu un bouquin de Daniel Goleman au sujet de l'intelligence émotionnelle. Il expliquait qu'on donnait trop d'importance à l'intelligence intellectuelle au dépend de l'intelligence émotionnelle et surtout je me rappelle qu'il expliquait bien le rôle de l'empathie dans les échanges. L'empathie qu'est-ce que c'est ? Justement, j'ai repris le livre en question et j'ai retrouvé cette phrase : "Connaître intuitivement les sentiments des autres, c'est avant tout être capable de déchiffrer ces signaux non verbaux : le ton de la voix, les gestes, l'expression du visage, etc..."... Plus loin il dit " En matière de communication, la règle générale est que 90 % au moins des messages affectifs sont non verbaux."
En conclusion, quand il y a un problème et que les choses s'enveniment, ils faut arrêter les échanges par le téléphone et par internet. Il faut se retrouver face à face.
Pour la route, je vous fais part de ce petite fable qui date du 17 ème siècle et qui illustre parfaitement bien le sujet.

" On raconte qu'un Latin et un Sarrasin se rencontrèrent dans une vigne où les raisins abondaient. Tandis qu'ils mangeaient, le Latin dit au Sarrasin qu'on pouvait en faire du vin. Le Sarrasin répliqua qu'on n'en faisait pas du vin, mais du "nabit", ce qui, en arabe, veut dire du "vin". Mais parce que le Chrétien ne comprenait pas le sens du mot "nabit", et que le Sarrasin ne comprenait pas ce que voulait dire le mot "vin", chacun contestait ce que l'autre disait. Ils se querellaient très fort à ce sujet quand arriva un Grec qui savait la langue de chacun d'eux. Il leur dit que les mots "vin" et "nabit représentaient en réalité une même chose, mais qu'ils étaient différents d'une langue à l'autre. Aussi leur opposition venait-elle uniquement de ce qu'ils ne se comprenaient pas".
Conclusion : Nombre de conflits sont dus au fait que les hommes accordent plus d'importance à la lettre qu'à l'esprit

Extrait du livre l'"Arbre des Exemples - Fables et proverbes philosophiques" de Raymond Lulle - livre publié en 1250

Lire aussi : "Lintelligence émotionnelle" de Daniel Goleman

dimanche 25 octobre 2009

Lettre à mon Aitani,

Je t'écris de la maison pour te donner des nouvelles du potager. je sais que là où tu es, tu dois être un peu dubitatif. Mais à ma décharge, les deux dernières années n'ont pas été très favorables. Il a beaucoup plu et la naissance de Peio... Bon je sais, je cherche des excuses. Je m'étais promis de tenir tout en état et depuis j'ai réduit le potager à sa portion congrue. La petite serre est en friche mais je ne comprends pas pourquoi la terre à cet endroit est devenue si dure. Je me demande si elle ne me punit pas, la coquine, d'avoir un nouveau gestionnaire qui n'est pas à la hauteur de ses ambitions. Ceci dit tu as sans doute remarqué qu'à cet endroit la menthe et la ciboulette se plaisent bien... Et les orties aussi !
Tu ne serais pas content mais j'ai laissé pousser un cornouiller entre le grand laurier et l'érable. A côté, j'ai libéré quelque peu le néflier des ronces et du lierre qui l'encerclaient. Eh bien, tu vas rire, ce néflier sauvage il a donné des nèfles cette année, alors que même le grand néflier devant la maison il n'a rien donné et qu'en ce mois de juillet il a déjà perdu toutes ses feuilles.
Aujourd'hui, il fait très chaud et ils ont annoncé des températures jusqu'à 39 °. Hier soir, juste avant un gros orage, j'ai réussi à planter quelques salades. Bon enfin, j'essaye de tenir le potager bon an mal an.
Le potager, c'est toi pour toujours. Les tomates qui poussent, dans le brillant de leur peau je vois ton reflet. Derrière mon dos ta présence tutélaire et friponne, je la sens. Tu as beau passer avec le petit vent du sud ou discret comme la libellule ou perché sur le pêcher comme l'ombre d'une coccinelle, je te vois. Comment va amañi ? Tu l'embrasses très fort de ma part et puis tonton Jean, papy François et tous les chiens et les chats de la maison Pastou et tous les autres que j'aime, ceux que vous avez aimés qui sont partis avec vous.
Je ne sais pas ce que tu vois... j'allais dire, de là-haut... Pourquoi, de là-haut ? Pourquoi pas du milieu, pourquoi pas d’en bas ? Si tu es là où je pense, je pense que tu as sondé le fond de ma pensée. Et le fond de ma pensée c'est que Dieu est en tout et pas seulement en haut, dieu est au milieu et le milieu est partout. D'ailleurs, je suis sûr de toucher Dieu quand je touche la terre, sauf celle qui a été salie par le round up et les pesticides. Je suis sûr de toucher Dieu quand, de cette terre que je touche, j'aperçois au fond le pic d'Orhy. Je sais que quand j’appuie ma paume sur la terre de mon potager, c'est en même temps toute la chaîne des Pyrénées que je touche jusqu'à la dernière étoile de la dernière galaxie et jusqu’au centre de cette terre dont je sens la chaleur du noyau jusqu’au fond du noyau de mes cellules. Je sais de même que là, je pourrais mourir dans l'instant, c'est comme si je mourrais dans 10 000 ans. Je sais que là, je crois en Dieu.
Je ne sais pas ce que tu vois... Mais je ne sais pas si tu vois d'ailleurs. De là-dedans, de là, de l'ailleurs, de l'ici, peut-être, tu sens les choses avec des sens nouveaux qui rendent peut-être ridicules nos cinq sens ? Un peu comme les cinq sens qui se réuniraient en un seul avec en plus ce que le mystère occulte à notre petite conscience
Je ne sais pas si tu vois, mais tu dois nous trouver bien drôles dans nos costumes de sédentaires, nos vieilles machines surnuméraires, nos abris sous cloches, nos mémoires avachies, nos petits couteaux qui coupent nos petits pains pour nos petits estomacs affamés.
Bon ! L’année prochaine, je promets de faire mieux. Petit à petit, je m’améliore et dans 10 000 ans notre potager il sera au top.

A bientôt aitani et amañi
A bientôt ou à tout le temps

Je t’embrasse

Ton petit fils
août 2009