mardi 11 août 2009

Belagileen trajeria

Je ne vais pas vous la faire "Ah ! La pastorale 2009 est un bon cru". Pour savoir si c'est un bon cru, il eut fallu que j'y aille chaque année. Surtout que ce n'est que la troisième pastorale que je vois. La première que j’ai vue, celle de Garindein en 1996, causait de Sabina Arana Goiri. Un type éminemment, excessivement raciste et chrétien à peu près autant, qu'on devrait l'oublier. Si ce n'est que c'est lui qui a inventé l'ikurrina (drapeau basque), le terme abertzale, le nom d'Euskadi (c'est-à-dire que si on voulait l'oublier, c'est raté). Non, ce n'est pas lui qui a inventé l'irrintzina, lauburua, txalaparta, makila, zuzulua ni la marque Kukuxumuxu (ouf!). L’autre pastorale que j’ai vue, celle de Mauléon en 2004 avec Antso Handia racontait l'histoire d'un roi de Navarre vers l'an mil . La première, ça ne m'avait fait ni chaud ni froid ni tiède. La seconde m'avait intrigué sans plus. Mais Belagileen Trageria m'a fortement emballé. Est-ce que c'est la qualité de la pastorale ou est-ce que je suis mûr aujourd'hui pour apprécier la pastorale en général, comme on passe de l’enfance à l’âge adulte en appréciant le vin ? Ez da kit xuxen. Le thème m'intéressait particulièrement. Il parle d'un juge royal qui, en 1609, fit un procès à des sorcières du Labourd - ou présumées sorcières, on s'en fout, des femmes quoi - qui furent brûlées vives. Il parle des conditions de vie difficiles des basques à l'époque et surtout des femmes. Il met l'accent sur la connerie de ce juge royal, Pierre de Rosteguy, alias De Lancre et évidemment le rôle puant d' Henri IV. Pouvoir, justice, église réunites pour faire chier le monde.
Oui et l'église dans tout ça ? Aaaaah église, église chérie, je t'adore, je te roulerais des pelles ! Mais des pelles mécaniques pour t'arracher la gueule.
Localement, l'église, elle s'en sort de justesse grâce à quelques curés qui ont pris le parti des sorgin. Mais l'église étant ce qu'elle était à l'époque - c'est-à-dire une ordure puante qui avait quand même réussi à éradiquer les pratiques païennes et tout ce qui va avec, c'est-à-dire un certain rapport avec la nature, avec la sexualité, un certain regard sur le monde - il ne fallait pas trop lui demander. Si localement elle n’a pas joué de rôle prépondérant, on peut dire que dans les hautes sphères elle a contribué au massacre. De toutes façons, elle préparait le lit du massacre depuis son interprétation abrasraccourciste des paroles d’un certain Jésus Christ. Comme le raconte Jean Louis Davant dans le livret de la Pastorale, l’inquisition ne les recherchait guère (belagileak). Son but « était de combattre l’hérésie intellectuelle, dogmatique, surtout chez les clercs et les penseurs, étant donné que le poisson pourrit par la tête ». Il y a l'évêque d’Echauz qui retourne sa veste mais une fois que le feu a tout brulé, lorsque la messe est dite en quelques sortes. Aujourd'hui l'église est calmée mais uniquement parce qu'elle n'a plus grand-chose à se mettre sous la dent et que ses adeptes fondent comme neige au soleil. Mais ce monde est le sien. C’est elle qui l’a fabriqué par dessus les décombres de l’ancien monde. Elle n’a plus qu’à piétiner le champ de ruines dont elle est à l’origine et ricaner comme une démente, emmerder les Africains avec son abstinence, son zizi rentré qu’elle n’a pas réussi à nous imposer mais qu’elle cherche encore à faufiler dans les zones propices, Son zizi rentré qu’elle promeut du haut de son trône mou.
Quand je pense, putain de moine, que la messe le dimanche matin, fait partie du programme de la pastorale !
Cher Lamin, Basa jaun, Basa Andere et Zezengorri, chère Mari, savez-vous qu'ici on continue à se foutre de votre gueule dans votre dos, dans lequel d’ailleurs est planté le poignard que l'on fait vibrionner avec jubilation entre vos vertèbres ? Les sorgin ne cherchaient-elles pas votre sillage ? Ne résistaient-elles pas à ce monde des biens-pensant des grands-pensant, des pensant pour les autres ? Les sorgin, ne sont-ce pas les derniers râles, la dernière respiration des croyances anciennes qui reçoivent leur coup de grâce sous le bucher des biens pensants ? Ez da kit xuxen.
Oui, c'est vrai, j'ai une putain de dent contre cette église qui me gonfle et nom de dieu que ça m'agace de la voir parader à la pastorale et tous les dimanches dans les enflures populaires, et puis aux enterrements, aux mariages, aux baptêmes, même pas aux divorces pour qu’on puisse au moins en rire. La mythologie basque attribue la disparition des lamin à la sonnerie des cloches, aux rogations, à l’édification des églises et des chapelles. La mythologie garde encore les souvenirs de l’évangélisation… Mais nous, avons-nous oublié ce que nous pensions, ce que nous vivions et ce que nous aurions pu penser et vivre aujourd’hui si l’église ne nous avait pas bourré le crâne ?
Tiens, j'aimerais jeter un oeil sur le texte de la pastorale Agosti Xaho qui a eu lieu à Ordiarp en 1988. Agosti Xaho né à Tardets et anti-clérical. Mais comment les souletins ont-ils pu rendre hommage à un type qui disait, en parlant de la religion : "Nous sommes les fils de Voltaire... Ecrasons l'infâme" ? Ah ! Ah ! Ez da kit xuxen !

QUELQUES LIENS :

dimanche 9 août 2009

Un an de plus d’une question sans réponse

Un an ! Un an déjà, depuis cette soirée du 7 août 2008 à Heleta, si digne et empreinte d’émotion, qui rappela aux mémoires défaillantes qu’une blessure impossible à cicatriser perdurait alors depuis 25 ans : la disparition de Jean-Louis ‘Popo’ Larre à la suite de l’affrontement du camping de Léon (7 août 1983).

nun da popo.jpgL’optimiste invétéré que je suis doit malheureusement en convenir : les mémoires un temps ravivées sont retombées dans la léthargie… Ainsi, sur ce blog créé spécialement pour lutter contre l’oubli, pour mobiliser les consciences, pour briser la chape de silence, et à la fin des fins pour concourir à retrouver la trace de Popo… rien ne bouge depuis un an ! Et pourtant ce n’est pas faute que l’admi- nistrateur ait essayé, à bien des reprises, de bousculer les immobilismes, d’en appeler au simple geste de faire écho de site en site, de blog en blog, de forum en forum au rappel de cette volonté de savoir enfin où est Popo, « Non da Popo ? ». La dernière contribution date du 8 août 2008 qui relate en texte et reportages photos, vidéos et sons l’hommage qui s’était déroulé à Heleta et qui avait réchauffé bien des cœurs, soulevé bien des émotions. Oui, mais voilà, tout est là justement : l’émotion ne fait pas l’action…


De l’ambiguïté… aux remugles du passé

Il y a bien un commentaire signé ‘Monik’, en date du 3 décembre 2008, qui – on me pardonnera d’être une peu « raide » dans mon propos –, ne fait certainement pas « avancer le schmilblick » et, tout au contraire, donne dans l’ambiguïté lorsqu’il y est écrit: «Je ne crois pas (ce n’est que mon avis !) que des réponses seront données [concernant la disparition de Popo] par le biais de l’organisation IK qui est impliquée dans cette affaire. Il me semble que ce dossier devrait être relayé par sa famille, pour laisser l’humanité prendre le pas, loin de toute connotation politique (…) ».

Je préfère penser que la tournure « [IK] est impliquée dans cette affaire » veut seulement dire que si Popo a disparu, il y a maintenant 26 ans, cela avait à voir avec son engagement politique mûrement réfléchi – car on ne rejoint certainement pas la lutte clandestine sur un coup de tête… – et que cette formule ne porte pas en elle le remugle d’insinuations insupportables qui furent colportées en leur temps. Quand à « laisser l’humanité prendre le pas, loin de toute connotation politique », je mettrais cela sur le compte d’un angélisme éloigné des réalités et peu au fait des situations vécues hier comme aujourd’hui en Pays Basque. Car si Popo a disparu, c’est bien dans un contexte politique et si on apprend demain la vérité ce sera qu’un autre contexte politique aura permis que cela survienne enfin.

Il y eut aussi un autre commentaire auquel on se saurait accorder par contre aucun caractère d'innocence celui écrit sous le pseudonyme de ‘Isnomis’ et publié le 10 octobre 2008. Le dit (la dite) ‘Isnosis’ souhaite lui (elle) que Popo soit retrouvé un jour « pour qu’il soit jugé » et conclut : « Je ne souhaite pas sa mort, bien au contraire. Il attend [Popo] très patiemment le délai de trente ans, délai de prescription en matière de crimes » (sic !). Et il ne s’est trouvé personne – pas même moi, je dois bien l’avouer… – pour apporter la contradiction à de telles inepties !… Car Popo, s’il avait été arrêté ce dramatique 7 août 1983, n’aurait certainement pas été jugé pour « crime », mais au pire pour « complicité de crime »… vu qu’il n’avait pas été impliqué dans la fusillade ! Ce fait aurait été avéré par de nombreux témoins de l’affrontement… du moins peut-on l’espérer.

Donc ‘Isnosis’ donne, au mieux, dans la sottise frappée au coin de l’ignorance ou, au pire, tente de semer le trouble dans les esprits, comme dans les semaines et les mois qui suivirent les ‘événements de Léon’ ou une ambiance délétère régna, abondamment alimentée par moult rumeurs, accusations ignominieuses, supputations abjectes, fausses informations et vaines pistes. Un marigot nauséabond où se vautrèrent acteurs policiers, officines politiques de l’ombre, journalistes consciemment ou inconsciemment manipulés, personnes crédules et « anti IK » de tout bord.

Je ne voudrai pas croire que la relance en feu de paille – en tout cas pour le volet médiatique – de la quête de vérité sur la disparition de Popo ait pu inquiéter certains milieux, au point de vouloir aussi faire repartir la machine infernale du mensonge insidieux, distillé tel un poison dans le corps social.

Faire prévaloir la simple humanité

Je ne me résoudrai jamais à admettre que la question simplement humaine « Non da Popo ? » posée à nouveau il y a un an puisse rester sans réponse. Il faut dire et redire, inlassablement, que derrière cette interrogation il n’y a ni recherche de coupables, ni demande de comptes, encore moins quelque velléité de vengeance que ce soit. Il n’y a que la volonté, comme je l’écrivais il y a un an, de faire en sorte que «la famille de Popo puisse trouver enfin la paix et, aussi, que ceux qui furent ses camarades d’une lutte ô combien dure puissent tourner cette page-là ». Un an plus tard, j’emprunterai les mêmes mots, pour émettre le même espoir, celui que « quelqu’un, en son âme et conscience, brisera un jour le silence et fournira des informations, réelles celles-là, pour retrouver la trace de Jean-Louis Larre ». Car, pour me répéter encore, Popo est bien quelque part et il se trouve forcément quelqu’un qui sait quelque chose.

Je me doute bien que les motifs qui ont conduit à l’instauration de la chape de silence il y a 26 ans restent d’actualité pour ceux qui ont pu être les acteurs directs ou indirects de cette douloureuse affaire. Mais je voudrai penser que des considérations de simple humanité vont finir par prévaloir et qu’une information – peut importe la route qu’elle empruntera pour parvenir à bonne destination – viendra apporter un éclairage décisif, pour – enfin – dissiper les ténèbres.

Il est bien entendu que je suis disposé à être un de ces destinataires. Ce n’est pas faire de l’humour mal placé que de préciser que mon existence n’étant en rien clandestine, on sait où me trouver et comment me joindre. Je conclurai en souhaitant ô combien ne pas avoir à revenir dans un an poser encore cette question : « Non da Popo ? ».

Allande Socarros

NB : Je ne saurai parler de la disparition de Popo, il y a un quart de siècle, sans m’inquiéter de celle, récente, de Jon Anza. Ici encore, il ne faudrait pas que les sinistres ombres du passé, peuplées de terroristes d’État, de barbouzes policières, de nervis de tout acabit et de mercenaires sans foi ni loi, viennent à nouveau hanter la mémoire douloureuse d’un peuple en quête de ses simples droits. « Non da Popo ? » et « Non da Jon ? » sont un seul et même cri.


samedi 8 août 2009

Liberté

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunis
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Dur miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté de Paul Eluard

Liberté.
Paul Eluard
in Poésies et vérités 1942
Ed. de Minuit, 1942

Sources bibliographiques

Poésies et Vérité de Paul Eluard
Dictionnaire des Grandes Oeuvres de la Littérature française, Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty (Editions larousse)

mercredi 5 août 2009

Marc Large investit Siné Hebdo

Marc Large prend du galon... Même si des galons, il s'en balance. Il vient de faire la couverture de Siné Hebdo, une couverture cosignée avec Siné. Mais ceux qui lisent de temps en temps Siné Hebdo ont pu remarquer la signature de Large, qui depuis quelques mois essaime les pages de ce journal satirique
Souvenez-vous, Marco, qui est attaché au Pays-Basque était venu à Mauléon, chez Allande pour présenter son livre Xan de l'ours, dont l'intrigue se déroule dans les environs de St Engrâce (toujours disponible chez Allande à Mauléon). Ensuite avec Peio Serbielle - (écoutez son superbe disque Naiz), notre chanteur souletin talentueux et un réalisateur Patrice de Villemandy - il a été à l'initiative d'un magnifique petit film qui porte le nom de Xan naiz ni, que j'ai eu la chance de voir à Saint Jean Pied de Port. J'espère qu'il passera très bientôt à Mauléon.
Pour mieux connaitre notre histoire je vous conseille aussi la lecture de Les premiers hommes du Sud-Ouest, Cairn Editions, 2006.
Au fait, il y a les Siné hebdo et les Charlie hebdo... Ne comptez pas sur moi pour prendre parti. Je n'ai pas encore réussi à croire que Siné est antisémite, et je ne pense pas que Philippe Val puisse avoir des accointances avec Nicolas Sarkozy.

Pour vous tenir au courant de l'actu de Marc Large, cliquez ici :
http://large.canalblog.com

vendredi 31 juillet 2009

"Mangez-le si vous voulez !"





Aih ! C'est une histoire vraie ! Franchement, ça met mal à l'aise. Beaucoup plus mal à l'aise que les autres livres de Jean Teulé. Je pense que c'est l'ombre de la foule, raide, noire et macabre qui fait ça. Je dirais même que là, le problème, c'est qu'il ne reste que les ombres et qu'elles sont tellement noires qu'elles occultent carrément leur propriétaire. Un peu comme des taches d'encre. Les types et les typettes, dans le livre, ils se font bouffer, couvrir, dévorer , défoncer par leur propre ombre qui se marchent les unes sur les autres, se salissent d'encre noire et rouge sang. Welcome, Bienvenue, Ongi jin à madame la foule décérébrée et connasse. Pouah !
Quand même bon ! En principe, c'est mes frères et soeurs humains ! En principe ! Et ça intrigue encore plus, pour cette raison, bien que là, le mot « intrigue », euh, c'est pas tout à fait ça ! J'en cherche un autre… Attendez ! Ça interpelle, ça laisse perplexe, ça troue le cul, chais pas moi !
C'est aussi un peu pour cela, en partie, que pour moi le peuple n'existe pas. C'est un postulat que j'avance. Allez ! Avance, petit postulat ! N’aie pas peur ! Tant qu'il y aura la foule, il n'y aura pas de peuple. Et la foule abjecte n'est jamais loin. Elle est à la corrida, elle tond les femmes à la libération, elle lapide la femme adultère, elle pratique le bizutage, elle vote Sarkozy, elle fout Le Pen au second tour d'une élection présidentielle, elle écrit « Ours non, Cazetien non » sur les routes du tour de France.
Le peuple, c'est une idée généreuse, un idéal et comme je suis utopiste, j'y crois... J’y crois pour dans mille ans minimum, le plus tôt sera le mieux. Pour l'instant il n'y a que la foule, des peupleux, des ombres d'encre noires et rouges qui sommeillent, prêtes à faire gicler l’hémoglobine dans les caniveaux aux dépens de toutes les belles couleurs de la vie. Toutes les couleurs, même les plus belles, même celles de l'arc-en-ciel. Les salauds, ils mazouteraient le jardin en fleurs de Claude Monet, ils aspireraient les couleurs d’une Ancolie, ils transformeraient un coucher de soleil sur le Saint Laurent en une morne photocopie noir et blanc.
D'ailleurs, cette ombre noire dont je parle m'a empêché un peu de prendre du plaisir à lire. Teulé a une belle écriture, mais une belle écriture qui parle d'une horreur, en cette occurrence, ça n'empêche pas à l'horreur de rester une horreur. Ou alors il eut fallu faire un essai, un genre de texte qui exorcise comme Christian Laborde avec son livre « Corrida Basta ». Dans ce livre Christian Laborde nous prend sous son aile. On ne se trouve pas paumé au milieu de l'épouvante, on dézingue avec lui, on est son complice mais dans le décryptage de l'horreur. Il nous donne un mode d'emploi pour encadrer et cerner les idiots humains. Dans « Mangez-le si vous voulez », c'est un peu « démerde-toi » ! Il nous lâche au milieu des enragés du bulbe.
Enfin, ça vaut le coût de lire ce livre pour savoir de quoi parfois on est capable en tant que gros con de bipède. Et après, en parler un peu avec ses voisins, la famille pour exorciser. Après la lecture de ce putain de livre, lire un Boule et Bill ou un Gaston Lagaffe pour se détacher et se détendre. Parce que les humains parfois, ça tend, voire même, Satan. Parce que, laisser ça dans la place, tout seul, dans son coin, c'est pas bon, ni pour la tête, ni pour le peuple de demain de dans dix mille ans. Ça laisse des dépôts de crasse dans les fentes de la peau et des fientes de glorhotorinocéropodes *dans les synapses du cerveau.
Pour savoir qui on est, où on est, il faut savoir où est sa propre ombre. Il faut la voir. Mais si elle est sur toi, dans toi, si elle t'habite, tu ne vois plus rien, tu n'as plus de recul, t'es comme un con. Car le paradoxe, c'est que l'ombre nous donne une indication d'où vient la lumière, elle permet de nous situer dans l'espace et dans le temps comme avec un gnomon antique. Sans le noir, pas de blanc, sans le haut, pas de bas, sans l'oeil gauche, pas d'oeil droit (c'est aussi valable pour Le Pen), sans le clou pas le marteau.
Et c'est là qu'on se rend compte que l'homme est entre l'ombre et la lumière. Nous devons être des gnomons. Un peu raides, un peu immobiles, mais à même de regarder avec lucidité l’écoulement des nuits et des jours et de sentir sa place sur la terre.
Que tout le monde consulte son luminomètre sub-séquentiel à chronodiphragation et fragmentation à comptage numéral. Soyons lucide une fois pour toute et direction la lumière qui nous est la plus visible, le bel astre solaire. Faisons rentrer la lumière plein la lucarne, réveillons les fibres végétales du gnomon.

Résumé de l'histoire

Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye.
Il arrive à quatorze heures à l'entrée de la foire. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l'aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Comment une telle horreur est-elle possible ?
Incapable de condamner six cents personnes d'un coup, la justice ne poursuivra qu'une vingtaine de meneurs. Quatre seront condamnés à mort, les autres seront envoyés aux travaux forcés. Au lendemain de ce crime abominable, les participants hébétés n auront qu une seule réponse : « Je ne sais pas ce qui m'a pris. »

dimanche 26 juillet 2009

Horloge comtoise 1

Depuis assez longtemps, on photographie (moi et mon père) les horloges comtoises qui nous plaisent bien.
Voici une comtoise avec sa gaine polychrome assez sobre. La grande porte du haut est bizarrement beaucoup plus fonçée que le reste du décor, ce qui ne l'empêche pas d'être très jolie. Entre la grande porte du milieu et le balancier lyre on peut trouver un panneau de bois décoré, ce qui est assez rare.

Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir

Jolie silhouette de la porte du haut

Très belle grappe de raisin

Sur les feuilles, on voit très bien les fibres du sapin qui apparaissent. C'est une caractéristique des décors d'horloges comtoises