samedi 4 janvier 2014
dimanche 17 novembre 2013
Au sujet de : Matin vert
Astobelarra
- après tes 2 premiers livres "Pensement " 1 et 2 qui sont des
recueils de
chroniques et des "billets d'humeur", qu'est-ce qui t'a
donné envie d'écrire un roman ?
Laurent
CAUDINE : Les "Pensements" m'ont donné le goût de l'écriture.
C'était un peu comme de petites esquisses. Mais j'ai eu envie de peindre
une grande fresque, d'aller plus loin dans les nuances. Je voulais aussi
prendre le temps de raconter une histoire avec des rebondissements, des
caractères qui changent et qui évoluent au fil des pages ; ce qu’il n’est
pas trop possible de faire avec des chroniques et des nouvelles.
Astobelarra
- Quel est le thème de ce roman en quelques mots ?
L.C :
C'est l'histoire de Florian qui habite en Charente avec sa famille et qui
apprend un jour qu'une grande tante qu'il ne connaissait pas vient de mourir.
Elle lui lègue une vieille maison qui se trouve ici en Soule, à Camou, en haut
du col d'Oxybar, quartier Saube. Ils vont s'installer là, avec Cécile sa
compagne et Paul leur enfant, avec l'idée de vendre cette maison et de
s'installer à Oloron. Mais des évènements imprévus vont… Disons… Les assigner à
résidence…
Astobelarra
- Pourquoi as-tu
choisis d'écrire un roman qui se passe en Soule ? Est-ce important pour
l'histoire ?
L.C :
Pour l'instant je ne me sens capable de parler que de ce que je connais
vraiment. Je ne suis pas un spécialiste de la Soule, mais je me sens très
souletin. C'est presque quelque chose que je revendique. Matin vert, c'est une
manière d'exprimer quelle est la Soule que je vois, que j'aime et que
j'aimerais mais aussi de décrire une façon toute personnelle de voir le monde.
Astobelarra
- Alors, on est dans du policier, du fantastique, ou de la philo?
L.C :
La caractéristique du roman policier est basée sur un crime qu’il faut élucider.
Il y a un peu de ça dans la première partie du roman, mais l’intrigue
principale du roman n’est pas basée sur ça. Je dirais plutôt que c’est un
thriller fantastique. La
philo ? Disons que j’espère que le roman fait réfléchir, de là à dire que
c’est de la philo, il y a un pas que je ne franchirai pas.
Astobelarra
- Tu as choisi de
transmettre ton cheval de bataille - l'écologie - d'une façon plus onirique
qu'auparavant. Penses-tu que le message en sera mieux compris?
L.C :
Je crois que j’ai essayé d’abord de raconter une histoire. Le message est là,
évidemment. Mais l’histoire n’est pas bâtie avec une envie de convaincre mais
de me mettre en phase avec un certain esprit de l’enfance. Cette période où
tout est possible, où les choses parlent, lorsque la frontière entre réalité et
imaginaire est poreuse, où tout est possible, aussi. Matin vert est un conte
fantastique et le conte en général nous en apprend beaucoup, mais sans en avoir
l’air. Il n’explique rien, il raconte.
Astobelarra
- Je ne vais pas "spoiler" la fin de ton livre, mais la Soule et plus
généralement le monde dans lequel nous vivons prennent cher... Une petite
vengeance personnelle à assouvir ?
L.C : Aucunement. Mais j’espère pouvoir
discuter avec les lecteurs et lectrices du livre, après. Comment percevront-ils
la fin de l’histoire ? Est-ce que c’est une catastrophe, genre punition ou
bien faut-il espérer que quelque chose de ce genre arrive ? Moi-même je ne
suis sûr de rien. Et je trouve bien aussi que chacun puisse percevoir cette
histoire à sa manière.
Astobelarra
- Tu es le genre de gars a
avoir toujours le cerveau en ébullition. J'imagine que tu as déjà un nouveau
projet sur les rails. Tu peux nous en parler ?
L.C : J’ai plusieurs projets. Mais un, en
particulier, me tient très à cœur. J’aimerais écrire une histoire autour du
gazoduc. Certains se rappellent certainement de cet épisode qui avait fait
couler beaucoup d’encre, début des années 90. Je trouve le sujet riche,
intéressant à plus d’un titre. J’aimerais raconter cette affaire de gazoduc
sous fond d’histoire romanesque. Un genre de roman d’amour et de politique.
Tout un programme. Mais vais-je trouver le temps de m’y mettre ? …
lundi 24 juin 2013
Tribune 24 juin 2013 : Pour un avenir prospère en Pyrénées-Atlantiques
Ce jeudi 27 juin, le Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques se prononcera au sujet du projet de nouvelle route entre Lescar et Oloron. La question du climat est pour ainsi dire occultée du débat. Pourtant, chacun peut percevoir que le climat change. Pour être compris, l'enjeu de ce projet est donc à repenser dans le contexte actuel. Nous sommes à un carrefour et deux grandes directions se dessinent.
Nous pouvons favoriser un mode de vie fortement dépendant des énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon). La construction de nouvelles routes va dans ce sens et mettre en chantier l’axe Lescar-Oloron, c'est nier les conséquences du pic pétrolier[1] : un pétrole de plus en plus rare, un pétrole de plus en plus polluant à extraire et un pétrole de plus en plus cher. Faire ce choix revient à appuyer sur la pédale d'accélérateur du changement climatique avec les conséquences que l'on soupçonne déjà sur nos vies, et sur l'agriculture affectée par des pluies inhabituelles cette année. Accélérer le réchauffement du climat, c'est aller vers une augmentation très probable des évènements climatiques extrêmes[2] (la tempête Xynthia fit 51 morts en 2010[3]). Baser le développement économique et du territoire uniquement sur un pétrole bon marché relève de croyances et nous expose à des réveils très douloureux. Enfin, que va-t-on bien pouvoir exporter par cette route que l’on n’exporte pas déjà ? Pas grand-chose assurément. Et que va-t-on pouvoir importer par cette route que l’on n’importe pas déjà ? Pas grand-chose non plus. Donc cette route se justifie mal par rapport aux besoins locaux mais surtout pour améliorer les conditions du transport entre la France et l’Espagne sans réels bénéfices pour les habitants qui regarderont passer les camions (mais toutefois avec de vraies nuisances). Dans ces conditions est-ce bien raisonnable d’utiliser les ressources départementales dans ce grand dessein transnational ?
Ou, autre choix, nous nous engageons à faire sortir de terre une économie qui fonctionne sans énergies fossiles. Du temps, il en faudra, c'est certain. Mais surtout nous avons besoin de volonté, d'une vision et d'audace pour travailler tous ensemble, habitants, élus, associations et entrepreneurs (agriculteurs, industriels, commerçants, artisans…). Aller aujourd’hui délibérément vers cette transition avant que nos enfants y soient contraints par l’inéluctable cours des événements est porteur de sens.
Orienter différemment les 360 millions d'euros[4] (soit 2,3 milliards de francs) prévus pour réaliser la nouvelle la route Lescar-Oloron contribuera à nous faire mettre sur la voie d'un climat stabilisé, d'une économie dynamique à court et long terme et d’un plus grand bien être des habitants. Rendre les bâtiments publics à énergies positives, mieux les isoler, fera largement travailler les corps de métier du bâtiment. Acter une stratégie ambitieuse d'approvisionnement local des cantines en agro écologie augmentera l'activité des agriculteurs et des structures de transformations, comme le souhaite le Ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll[5]. Bien former les nouvelles générations à ces métiers d'avenir. Développer des transports en commun efficaces. Recentrer les politiques du Conseil Général sur sa première compétence, la solidarité[6], et plus particulièrement auprès des personnes âgées. Voilà cinq axes structurants pour notre avenir.
Une politique efficace doit répondre aux besoins d'aujourd'hui et de demain des habitants et s'actualiser au fur et à mesure que de nouvelles données sérieuses sont publiées. C'est tout à l'honneur de nos Conseillers Généraux de changer d'avis sur ce dossier – si ce n'est pas déjà fait – quand la situation les presse à le faire. Nous pouvons les y aider en les contactant pour leur faire part de notre préférence.
Martin Rieussec, Oloronais, co-fondateur du collectif Appel de la jeunesse.
[1] http://tribune-pic-petrolier.org/
[2] http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/ar4_syr_fr.pdf
[3] http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2010-03-01/bilan-la-tempete-xynthia-fait-51-morts/920/0/428887
[4] http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2013/05/17/pau-oloron-le-raccordement-a-l-autoroute-coutera-cher,1131792.php
[5] http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/agroecologie-faire-entrer-l-agriculture-francaise-dans-le-troisieme-millenaire-rapport-guillou-video-73465.html
[6] http://www.vie-publique.fr/animations/index5_depenses2011.html
Nous pouvons favoriser un mode de vie fortement dépendant des énergies fossiles (gaz, pétrole, charbon). La construction de nouvelles routes va dans ce sens et mettre en chantier l’axe Lescar-Oloron, c'est nier les conséquences du pic pétrolier[1] : un pétrole de plus en plus rare, un pétrole de plus en plus polluant à extraire et un pétrole de plus en plus cher. Faire ce choix revient à appuyer sur la pédale d'accélérateur du changement climatique avec les conséquences que l'on soupçonne déjà sur nos vies, et sur l'agriculture affectée par des pluies inhabituelles cette année. Accélérer le réchauffement du climat, c'est aller vers une augmentation très probable des évènements climatiques extrêmes[2] (la tempête Xynthia fit 51 morts en 2010[3]). Baser le développement économique et du territoire uniquement sur un pétrole bon marché relève de croyances et nous expose à des réveils très douloureux. Enfin, que va-t-on bien pouvoir exporter par cette route que l’on n’exporte pas déjà ? Pas grand-chose assurément. Et que va-t-on pouvoir importer par cette route que l’on n’importe pas déjà ? Pas grand-chose non plus. Donc cette route se justifie mal par rapport aux besoins locaux mais surtout pour améliorer les conditions du transport entre la France et l’Espagne sans réels bénéfices pour les habitants qui regarderont passer les camions (mais toutefois avec de vraies nuisances). Dans ces conditions est-ce bien raisonnable d’utiliser les ressources départementales dans ce grand dessein transnational ?
Ou, autre choix, nous nous engageons à faire sortir de terre une économie qui fonctionne sans énergies fossiles. Du temps, il en faudra, c'est certain. Mais surtout nous avons besoin de volonté, d'une vision et d'audace pour travailler tous ensemble, habitants, élus, associations et entrepreneurs (agriculteurs, industriels, commerçants, artisans…). Aller aujourd’hui délibérément vers cette transition avant que nos enfants y soient contraints par l’inéluctable cours des événements est porteur de sens.
Orienter différemment les 360 millions d'euros[4] (soit 2,3 milliards de francs) prévus pour réaliser la nouvelle la route Lescar-Oloron contribuera à nous faire mettre sur la voie d'un climat stabilisé, d'une économie dynamique à court et long terme et d’un plus grand bien être des habitants. Rendre les bâtiments publics à énergies positives, mieux les isoler, fera largement travailler les corps de métier du bâtiment. Acter une stratégie ambitieuse d'approvisionnement local des cantines en agro écologie augmentera l'activité des agriculteurs et des structures de transformations, comme le souhaite le Ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll[5]. Bien former les nouvelles générations à ces métiers d'avenir. Développer des transports en commun efficaces. Recentrer les politiques du Conseil Général sur sa première compétence, la solidarité[6], et plus particulièrement auprès des personnes âgées. Voilà cinq axes structurants pour notre avenir.
Une politique efficace doit répondre aux besoins d'aujourd'hui et de demain des habitants et s'actualiser au fur et à mesure que de nouvelles données sérieuses sont publiées. C'est tout à l'honneur de nos Conseillers Généraux de changer d'avis sur ce dossier – si ce n'est pas déjà fait – quand la situation les presse à le faire. Nous pouvons les y aider en les contactant pour leur faire part de notre préférence.
Martin Rieussec, Oloronais, co-fondateur du collectif Appel de la jeunesse.
[1] http://tribune-pic-petrolier.org/
[2] http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/ar4_syr_fr.pdf
[3] http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2010-03-01/bilan-la-tempete-xynthia-fait-51-morts/920/0/428887
[4] http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2013/05/17/pau-oloron-le-raccordement-a-l-autoroute-coutera-cher,1131792.php
[5] http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/agroecologie-faire-entrer-l-agriculture-francaise-dans-le-troisieme-millenaire-rapport-guillou-video-73465.html
[6] http://www.vie-publique.fr/animations/index5_depenses2011.html
lundi 13 mai 2013
Pensées sauvages
C'est couillon... J'étais en train de faire de l'ordre dans le bureau de mon ordi et je tombe sur ce texte. Mais impossible de me rappeler qui me l'a envoyé, ni quand ! Bon c'est pas grave, je vous en fait profiter ! Lurbeltz
En
tant que sanglier à poil dur des Pyrénées et porte parole des
«nuisibles», nos services de renseignement nous ont signalé qu'il
y avait, aux pieds de nos montagnes, un paquet de plantes
non-identifiées au répertoire naturel des espèces à croquer. Il
paraît que certains zumains ont semés dans la nature des plantes
masquées qui fichent la schkoumoun
aux insectes croqueurs et peut-être même aux zanimaux à sang chaud
comme nous. Est-vrai ?
Car
si nous, sangliers de père en fils, espèce non protégé, avec
l'ensemble des croqueurs de graines, des suceurs de sucs et de
pollen, nous ne pouvons plus circuler librement sans tomber dans vos
champs de mines anti-animal non balisés , que va-t-il advenir ?
C'est
non seulement nous et nos familles qui risquons d'être contaminés,
mais aussi bien d'autres encore !
Y
avez-vous pensé ?
Vous
les zumains, vous avez tellement proliféré et envahi nos espaces
naturels qu'il est devenu difficile pour nous de circuler d'une
région à l'autre et même d'aller à la plage avec les enfants sans
tomber sur vos fichues constructions, vos déchets en tous genres et
vos champs cultivés que nous croquons parfois car nous ne trouvons
rien d'autre à nous mettre sous la dent pour tenir la route. Et
après, vous nous traitez de «nuisibles»!
Ne
trouvez-vous pas que c'est un peu facile ?
Nous
faisons partie des minorités chahutées. Par la force, vous
avez colonisé des territoires entiers sans nous concerter, nous,
zanimaux et plantes sauvages.
Nous,
nous vivons à poil depuis des lustres sans complications . Nos corps
nus sont soumis aux rythmes de la nature et des saisons. Si nous
avons suffisamment d'espace vital, chaque période de l'année nous
apportent l'essentiel pour vivre.
Oui,
comment vous faire sentir nos vies en relation avec les éléments
entre terre et ciel, dans l'herbe et la broussaille tous les sens en
éveil ; vous faire percevoir combien nous
avons besoin d'espaces
naturels vierges ?
Mais
pour revenir à nos propos du début. Par précaution, demandez
encore et encore à vos chamans s'il est nécessaire de compliquer ce
lien qui nous relie tous à la nature, d'asservir encore et encore
plantes zé animaux, pour quels besoins ? Sincèrement, nous avons du
mal à vous suivre dans votre évolution, dans votre recherche d'un
«bien être».
Nous
constatons que nous ne partageons pas tout à fait la même
conscience de la nature.
Votre
sensibilité naturel perdu, nous craignons qu'après avoir inventé
autant de paradis artificiels et de solutions délirantes pour vivre,
vous ayez aussi perdu ce qui vous reste de raison.
Après
ces quelques pluies d'orages, c'est le moment pour nous d'aller comme
des petits fous nous vautrer dans la boue et, au passage, chasser
quelques (pensées sauvages) parasites !
Ensuite
- foi d'animal ! - nous irons soutenir ceux des
zoms qui prennent soin de leur nature,
qui cultivent avec tendresse pour
le bien de tous.
Car
nous tous dans la broussaille nous nous sentons concernés.
Animalement
et végétalement votre.
dimanche 12 mai 2013
En terre aborigène
Je viens de terminer la lecture de : "En terre aborigène - rencontre avec un monde ancien" de François Giner. A l'époque, j'avais écrit une note sur le livre (Mangareva) qui racontait comment des moines picpussiens s'y étaient pris pour dévaster en moins d'une cinquantaine d'année, une île paradisiaque de l'archipel des Gambier.
Ce livre-ci nous raconte comment en deux décennies seulement, les blancs ont réussi à détruire ce qui n'avait pas changé depuis 60 000 ans… Oui vous avez bien lu, 60 000 ans, ce qui est l'échelle moyenne et 40 000 ans l'échelle basse selon les estimations.
Il y a quelque chose de commun à l'ensemble des anciennes civilisations de la planète qui vivaient en harmonie avec la nature. Elles avaient toutes une vision cyclique et non linéaire de l'existence, "leur circuit toujours recommencé s'organisait selon un calendrier des saisons basé sur la floraison .../ … leur seul modèle était la nature qui a toujours été généreuse envers eux."
Mais ce livre est d'une tristesse incomparable, car il raconte comment meurent un à un les vieux aborigènes qui connaissaient les lois anciennes, les secrets de leur vieilles cultures et comment les jeunes, intoxiqués par la société occidentale, la Munanga wei, se détournent de ce monde ancien pour sombrer, la plupart du temps dans la drogue, l'alcool, la télévision…
C'est triste, mais si on ne lit pas ce livre, on ne peut pas comprendre tout ce que notre modèle de société a de pourri dans ses entrailles.
Ce livre-ci nous raconte comment en deux décennies seulement, les blancs ont réussi à détruire ce qui n'avait pas changé depuis 60 000 ans… Oui vous avez bien lu, 60 000 ans, ce qui est l'échelle moyenne et 40 000 ans l'échelle basse selon les estimations.
Il y a quelque chose de commun à l'ensemble des anciennes civilisations de la planète qui vivaient en harmonie avec la nature. Elles avaient toutes une vision cyclique et non linéaire de l'existence, "leur circuit toujours recommencé s'organisait selon un calendrier des saisons basé sur la floraison .../ … leur seul modèle était la nature qui a toujours été généreuse envers eux."
Mais ce livre est d'une tristesse incomparable, car il raconte comment meurent un à un les vieux aborigènes qui connaissaient les lois anciennes, les secrets de leur vieilles cultures et comment les jeunes, intoxiqués par la société occidentale, la Munanga wei, se détournent de ce monde ancien pour sombrer, la plupart du temps dans la drogue, l'alcool, la télévision…
C'est triste, mais si on ne lit pas ce livre, on ne peut pas comprendre tout ce que notre modèle de société a de pourri dans ses entrailles.
S'enfuir à quatre pattes de ce monde de fous, accepter tout ce qu'il y a de libre et de sauvage en soi, refuser les idées toutes faites, refuser la société de consommation, de compétition, s'éloigner du culte du travail, du toujours plus vite et du toujours plus compliqué, chercher à être soi-même... Telle est ma quête !
François Giner "En terre aborigène - rencontre avec un monde ancien". Latitudes Albin Michel
Description de l'ouvrage :
Leur culture vieille d'au moins 40.000 ans est l'une des plus anciennes
de l'humanité. Jusqu'à l'arrivée des Européens à la fin du XVIIIe
siècle, les Aborigènes ont vécu de chasse, de pêche et de cueillette en
harmonie avec une terre à laquelle ils appartenaient et qui nourrissait
leur spiritualité, leurs coutumes et leur organisation sociale. Estimés à
350.000 en 1788, les Aborigènes n'étaient plus que 50.000 en 1966 et il
ne reste aujourd'hui pas grand chose des 500 tribus d'origine.
L'intrusion des Blancs dans leur univers traditionnel a été d'une
incroyable brutalité : exterminés ou réduits en esclavage avant d'être
brutalement assimilés, décimés par les maladies et l'alcoolisme.
Aujourd'hui, la plupart ne survivent plus que dans une misère
désespérante et les plus jeunes perdent souvent tout contact avec leur
ancienne culture.
Originaire de l'Hérault, François Giner s'est immergé depuis 20 ans dans l'univers des Aborigènes. Il vit aujourd'hui dans une région reculée de la Terre d'Arnhem (à 700 km au sud de Darwin), au coeur de 400.000 hectares de bush. Un territoire appartenant au clan des Ngklabon. George Jangawanga, vieux sage aborigène, lui a accordé le premier son amitié, puis sa confiance, avant de lui donner un nom, Balang , et de le prendre pour frère. Avec les Ngklabon, François Giner va monter un projet de développement économique basé sur le tourisme culturel : l'établissement d'un camp qui accueille de petits groupes de voyageurs pendant la saison sèche. Son récit oscille sans cesse entre la beauté des paysages du bush, la richesse des traditions ancestrales, les récits de la création du monde, les rites complexes qui sont toujours respectés, mais aussi la lente dégradation des rapports humains, la désaffection des jeunes pour les coutumes, les ravages de l'alcool et de la drogue liés aux problèmes d'identité et de racisme, la colère et le désespoir des anciens, dépositaires de secrets qu'ils ne peuvent plus transmettre à quiconque.
Teinté de respect et d'affection, ce témoignage d'une rare authenticité restitue aux aborigènes d'Australie une humanité que deux siècles de colonisation leur a pour ainsi dire dénié.
Originaire de l'Hérault, François Giner s'est immergé depuis 20 ans dans l'univers des Aborigènes. Il vit aujourd'hui dans une région reculée de la Terre d'Arnhem (à 700 km au sud de Darwin), au coeur de 400.000 hectares de bush. Un territoire appartenant au clan des Ngklabon. George Jangawanga, vieux sage aborigène, lui a accordé le premier son amitié, puis sa confiance, avant de lui donner un nom, Balang , et de le prendre pour frère. Avec les Ngklabon, François Giner va monter un projet de développement économique basé sur le tourisme culturel : l'établissement d'un camp qui accueille de petits groupes de voyageurs pendant la saison sèche. Son récit oscille sans cesse entre la beauté des paysages du bush, la richesse des traditions ancestrales, les récits de la création du monde, les rites complexes qui sont toujours respectés, mais aussi la lente dégradation des rapports humains, la désaffection des jeunes pour les coutumes, les ravages de l'alcool et de la drogue liés aux problèmes d'identité et de racisme, la colère et le désespoir des anciens, dépositaires de secrets qu'ils ne peuvent plus transmettre à quiconque.
Teinté de respect et d'affection, ce témoignage d'une rare authenticité restitue aux aborigènes d'Australie une humanité que deux siècles de colonisation leur a pour ainsi dire dénié.
mercredi 1 mai 2013
Gasodiari ez
C'était en 92-93... 1993 évidemment. Mais 1993 c'était un peu mon 1793 à moi... 1793 c'était la révolution française. 1993 c'est ma révolution à moi, mon Mai 68. J'étais anarchiste / libertaire, je ne sais trop quoi, jusqu'au bout des ongles. J'écoutais Leo Ferré à tue tête dans la bagnole quand je montais à 5 h du mat bloquer les machines du côté de Bosmendieta à Larrau. Je n'avais plus de famille, pas encore d'enfants, pas de boulot, pas de bagnole et je lisais Rimbaud et Verlaine dans un apart déglingué à la Haute ville (Mauléon). C'est aussi là que j'ai découvert que j'habitais dans un pays qui s'appelle Euskal Herri, qu'il y avait des collabos, des résistants et une majorité silencieuse. Et c'est là aussi que j'ai compris qu'il fallait lutter dans la vie. Respect donc, en ce 1er mai, pour tous les travailleurs et travailleuses qui partout dans le monde luttent pour des conditions de vie meilleures.
vendredi 12 avril 2013
mercredi 3 avril 2013
Texte Korrika 18
"Langue maternelle.
On parle de langue maternelle parce qu'on naît par sa langue.
On parle d'accoucher parce que quand notre mère nous fait, nous la faisons mère à notre tour, accoucher c'est se faire l'un l'autre. Il se passe quelque chose de similaire avec la langue aussi. ...La langue nous crée et nous créons la langue. Nous sommes témoins l'un de l'autre. Nous vivons en nous donnant l'un à l'autre. La langue nous donne, nous donnons à la langue, nous sommes le souffle et l'être.
Celui qui apprend donne son sens à celui qui enseigne. Celui qui enseigne donne une direction nouvelle au parlant d'origine. Le parlant d'origine se doit de tendre la main à l'apprenant.
Nous nous devons tous de nous donner l'euskara les uns aux autres.
Ma langue maternelle est l'euskara. Mais qu'est-ce qu' une langue maternelle ? La langue maternelle n'est pas celle qu'on apprend en premier, ni celle qu'on reçoit du giron de sa mère, la langue maternelle est, pour moi, la langue avec laquelle on pense. La langue maternelle se trouve là où nous fabriquons nos raisonnements et nos images. Et il est possible qu'au cours d'une existence l'euskara devienne langue maternelle, il est possible d'apprendre à penser en euskara.
A vous qui êtes sur ce chemin, toute notre admiration et félicitations, et si quelqu'un vous dit que vous êtes des « nouveaux » basques, ou que l'euskara n'est pas votre langue maternelle, dites- lui bien qu'il ne fait pas bon être vieux, et par la même occasion, dites-lui que la langue maternelle n'est pas celle qui a été apprise en premier, mais bien celle qui crée la pensée.
Ce pays aussi, nous le penserons en euskara, ou il ne sera pas. L'avenir de notre pays dépendra de la langue qu'on lui choisira. Qu'on nous imposera de parler en d'autres langues ? Nous le savons bien. Ce pays devra réfléchir sur les autres langues, mais ce pays ne peut s'envisager dans d'autres langues, c'est en euskara que nous penserons ce pays, ou il ne sera pas.
Si nous voulons accoucher d'un pays, s'il faut qu'il naisse de quelqu'un, c'est de la langue maternelle que nous naîtrons."
On parle de langue maternelle parce qu'on naît par sa langue.
On parle d'accoucher parce que quand notre mère nous fait, nous la faisons mère à notre tour, accoucher c'est se faire l'un l'autre. Il se passe quelque chose de similaire avec la langue aussi. ...La langue nous crée et nous créons la langue. Nous sommes témoins l'un de l'autre. Nous vivons en nous donnant l'un à l'autre. La langue nous donne, nous donnons à la langue, nous sommes le souffle et l'être.
Celui qui apprend donne son sens à celui qui enseigne. Celui qui enseigne donne une direction nouvelle au parlant d'origine. Le parlant d'origine se doit de tendre la main à l'apprenant.
Nous nous devons tous de nous donner l'euskara les uns aux autres.
Ma langue maternelle est l'euskara. Mais qu'est-ce qu' une langue maternelle ? La langue maternelle n'est pas celle qu'on apprend en premier, ni celle qu'on reçoit du giron de sa mère, la langue maternelle est, pour moi, la langue avec laquelle on pense. La langue maternelle se trouve là où nous fabriquons nos raisonnements et nos images. Et il est possible qu'au cours d'une existence l'euskara devienne langue maternelle, il est possible d'apprendre à penser en euskara.
A vous qui êtes sur ce chemin, toute notre admiration et félicitations, et si quelqu'un vous dit que vous êtes des « nouveaux » basques, ou que l'euskara n'est pas votre langue maternelle, dites- lui bien qu'il ne fait pas bon être vieux, et par la même occasion, dites-lui que la langue maternelle n'est pas celle qui a été apprise en premier, mais bien celle qui crée la pensée.
Ce pays aussi, nous le penserons en euskara, ou il ne sera pas. L'avenir de notre pays dépendra de la langue qu'on lui choisira. Qu'on nous imposera de parler en d'autres langues ? Nous le savons bien. Ce pays devra réfléchir sur les autres langues, mais ce pays ne peut s'envisager dans d'autres langues, c'est en euskara que nous penserons ce pays, ou il ne sera pas.
Si nous voulons accoucher d'un pays, s'il faut qu'il naisse de quelqu'un, c'est de la langue maternelle que nous naîtrons."
mercredi 13 mars 2013
La neige
Le néflier ploie un sous la neige, mais les branches résistent. Ce n'est pas le cas de l'acacia au-dessus de la mare qui a emporté avec lui une partie du saule pleureur qui se trouvait en dessous.
Après la neige, en cette fin d'aprem, le ciel a bleui un peu. Ça a fait de très jolies couleurs. Et je profite du retour de l'électricité pour vous faire profiter de ces deux photos.
mercredi 6 mars 2013
Soutien à Hegalaldia
Mauléon lundi 4 mars
2013
Monsieur
le Président de la communauté des communes Xiberoa,
Mesdames
et messieurs les conseillers communautaires,
L'association
Hegalaldia est née en 2000 pour se charger du soin aux animaux sauvages. D’abord
basée à Uhart-Cize, elle obtient en 2003, suite à sa gestion de la marée noire
du Prestige sur les côtes Basques, un financement Européen visant à développer
le soin aux animaux sauvages. Elle obtient donc un permis de construire pour
édifier son centre de sauvegarde à Ustaritz
Hegalaldia a surmonté de nombreuses
difficultés visant à obtenir une reconnaissance officielle et devenir une
association déclarée d'intérêt général et agréée association de protection de
la nature. Cette structure est à ce jour la seule de ce type dans le
département. Elle se soumet à une réglementation en vigueur stricte en obtenant
une autorisation préfectorale d'ouverture, se dote d’un responsable vétérinaire
sanitaire et embauche, dans un premier temps, deux salariés sur la structure dont
un responsable capacitaire. De 2009 à 2012, l’association comptabilise 4
salariés dont deux salariés capacitaires (salarié capacitaire = la seule
personne autorisée à détenir à soigner et déplacer une espèce protégée)
Chaque
année, c’est une moyenne de 1000 animaux qui sont recueillis dont une centaine
d’espèces différentes (oiseaux, petits mammifères, reptiles et amphibiens) et
des centaines d’animaux traités à distance (qui meurent ou s’échappent avant
d’arriver sur la structure). Hegalaldia, c’est un hectare d’installations (un
bâtiment administratif, treize volières, trois piscines pour oiseaux marins,
une mare à cistudes, une infirmerie, une salle de stabilisation, une salle de
réhabilitation, un enclos à hérissons, six boxes de réhabilitations en
bâtiment, une chambre de congélation, une nursery…)
Mais aujourd’hui Hegalaldia
connaît de graves difficultés financières. Alors que l’activité de cette
structure ne cesse de croître d’année en année, les subventions publiques,
elles, diminuent et Hegalaldia a déjà licenciée une personne. Selon les
responsables, si l’association n’obtient pas 85000€ des collectivités
territoriales d'ici mars (ou des engagements allant dans ce sens) le centre de
soins devra fermer ses portes.
Pour ce qui est de la
Soule 1% des accueils d'animaux proviennent chaque année de ce secteur et en
2012 c'était 2%. 7 bénévoles ambulanciers sur ce secteur acheminent les animaux
trouvés lorsque l’association ne peut pas se déplacer. Le centre de soin
Hegalaldia comptabilise une dizaine d'appels téléphoniques en plus des
appels liés à ces accueils ce qui représente 45 minutes de communication
entrante. Les responsables d’Hegalaldia nous informent que la problématique du
Vautour fauve à Saint Engrâce est très préoccupante. En effet, cette
association intervient dans les Gorges de Kakueta, pour récupérer des vautours
fauves qui entrent en contact avec le public. Il leur faut bien 2h pour arriver
à Kakueta, puis 1h de marche dans les gorges, puis 30 minutes de
sensibilisation. Car Hegalaldia alerte le public sur ces dangers et informe sur
la biologie du Vautour.... puis il faut de nouveau 2h de trajet pour rentrer au
centre. Ensuite, pour un vautour, il faut beaucoup de viande, des
médicaments.....toute une logistique pour l'amener jusqu'a l'envol.
Pour rentrer dans ses
frais, l’association Hegalaldia nous confie qu’il faudrait que la communauté de
commune de Soule finance Hegalaldia à hauteur de 4500€. Hegalaldia a décidé
suite à son Assemblée Générale de ne plus intervenir sur les communes et
communauté de communes qui ne participent pas financièrement à la prise en
charge de leurs animaux.
Nous,
association souletine dont le siège social se trouve à Mauléon, demandons à la
communauté de communes de produire son effort, au niveau qui est le sien, ni
plus ni moins.
Notre maison d’édition
dont la devise est de « Remettre l’humain au cœur de la nature et la
nature au cœur de l’humain », s’associe de tout cœur à l’appel du centre
de soin Hegalaldia. Nous ne pouvons pas imaginer que cette structure, après
avoir produit autant d’efforts, disparaisse ainsi, alors même que nous avons de
plus en plus besoin d’elle.
En
espérant, Monsieur le Président de la communauté des communes Xiberoa, Mesdames
et Messieurs les conseillers communautaires, que vous répondrez favorablement à
cet appel.
En
attendant, veuillez recevoir l’assurance de nos meilleurs sentiments.
Les éditions Astobelarra / Le Grand Chardon
Site internet
d’Hegalaldia : http://www.hegalaldia.org/
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