lundi 7 septembre 2009

La peur de la nature

"La nature, c'est ce qui existe en dehors de toute action de la part de l'homme." François Terrasson rumine dans son livre à la pensée que la place qui est accordée à une nature libre et sauvage se réduit. Il s'emporte contre les parc nationaux et il est convainquant. Sur ce point, je sais que mon tonton qui est un marcheur invétéré me tenait un propos de ce genre sur les parc nationaux et je ne comprenais pas bien. Maintenant, j'ai compris. Il faut dire que la démonstration est éclatante.
"Peintre romancier, sculpteur, il aura droit à une certaine admiration mais ne fera pas partie des choses sérieuses. Comme la nature dont il est en quelques sorte une émanation. A chaque fois que les pulsions sensibles se feront jour chez un individu ou un groupe, l'étiquette nature lui sera tatouée sur la peau". Pourtant, il y a Picasso, avec son amour de la corrida ! De quel peintre parle François Terrasson ? Peut-on dire que tous les peintres ou romanciers sont l'émanation de la nature ? Non bien sur. Mais l'art sonde le monde avec des tentacules pour nous le montrer autrement et peut-être autrement plus vrai que nous le voyons.
"Les peuples qui prennent leurs enfants pour des gamins complètement mineurs et assistés perpétuels sont de grands aménageurs de milieu naturel, de grand modificateurs d'écosystème. Et le premier système auquel ils s'attaquent c'est la jungle des pulsions enfantines". Et là l'étiquette, je l'ai en pleine poire. Ô que je comprends cette phrase parce que je l'ai vécu dans ma chair. Car je crois savoir ce qu'il y avait de sauvage en moi et pourtant d'essentiel à ma survie. Et je crois savoir aussi ce que l'art peut et effectivement, cela à sans doute à voir avec la folie, la liberté, le sauvage.
"On ne peut pas éradiquer la nature extérieure si on n'éradique pas la nature intérieure. Donc on va fusiller l'émotivité des êtres humains en fusillant la nature."
cette simple phrase est très riche de sens et il y a de quoi méditer.
Difficile de décrire et de résumer toutes les implications que recèlent ce livre et je sens que j'ai fait là un bien piètre résumé.
Ce livre est un monument, une bible et je le conseille à tout le monde.
A moi, il m'a confirmé dans mon sentiment intérieur, il m'a permis d'analyser mon propre parcours sous un angle que je n'avais pas imaginé. Et comme dirait ce très cher André Cazetien, je ne doute pas qu'il pourrait être pour beaucoup un "salutaire électrochoc".

La peur de la nature - François TERRASSON - Editions Sang de la Terre

vendredi 4 septembre 2009

Le rallye décime

Pour fêter le rallye des cimes 2009 je repasse le texte que j'avais écrit en 2001

“ La Soule c'est le paradis des chasseurs et des 4 x 4. La première fois qu'on est allé en Soule, c'est d'abord ce que l'on a vu : des 4x4 grondants d'où descendaient des hommes habillés à la Bigeard avec des gros fusils. Alors, on a dit que dans la montagne de Soule, en automne, quand elle est la plus belle, on se croirait à Verdun tellement ça tire." Extrait du guide du Routard.
J'ai le front comme la proue du Titanic, sauf qu'il n'y a aucun iceberg en vue. Je prends les embruns agrestes dans les naseaux comme un cheval au galop sur une terre vierge, un océan de verdure, qui dure, qui dure. Sous mes bras, dans mon cou, sous mon maillot, l'immense ventilateur élimine la sueur au fur et à mesure, je n'ai pas froid, je n'ai pas faim, je suis bien. À Menditte, je sais que Basabürüa va bientôt montrer sa tête de femme secrète, et je pédale comme un champion pour la rattraper. Mon vélo, un Ocean-Express, VTT de son état, vert et jaune, gonflé à l'énergie musculaire, se grise et me sourit en me disant que la dernière montée de Sainte-Engrâce, on se la fera comme en 97, quand on avait des jambes de sanglier culturiste.
Puis un mugissement faible venu de loin vient rompre l'équilibre fragile du moment. Rien de bien grave, rien d'anormal, mais ma crainte se confirme lorsque ce véhicule, un « tout et rien » moche comme ceux du Paris-Dakar me double en vrombissant tel un animal dressé pour tuer. Au passage, il semble me dire « poussez-vous j'arrive, tremblez braves gens ! » Il pue, il pète à mon passage et vomit sa vitesse juste sous mon nez. “C'est ça, barre-toi”, me dis-je ! Et puis c'est l'avalanche. Deux, quatre, dix, vingt, quarante motos, autos et autres engins excités me doublent en gueulant, en puant, en poussièrant et le paysage jusqu’alors sensible se métamorphose ; les feuilles se retournent, les herbes se couchent, les oiseaux se terrent, l'air s'abat et s'affaisse dans le fossé, le nez en sang, la gueule ouverte.
C'est le week-end du rallye des cimes.
Je devrais plus souvent me tenir au courant de l'actualité sportive cela me tiendrait à l'écart de ce genre de désagrément. Mais il m'est aussi difficile d'ouvrir la page des sports qu'écouter radio Mendililia plus de trois minutes.
À Sauguis, la dernière voiture se détache ; allez va donc, eh ! Automobile ! À Trois-Villes, je reprends mon souffle, je déconnecte mon apnée, mes oreilles se débouchent, mes yeux caressent paisiblement le décor, ma bouche embrasse les premières collines, et les voitures normales me paraissent presque sympathiques. Je recompose le paysage en même temps que mes sens, je reprends ma route sous mon coude, je m'approprie le bitume en zigzaguant entre les lignes blanches, je joue du pied avec les longues herbes qui bordent la route et qui me fouettent les mollets. Ouf ! Ils sont partis. À moi Atarratze, à moi Basabürüa, à moi Santa-Grazi !

Le 7 septembre 2001

mercredi 2 septembre 2009

Appel à textes "paroles d'écolos" (Rappel)

RAPPEL !

Il est encore temps de participer au projet "Paroles d'écolos".
Vous avez jusqu'au 30 septembre pour écrire un texte qui parle de la nature, celle qui est en nous et celle qui est en dehors de nous, selon la définition d'Astobelarra Le Grand Chardon.
Les textes sélectionnés constitueront un livre à paraître vers la fin du premier trismestre 2010. Ce livre s'appellera "PAROLES D'ÉCOLOS".
L'objectif est de donner la paroles à tous ceux qui s'inquiètent du sort que nous infligeons actuellement à la planète et que nous nous infligeons donc à nous-même.

Toutes les infos sur le blog

http://parolesdecolos.com


A vos plumes, a vos claviers !

Envoyez vos textes :
Par internet : astobelarra@live.fr
Par courrier : Association Astobelarra / Le Grand Chardon Alkarte
Maison Pastou etxea
64130 Mitikile / Moncayolle


dimanche 30 août 2009

Soyons lucides !

Soyons lucides, en regardant le calendrier cosmique.
Cela faisait pas mal de temps que j'avais lu dans un livre, le calendrier des évènements de l'histoire de la planète et des hommes, rapporté à un jour ou une année. Je pense avoir lu ça dans un livre de Bernard Werber ou d'Albert Jacquard, mais impossible de retrouver le livre où j'ai bien pu lire cela. Si vous avez une idée, vous serez aimable de me l'indiquer. Et voilà que coup sur coup, je tombe sur deux éléments à ce sujet dans un livre et un site sur internet
D'abord sur le livre de François Terrasson que je suis en train de lire, "La peur de la nature". Je le cite :
"- La terre n'est pas la planète des hommes. Pendant des centaines de millions d'années, d'autres être vivants ont occupé les lieux où se trouvent maintenant nos maisons, nos lits et nos chaises.
Si cette gigantesque durée qui nous a précédés était réduite à une journée, c'est-à-dire vingt-quatre heures, l'homme n'apparaitrait que dans la dernière seconde avant minuit".
Dans le site Terre sacrée, ils ont décliné cela en détail sur quatre pages A4.
Pourquoi ce calendrier me parait important ? Parce qu'il remet l'homme à sa juste place.
Quand on regarde nos activités quotidiennes, on donne tellement d'importance à tellement de conneries, on est tellement persuadé d'être, les zommes, les rois du monde, les rois du pétrole, que ça ne peut nous faire que du bien de regarder à quoi correspondent les 2000 ans qui nous précèdent, les 150 à 200 ans de notre ère industrielle, compte tenu que ce calendrier commence par... le big bang
L'homme qui croyait être le centre de l'univers, doit comprendre maintenant qu'il n'est même pas le centre de la terre. Dure la chute !

jeudi 27 août 2009

refusons les prélèvements d'ADN

Pour le maintien de nos libertés individuelles, refusons les prélèvements d'ADN

Le 17 janvier 2008, à l’appel d’ELB (Confédération Paysanne du Pays Basque) et du GFAM Lurra (aide à l’installation des jeunes paysans), 200 personnes se rassemblent devant les locaux de la Safer Pays Basque (gère le foncier rural). La Safer doit donner son avis sur l’avenir de la ferme Kako, exploitée depuis près de 3 ans par un jeune qui en demande l’acquisition ; il est soutenu par ELB. Au dernier moment, la Safer opte pour une autre candidature, arrivée hors délai. Après une légère bousculade avec les gendarmes, les manifestants obtiennent qu'une délégation soit reçue par les membres de la Safer. 15 jours plus tard, la réponse répressive arrive avec six arrestations, dont celle de Jean Michel Ayçaguer, militant syndical. Le procès donnera lieu à des condamnations de 2 à 4 mois de prison avec sursis pour 3 militants, des amendes pour les trois autres.
Jean Michel Ayçaguer (deux mois avec sursis) a refusé durant sa garde à vue d’autoriser une prise d’ADN. En décembre dernier, les gendarmes viennent le convoquer à nouveau. Il subit une garde à vue de quelques heures mais maintient son refus. C’est pour avoir refusé la prise d’ADN qu’il passe en jugement le 29 septembre prochain.

Pétition de soutien à Jean Michel Ayçaguer,
militant syndical refusant de se soumettre au prélèvement ADN

Lors de sa création par la loi du 17 juin 1998, le fichier national des empreintes génétiques (FNAEG) avait pour finalité de répertorier les délinquants sexuels. Les lois « sécurité intérieure » (18 mars 2003) et Perben II (mars 2004) ont successivement étendu le champ des personnes fichées. Des personnes condamnées ou simplement suspectées des infractions les plus banales, vols à l'étalage, dégradation d'abribus…sont aujourd’hui systématiquement soumises à ce fichage qui s’étend jusqu’aux militants syndicaux, écologistes (faucheurs OGM)… Par contre les auteurs de délits financiers (abus de biens sociaux, trafic d'influence, corruption...) échappent au fichage génétique.

Les données ADN sont gardées dans le FNAEG par la police et l’Etat, pendant 40 ans pour les personnes condamnées, 25 ans pour les autres. Il est possible de refuser le prélèvement ADN…mais ce droit est un délit passible d’un an de prison et 15 000 euros d’amende ! Voilà la peine qu’encourt Jean Michel Ayçaguer.

Ce qui arrive à Jean Michel peut arriver à n’importe qui d’entre nous (un million de personnes sont aujourd’hui fichées en France, avec près de 30 000 nouveaux prélèvements chaque mois).

Nous dénonçons l’extension du FNAEG et le détournement de ses finalités initiales.
Nous soutenons le refus de se soumettre au prélèvement ADN et à son fichage.

Nous soutenons Jean Michel, militant syndical, car nous considérons le fichage ADN des syndicalistes comme une entrave à l’action syndicale. De façon générale, nous considérons qu'un tel fichier regroupant tous les opposants sociaux ou politiques aux gouvernements en place présente un grave danger pour les libertés fondamentales.
Et nous soutenons Jean Michel car nous exigeons le respect de l’intégrité et de la liberté individuelle.

Signons, faisons signer massivement cette pétition.
Rendez-vous au procès le 29 septembre, soyons y nombreux!

Pour le maintien de nos libertés individuelles, refusons les prélèvements d'ADN

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Norberaren askatasunak zaintzeko, ADN hartzeak uka ditzagun

2008ko urtarrilaren 17an, ELB sindikatuak eta Lurra GFAMek deiturik, 200 pertsona bildu ziren Safer-eko bulegoaren aintzinean. Egun hartan, Saferek Kako etxaldearen geroari buruzko iritzia eman behar baitzuen. Oroitarazi behar da 3 urtez gazte bat lanean ari izan zela KAKOn eta etxaldea erosi nahi zuela, ELBren sostenguarekin. Azken momentuan alta, Saferek lehentasuna beste norbaiti ematea erabaki zuen, nahiz eta izena epez kanpo eman. Safereko bulegoaren ainztinean ziren jendarmekin elkar bultzaka aritu ondoren, Saferek manifestarien delegazioa errezibitu zuen. 15 egun berantago erantzuna etorri zen : 6 pertsona atxilotuak, tartean Jean-Michel Ayçager, sindikatu militantea. Auzian, 3 militantek presontegi zigorra jaso zuten, sursiarekin (2 eta 4 hilabete artean), beste hiruek isunak.

Jendarmerian atxikia izan zelarik Jean-Michel Ayçagerek bere ADN-a hartzea ukatu zuen eta joan den abenduan, jendarmek horregatik zonbait orduz atxilotu zuten. Hala eta guztiz ere ukatzen segitu du eta ondorioz , ADN hartzea ukatzeagatik, auziperatua izanen da, Baionan, heldu den irailaren 29an.

Jean Michel Ayçager, sindikatu militantea,
ADN hartzea ukatzeagatik auziperatuaren aldeko sostengu izen bilketa

1998ko ekainaren 17ko legeak sortutako aztarna genetikoen fitxategiak (FNAEG frantsesez : Fichier national des empreintes génétiques), sexu delitugileak zerrendatzea eta sailkatzea zuen helburu. Barne sekuritateari buruzko legeek (2003ko martxoaren 18) eta Perben II-koek (2004ko martxoan), hurrenez hurren, pertsona fitxatuen eremua hedatu dute. Ondorioz, gaur egun, lege hauste arruntengatik kondenatuak edo susmatuak diren batzuk fitxategi honetan sailkatuak dira; halaber eta haratago sindikatu militanteak, ekologistak (jitez aldaturiko landareen aurkako ekintzak burutzen dituztenak adibidez) ... Finantza delituak (ustelkeria kasuak, eragin trafikoa, ondasun sozialen desbideratzeak...) burutzen dituztenak aldiz ez ¡

Auzi baten ondorioz kondenatuak direnen ADN datuak poliziak eta estatuak 40 urtez atxikitzen ditu, 25 urtez beste kasuetan. ADN hartzea ukatzen ahal da... baina ustezko eskubide hau delitu bat da, urte bat presontegi eta 15 000 euroko isuna balio duena ! Hau da Jean-Michel Ayçagerek arriskatzen duen zigorra.

Jean-Micheli gertatzen zaiona edozeini gerta dakioke (milioi bat pertsona fitxatuak dira gaur egun Frantzian; abantzu 30 000 hartze berri burutzen denean hilabetero).

FNAEG fitxategiaren hedatzea salatzen dugu baita bere hasierako helburuen desbideratzea ere.

ADN hartzea eta sailkatzearen ukatzea sostengatzen dugu.

Jean-Michel sindikatu militantea sostengatzen dugu, sindikalisten ADN hartzeak eta sailkatzeak ekintza sindikala trabatzeko eginak baitira. Orokorki, gobernamenduen politikaren aurka ari diren guztien datuak bil eta atxik ditzakeen horrelako fitxategi batek oinarrizko askatasunak zalantzan ematen dituela salatzen dugu.

Jean-Michel sostengatzen dugu, norberaren askatasuna eta duintasunaren errespetuaren izenean.

Arrazoin guzti hauengatik dugu testu hau izenpetzen eta ahalik eta jende gehieneri izenpetarazten.

Denak bil gaitezen 2009ko irailaren 29ko auzian !

Pour le maintien de nos libertés individuelles, refusons les prélèvements d'ADN


lundi 24 août 2009

CHANGER LA COUCHE DE VOTRE BÉBÉ

CHANGER LA COUCHE DE VOTRE BÉBÉ (EN QUELQUES MINUTES)

Par le professeur Lurbeltz Arrambide

Lurbeltz Arrambide, membre de l’académie basque est aussi spécialiste des enfants en bas âge. Il est l'auteur du livre « Le b. a.-ba des bébés» et de "Les bobos des bébés" aux éditions "Enfance en face". Notre envoyé spécial Txomin Larramendy était présent le 30 juin dernier pour assister à sa démonstration du changement de la couche d’un Bébé.

Il a fait caca ? Biiiiennn !
L'important, c'est l'or-ga-ni-sa-tion. Approchez-vous bien autour de moi, ne soyez pas timide ! Voooiilaaaa !
D'abord, prendre trois cotons. De préférence utiliser des cotons carrés qui ne peluchent pas. Les disposer sur un meuble à proximité immédiate de la table à langer. Verser quelques gouttes de liniment oléocalcaire sur chaque coton. Le liniment, ça coute la peau des fesses. On peut aussi fabriquer du liniment en mélangeant une quantité d’huile d’olive et une quantité d’eau de chaux. Disposer ensuite de l'éosine et de la biafine à portée de main, à cause que le petit il a les dents qui poussent. Ah ! oui, pardon, soyons précis. N'hésitez pas à m'interrompre comme cela. Il a les fesses asséchées, parce qu'il a les dents qui poussent, ceci explique cela. C'est très logique. Ou alors c'est parce qu'il a les fesses asséchées qu'il a les dents qui poussent, cherchez pas à comprendre, les lois des bébés sont impénétrables. Je n'ai rien oublié ? Ah si ! Le joujou. Je vous expliquerai ça en temps voulu. Très important le joujou.
Coucher l'enfant sur la table à langer et le mettre en condition. Surtout ne pas le stresser car ça compliquerait rudement la tache. Lui chanter une chanson qui décontracte. Un truc mou genre Etienne Daho. "J'fais un voeu faire un duel au soleil...". Vous mêmes, faites quelques mouvements de la tête d'avant en arrière et de droite à gauche, quelques flexions pour vous décontracter. "... Je rêve d'un duel avec toi..." Respirez profondément, ouvrez la fenêtre, récitez trois pater et deux avé, faites le signe croix ou tout autre signe qu'on vous a appris. "...En haut de la falaise rebelle ..." Le bras d'honneur et l'utilisation du majeur en extension sont rigoureusement prohibés... "...Provoc et duel avec toi..." .
On enlève la couche. Vooiiilàààà ! Avec la couche sale on enlève le plus gros du caca, et on retourne la couche en coquille sous les fesses du bébé pour éviter de salir la serviette sur laquelle repose l’enfant, autant que faire ce peu.
C'est là que commence la course contre la montre. Vite ! Donner le joujou au petit. Comment dites-vous ?Pourquoi ? Pour qu'il ne mette pas les mains dans le caca, imbécile ! Opération diversion. Maintenant priez que le joujou fasse son effet de subjugation suffisamment longtemps. Il faut profiter de l'effet de surprise.
On fonce les gars. Nettoyer la merde avec le premier coton linimenté... Vooiiilàaaaa ! Zut où est la poubelle ? Bon ! Vous mettez le coton sale où vous pouvez et vous prenez un autre coton propre. Vous.... Vous ramassez le jouet du bébé s'il est tombé par terre, lààààà ! et .... ATTENTION ! NOM DE DIEU ! Tenir bien le bébé. Vous nettoyez sa main qui est pleine de caca, avec le coton linimenté.
Vous reprenez un coton linimenté, voilàààà. Comment vous dites ? Oui il y a encore du caca et… ATTENTION LE BÉBÉ MET LES MAINS DANS LE...
Vous reprenez un... Où est le coton ? Donc vous prenez le liniment et vous le faites couler sur un coton. Aie aie aie ! Vous ramassez les cotons qui sont tombés par terre. Vous prenez un coton sale qui est tombé par terre, vous mettez le liniment. Comment vous dites ? J’ai marché sur le coton ? Le bébé s'est mis du caca sur son body et j’en ai aussi sur le coude et le col de ma chemise ? D'accord ! C’est pas grave. Vous enlevez le body du bébé et la couche sale ... Où elle est ? NOM DE DIEU ! LE GOSSE JOUE AVEC ! D'accord ! Vous jetez la couche sale par la fenêtre et... Comment vous dites ? Euh ! C'est moi le professeur oui ou merde ?
Vous mettez de l'éosine là où le bébé a les fesses abîmées en appuyant sur la pipette et en tapotant avec un morceaux de coton. Vous passez la biafine. Làààà ! Comment vous dites ? Le jouet est encore tombé ? Exact ! De toute façon, il était plein de merde... Oui je sais, le petit met les mains pleines de caca, dans la biafine et l'éosine. A ce moment-là vous mettez en place la technique d'urgence. Pas facile. Vous tenez très fortement les deux mains et les deux pieds du bébé vers son visage, vous maintenez l'ensemble que vous contenez en appuyant avec le coude. Oui je sais, c'est pas simple et... Comment vous dites ? Il pleure et s'étouffe un peu ? Vous voulez qu'on lave ces fesses oui ou non ? Alors patience ! Maintenant, vous êtes super à l'aise pour finir de mettre la biafine. Vooiilaaaaa !
Vous prenez une couche propre. Je conseille une couche lavable. Les couches lavables, c'est plus écologique. Vous mettez les inserts en coton dans la couche lavable, lààààà ! ... Et... Et... Et il refait caca ! D'accord ! Vous jetez le bébé par la fenêtre et vous allez rapidement sous la douche laver la serviette.... Comment vous dites ? C'était le contraire, bon !
Ben voilà hein, Un de moins qui ne fera plus caca.
Et retenez bien ce que je vous ai dit au début. L'important, c'est l'or-ga-ni-sa-tion.

Dans notre prochaine étude nous verrons comment gérer des enfants lors d'un repas d'affaires en présence d'un préfet, d'un ministre, ou d'un député.

samedi 22 août 2009

Pierre Desproges "Textes de scène"




Je viens de lire "Textes de scène" de Pierre Desproges.
Si je devais revendiquer une filiation, en matière d'écriture, ce serait celle de Desproges, d'abord. Enfin ! Filiation, en vérité, je n'ai lu les "Chroniques de la haine ordinaire" qu'après l'écriture de mes Pensements. Mais en lisant ces chroniques j'ai reconnu mon maitre et mon frère en écriture. Une écriture savamment triturée qui s'amuse avec la réalité et qui essaie de la circonscrire. Du grand art.
Une autre filiation ce serait celle de Renaud avec ses chroniques écrites pour Charlie-Hebdo, rassemblées dans le recueil "Envoyé spécial chez moi".
Et puis tant que j'y suis, il y a Coluche et l'intégrale de ses sketches qui vient d'être édité aux éditions Le livre de poche, illustré par Cabu et Wolinski. La bible de l'humour.
- "Envoyé spécial chez moi" de Renaud
- l'intégrale de ses sketches de Coluche
- Chroniques de la haine ordinaire I et II de Desproges
Je viens de faire l'acquisition d'un recueil de chroniques de Christian Laborde. "Collector"... Après feuilletage rapide, diagonalisation et connaissant la plume de C.Laborde, il se pourrait bien que je rajoute très bientôt une quatrième bible. Mais j'aurais l'occasion d'en reparler.
Ci-dessous un extrait des "Textes de scène" de Desproges.


J’ai envie de tuer quelqu’un.

C’est assez urgent.
Ca aussi, j’aurais peut-être dû en parler à mon psy, mais finalement, j’ai préféré me confier à mon armurier.
Vous allez me dire : « Et le respect de la personne humaine ? »
Mais où avez-vous vu qu’elle était respectable la personne humaine ?
Vous avez entendu chanter Francis Lalanne ?
Vous avez entendu penser un footballeur ?
Vous avez vu les yeux morts des terrifiants zombies à chapeau mou alignés devant les chars apocalyptiques des 1er Mai moscovites ?
Avez-vous entendu le décérébré radiophonique meugler les résultats du « Top 50 » ?
Avez-vous reniflé les effluves de sang lourd épanché du taureau sacrifié au crétin bariolé qui brandit sa queue fauve au nez des connes humides des étés madrilènes ?
Avez-vous touché du doigt le fin fond de la bassesse au front des marchands de femmes accroupies ?
Avez-vous, sans bouillir, essayé Génie ?
Vous avez lu Télé 7 jours ?
Vous vous êtes regardés ?
Vous m’avez vu dans la glace ?

Desproges.

mardi 18 août 2009

L'os de dionysos








Après avoir lu "Corrida basta" de Christian Laborde, je me suis jeté sur "L'Os de Dionysos". Je l'ai grignoté jusqu'à la moelle. Je dirai même que je l'ai un peu sucé. Une sorte de fellation littéraire, peut-être, pour rendre hommage à la déesse Fellacia dont parle le livre. Les livres sont tellement plus chez moi que du papier à lire, que je ne suis pas très loin du compte. Il y a toujours eu du doudou là dedans. Et qu'est-ce qu'on fait avec un doudou ?
J'ai aimé ce livre parce qu'il parle de la liberté d'être soi même et que c'est un thème qui m'intéresse au plus haut point. Il y a un air de liberté qui souffle dans ces pages, l'envie d'aller au bout d'une idée de liberté.
Puis il y a les mots qui sont scandés comme les percussions dans une musique de jazz, le balai en arrière fond. Ça me fait penser à Claude nougarot qui disait que quand il écrivait, c'était avec le jazz au fond des oreilles, quelque chose comme ça. C'est peut-être pour cela que Christian Laborde et Claude Nougarot se sont beaucoup appréciés. C'est ça que j'aime beaucoup dans la littérature, c'est-à-dire le plaisir que l'auteur prend à jouer avec les mots, les sentiments et les idées.
Ah oui, le personnage du roman est professeur dans un établissement scolaire privé, "conformiste et mesquin", comme le dit le quatrième de couv. "Collège privé" (je rajouterai catholique) et "conformisme" c'est ce qu'on appelle un pléonasme. Ou alors il faut le dévouement d'un ou deux enseignants qui se ruinent à faire bouger la montagne de marbre. (On va encore me dire que je me spécialise contre l'église en ce moment... Aih !).

RÉSUMÉ :

"Le 12 mars 1987, L'Os de Dionysos a été interdit pour " trouble illicite, incitation au désordre et à la moquerie, pornographie et danger pour la jeunesse en pleine formation physique et morale " par le Tribunal de Grande Instance de Tarbes. En mettant en scène, dans un récit érotico-satirique virulent et provocateur, le conformisme et la mesquinerie d'un établissement scolaire privé, Christian Laborde a obtenu un succès de scandale qui ne doit pas faire oublier la somptuosité verbale d'un jeune écrivain émule des surréalistes, salué par Claude Nougaro aussi bien qu'André Pieyre de Mandiargues."

QUELQUES LIENS