Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;
Celui dont les pensées, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !
Charles Baudelaire
vendredi 24 juillet 2009
mercredi 22 juillet 2009
Actions Bizi ! contre le travail le dimanche / Bizi !ren ekintzen irudiak
Encore deux actions symboliques contre le travail le dimanche au local de l'UMP à Biarritz et au supermarché Leclerc d'Anglet, qui a commencé à ouvrir le dimanche matin.
les volontés affichés de diminuer les émmissions de gaz à effet de serre et notre empreinte écologique.
(igande goizez idekitzen da).
berotegi efektu gasen eta aztarna ekologikoaren murrizteko egin behar denaren arrunt kontrakoa da.
Travailler plus et consommer plus = Polluer plus !!!
Etendre le travail le dimanche est en complète contradiction avecles volontés affichés de diminuer les émmissions de gaz à effet de serre et notre empreinte écologique.
Urgence climatique ! Justice sociale ! Tous(tes) à Copenhague en décembre 2009 !
***
Bizi!ren azken ekintzen irudiak aurkituko dituzu hemen http://www.copenhague2009bizi.org/
Zure sare guzietan zabaltzekoa da!
Igandeko lanaren kontrako beste bi ekintza sinboliko burutu izan dira UMPko lokalean Biarritzen eta Leclerc saltokian Angelun
Bizi!ren azken ekintzen irudiak aurkituko dituzu hemen http://www.copenhague2009bizi.org/ Zure sare guzietan zabaltzekoa da!
(igande goizez idekitzen da).
Gehiago lan egin eta gehiago kontsumitu = Gehiago kutsatu !!!!
Igandea lan egun arrunta bilakatzea,berotegi efektu gasen eta aztarna ekologikoaren murrizteko egin behar denaren arrunt kontrakoa da.
Larrialdi klimatikoa! Justizia soziala! Denak Copenhague-rat 2009ko abenduan!
dimanche 19 juillet 2009
"tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire" !

Il y a quelques temps, Titika Recalt qui a écrit la pastorale 2009 d'Alos, disait dans un journal que nous autres, les souletins, nous étions restés un peu sauvage. Ce mot là a pourtant - dans la bouche de quelques uns - une connotation très péjorative. Je pense notamment à Jean Lassalle qui craint que nous nous retrouvions, nous les Pyrénéens, dans une réserve d'indiens. Et alors ? Pourquoi pas ? Qu'est-ce qu'il a contre les indiens et les sauvages, le grand fada, le Gandhi-Castafiore des pyrénées ? Si c'était seulement contre les réserves qu'il en avait, j'en aurais moins, de réserves, à son endroit. Lassalle - comme la majorité des Pyrénéens (entre autres) - est embrigadé dans la secte, la religion, la si vile isation occidentale de ceux qui pour arriver à construire une putain de grande nation de mon cul, ont colonisé, évangélisé, guerroyé, esclavagisé tous les "sauvages" de la planète pour les mettre à genou. Si aujourd'hui la France est un putain de pays puissant et que le christianisme est la religion principale, ne cherchez pas très loin la raison. Si le Pays-Basque est un petit pays qui perd son âme (même s'il résiste mieux que d'autres) entre la France et l'Espagne, ne cherchez pas non plus.
Voilà pourquoi aujourd'hui, je ne me sens plus trop à l'aise dans les bottes du christianisme que l'on m'a enfilé et voilà aussi pourquoi je rêve que la France se retrouve un jour sous la forme d'une jolie petite région à côté d'autres petites régions que seraient la Corse, le Pays-Basque, l'Occitanie, la Catalogne ou la Bretagne.
Je suis en train de lire un bouquin qui s'appelle Mangareva. Il raconte ce qui est arrivé à Mangareva, une île de "sauvages" dans l'archipel des Gambier, au milieu du 19 ème siècle.
Aujourd'hui si on regarde les sites internet qui parlent de Mangareva, on peut lire ça : "Très peu habitée comme toutes les îles appartenant aux îles Gambiers. Les seuls habitants visibles ici sont des chèvres. Si vous avez la chance d'y aller, elle vous le rendra bien par les vues qu'elle vous offrira. La couleur de la mer entre les îles est inoubliable. Et le calme y règne en maitre." Ça a le goût du cynisme quand on sait ce qui est arrivé à cette île et à ces habitants. Ça brosse le con de touriste dans le sens du poil. "Le calme y règne en maitre", oui, grâce aux missionnaires qui ont détruit une civilisation avec ses habitants qui ne travaillaient pas, qui se foutaient des notions stupides de bien et de mal, qui se promenaient à poil en vivant le moment présent sans chercher à construire une grande nation de mon cul. Les chèvres, elles ont été amenées par les missionnaires de mes fesses. Ils ont perdu le contrôle sur ces animaux qui se sont retrouvés à l'état sauvage et ont finalement contribué à appauvrir l'écosystème de l'île en broutant tout ce qu'elles pouvaient se mettre sous la dent. Elles sont devenues faméliques comme ces pauvres indigènes. Les colons ont aussi pillé le récif corallien pour construire une cathédrale, épuisé le stock d'huître pour en extirper les perles et les revendre, ils se sont attachés à convaincre les Polynésiens d'abandonner leur culture et leur croyances et de brûler toutes leurs idoles. Ils avaient interdiction de se laver, de chanter, de danser, de sortir le soir et comme l'avait décrété l'abbé Laval, à qui on doit ce désastre, "tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire" !!! Il faut lire ce livre, c'est dingue !
Dans les Pyrénées, il n'y a pas finalement si longtemps, nous aussi, nous avions une façon de vivre assez proche des anciens habitants de l'île de Mangareva. Je ne veux pas dire que c'était la vie idéale, mais c'était un mode d'existence qui aurait pu servir de paradigme. Le massacre a été et est plus lent (osons dire, l'ethnocide), mais nous avons suivi le même processus. Je me demande comment nous aurions évolué si tous les mecs qui ont des certitudes à la mords moi le noeud n'avaient pas cherché à les imposer aux autres, si les ambitieux, ceux qui cherchent toujours à exploiter les autres pour en retirer des bénéfices avaient foutu la paix aux "sauvages" et si ceux qui vivaient différemment avaient été respectés dans leur altérité.
Voilà pourquoi j'essaie de garder un oeil lucide sur la société dans laquelle je vie, sachant pertinemment qu'elle est le fruit de la guerre, de la colonisation, de l'esclavagisme, de l'appât du gain, de la soif de puissance. La civilisation occidentale a gagné, il n'y a plus aujourd'hui qu'une civilisation, une culture et bientôt probablement il n'y aura plus qu'une langue. Si cela ne vous fout pas un peu la rage, alors on est cuit.
Le droit de vivre différemment, c'est bien ce que sous-entendait Titika en parlant des "sauvages". La liberté de devenir autre et autrement, voilà un beau sujet de réflexion. Qu'est-ce que cela veut dire si on déroule le film saccadé et empirique de l'histoire humaine ? Ça veut dire qu'il ne faut pas tout accepter de cette société et qu'il faut avoir le courage de dire que nous sommes arrivés au bout de quelque chose. Qu'il faut être résistant et choisissant. C'est Albert Jacquard qui, dans son livre "Voici le temps du monde fini", parlait de la finitude de notre planète. Il citait Paul Valéry qui disait "Le temps du monde fini commence". Il est admis alors que nous devons regarder avec un oeil critique les grandes valeurs de notre civilisation, le travail, la religion, l'argent, le progrès technologique, l'industrie, le nationalisme, sous peine de nous rétamer la gueule par terre, entraînant tout dans notre carnage.
Cela veut dire aussi qu'aucune période de l'histoire n'a raison en elle même et qu'aucune culture ne détient LA vérité qui est encore à découvrir et que nous ferions bien de rester modestes avec nos centrales nucléaires, nos ordinateurs, nos téléphones portables, nos bagnoles et tous les joujous dont nous sommes si fiers.
C'est quoi un sauvage ? Quelqu'un de libre, un artiste, un bohémien, un animal sauvage, un ours qui lutte pour sa survie, une "mauvaise herbe" qui veut pousser où elle veut, un bohémien, un arbre, un insecte, un rebelle qui assumerait son individualité, un homo qui cherche à vivre avec sa sexualité, un peuple qui lutterait pour garder sa culture, tous ceux qui luttent pour la liberté d'être et d'exister sans les valeurs morales de mon cul, du travail, de la religion, de la société du prêt-à-penser et du prêt à consommer.
A lire : "Mangareva" de Jean-Hugues Lime - Le cherche midi
--> 12 oeuvres d'art seulement sont rescapées du désastre
--> Les 12 oeuvres à Tahiti
--> Le site internet de l'auteur de "Mangareva"
--> Comment l'histoire s'est arrêtée à Mangareva (Telerama.fr)
--> Le père Laval vu par les Picputiens de France (Vous verrez, Laval était un homme formidable - sic)
vendredi 17 juillet 2009
La peinture basque
Michel de Jaureguiberry et Gonzalo Etxebarria
nous parleront de :
nous parleront de :
175 photos de tableaux – Textes en français - 200 pages – 50 euros
Gonzalo Etxebarria y est présent avec quatre oeuvres et les textes de Mixel Etxekopar et Itxaro Borda
« Originaire de Soule, Michel de Jaureguiberry a grandi à Bayonne et vit à St Jean de Luz ... Après le succès de Un siècle de peinture au Pays Basque paru en 2006, Michel de Jaureguiberry a souhaité prolonger et approfondir son investigation dans les processus créatifs de l’Euskal Herri. L’occasion pour lui de nous proposer des toiles superbes, souvent oubliées ou à l’abri dans les reserves des collections publiques et privées.
Plus que jamais la peinture basque est en ébullition et son histoire est en marche. Au-delà de sa richesse et de sa qualité, la vertu de ce livre est de montrer cette vitalité en action.... »
Plus que jamais la peinture basque est en ébullition et son histoire est en marche. Au-delà de sa richesse et de sa qualité, la vertu de ce livre est de montrer cette vitalité en action.... »
***
Üztailaren 25an, 11:00tarik 12:00tara
Michel de Jaureguiberryk et Gonzalo Etxebarriak presentatüko deiküe :
175 margo argazki – Frantsesezko idatziak - 200 orri – 50 euro
Gonzalo Etxebarriaren lau obra agertzen dira lau orritan, Mixel Etxekopar eta Itxaro Bordaren idatziekin batera.
Gonzalo Etxebarriaren lau obra agertzen dira lau orritan, Mixel Etxekopar eta Itxaro Bordaren idatziekin batera.
«Baionako xiberotar familia batetan sortu da Michel de Jaureguiberry eta Donibane Lohitzunen bizi da...
Un siècle de peinture au Pays Basque egin zuen 2006an eta arrakasta bildu, Michel de Jaureguiberryk bere ikerketa aitzina eraman nahi du bereziki Euskal Herriko kreazaile bideetan. Pribatu edo publiko kolekzioetan guti erakatsiak, zonbait ahantziak ere, diren margo bikainen ikusteko parada ezin hobea eskentzen digu.
Euskal Herriko margolarien mundua pil pilean dago eta bide berriak idekitzen dira. Bizitasun horren azalpen bat emaiten dauku liburu eder honek. »

Un siècle de peinture au Pays Basque egin zuen 2006an eta arrakasta bildu, Michel de Jaureguiberryk bere ikerketa aitzina eraman nahi du bereziki Euskal Herriko kreazaile bideetan. Pribatu edo publiko kolekzioetan guti erakatsiak, zonbait ahantziak ere, diren margo bikainen ikusteko parada ezin hobea eskentzen digu.
Euskal Herriko margolarien mundua pil pilean dago eta bide berriak idekitzen dira. Bizitasun horren azalpen bat emaiten dauku liburu eder honek. »

mardi 14 juillet 2009
Sur radio Kultura ce mois ci
-->RADIOKULTURA<-- est la seule radio qui vous offre la possibilité de composer votre programmation selon vos envies. Créer votre radio à partir d'un large choix d'émissions de qualité en bilingue (basque/français).
Zuek osatutako programazioa proposatzen duen irrati bakarra da -->RADIOKULTURA<--. Zuen irratia sortu kalitatzeko emankizunen eskauntza zabalaren artean. Elebidunez (Euskaraz/fransezez).
Zuek osatutako programazioa proposatzen duen irrati bakarra da -->RADIOKULTURA<--. Zuen irratia sortu kalitatzeko emankizunen eskauntza zabalaren artean. Elebidunez (Euskaraz/fransezez).
Ce mois de juillet vous pouvez entendre Gilda parler de son livre (Témoignages de deux combattants de l'ombre),samedi 11 juillet 2009
A la pêcherie d’Aurit
Déjà, moi, j'avais pas envie d'y aller. Une pêcherie, ça m'intéresse pas. Puis j'étais pas dans mon assiette. Mettre un poisson dedans, ça n'aurait pas fait bon ménage. J'avais fait une mauvaise sieste, le genre qu'on n'arrive pas à se relever, cloué dans le lit. Et quand on se lève finalement, on a l'impression d'avoir le lit collé dans le dos. Pour couronner le tout, une migraine. Bon finalement, j'ai suivi comme une vieille limace cacochyme, les deux enfants à l'arrière et Gilda qui conduisait. En route pour la pêcherie d'Aurit. On à traversé la zone industrielle de Lacq. Une horreur. La banlieue à une demie heure de la maison. Le paysage destructuré pour les petits soins de la chimie ou de je ne sais quoi. Je suis tellement habitué aux paysages de Soule et le paradis où j'habite que je n'arrive pas à me faire à ce Béarn lacéré et banlieusardisé. Donc c'était plus qu'étonnant de trouver là, au milieu de ce cloaque industriel, un genre d'îlot avec un étang, un saule pleureur planté en son milieu et des dizaines d'animaux dit de basse-cour. Des chêvres, des moutons, de canards, des oies, des poules en liberté et toute une ribambelle d'animaux assez singuliers.
Et puis évidemment, mon fils Jolan a voulu pêcher. Quand on est arrivé, justement, un gamin venait d'attraper une truite. Elle frétillait entre ses mains mais on sentait bien que le gamin était plus embarrassé qu'autre chose :
- "Maman comment on fait pour la tuer ?"
Et vas-y que la truite s'échappe de ses mains et tombe dans l'herbe. Le gamin la récupère un peu dégoûté.
-"mais maman elle est vivante ?"
Je pensais en moi même : "Ben ouaih, tu l'as pêché vivante, sans blague !". Le gosse panique, il prend la truite et commence à lui cogner la tête, à plusieurs reprises, contre la barrière qui le séparait du petit étang.
- " Mais non chérie, c'est pas comme ça qu'on fait pour tuer une truite. Donne là au monsieur"
Le monsieur à côté, il a pris la truite et je ne sais pas ce qu'il a fait parce qu'il a tourné le dos (ou c'est moi qui ai tourné le dos, je ne sais plus trop et de toutes façons, je ne voulais pas voir). J'ai juste vu qu'il lui enfonçait les deux doigts dans la gueule puis j'ai entendu un craquement sinistre.
- "Tiens voilà, elle est morte".
Je pensais en moi moi même qu'il aurait un truc, le monsieur, qui permettrait de tuer le poisson en douceur... Tu parles !
Le gamin est parti avec sa truite et j'ai récupéré sa canne que j'ai donné à Jolan. Il a tenu la canne cinq minutes et évidemment, comme ça ne mordait pas, il en avait marre. C'est donc moi qui ai pris le relais. A côté, des petits enfants attendaient que le papy attrape une truite. Pour les faire moucher, les gamins envoyaient des bouts de biscuits au chocolat. Puis le moment que je redoutais est arrivé, j'ai senti le bouchon s'enfoncer puis j'ai levé la canne, plus par réflexe que par conviction. Une truite prise au piège gigotait au bout du fil. Jolan était content, mais pas trop. Il était "partagé" comme on dit. Moi pas. Quand j'ai vu que l'hameçon était coincé au fond de la gorge, à telle enseigne que je n'arrivais même pas à saisir l'hameçon, je me suis trouvé très con.
Je pensais en moi même que le poisson se débattant, à chaque fois l'hameçon s'enfonçait un peu plus. Je sais ce que vous êtes en train de dire... "il devrait arrêter de penser".
-" Euh, comment on enlève l'hameçon?" demandai-je, "Il est enfoncé vachement profond".
Le monsieur est arrivé, je lui ai tendu la truite. Il a commencé à triturer l'hameçon qui ne sortait pas. je l'ai vu forcer en tirant sur le fil. J'ai tourné la tête. Quand j'ai regardé à nouveau, j'ai vaguement aperçu l'hameçon lâcher, emportant le palais du poisson dans un craquement sinistre qui rappelait un peu celui de tout à l'heure.
Je pensais en moi même (c'est plus fort que moi) que le gars aurait un truc pour sortir l'hameçon sans coup férir. Tu reparles !
- "Vous pouvez accrocher les morçeaux au bout de l'hameçon, les truites adorent ça."
- Ah !
J'étais désintégré. Jolan a demandé si elle était morte. je lui ai dis que oui. Puis nous avons fait des tours de pottok. J'ai regardé les arbres signalés par de petits panneaux qui expliquaient l'espèce à laquelle ils appartenaient et quelques petites anecdotes au sujet de l'histoire de l'arbre, de son symbolisme et de son utilisation depuis des temps immémoriaux. On est allé caresser les cochons d'Indes, donner du maïs aux moutons et aux chèvres, admiré le Paon qui faisait sa roue, puis nous sommes rentrés à la maison avec notre truite dans une poche.
Quand je l'ai sortie de la poche plastique, elle était toute raide et l'arrière barrait un peu vers tribord. Je me rappelle ce que nous avait dit la dame. "Vous lui ouvrez le ventre, vous la videz, c'est très simple". J'ai planté le couteau, j'ai coupé un peu et j'ai laissé finir Gilda ne supportant pas le craquement, le bruit de scie du couteau dans la chair, m'étonnant que ce soit si dur à couper. Peut-être que les humains, c'est dur à couper aussi, quand ils sont morts. Au moment de manger le poisson, j'ai pensé qu'il y avait à peine une heure de cela, pas plus, cet animal vivait sa vie dans les eaux de l'étang d'Aurit. J'avais encore en tête le cadavre raide et tordu. J'ai pas eu le goût de le manger.
Pourquoi je vous raconte ça ? Peut-être pour illustrer ce que peut être une éducation hors-sol. Finalement je suis un écolo qui n'a pas été éduqué dans la nature. Même si j'ai envie de me réapproprier certaines choses, je sens bien qu'il peut y avoir des choix à faire. Ça tombe bien, parce que, contrairement à ce qu'on nous dit depuis longtemps, ni la viande, ni le poisson ne sont indispensables à l'équilibre alimentaire. Alors la pêche, excusez-moi, mais je laisse ce hobby à tous ces artistes et spécialistes qui savent si bien s'y prendre, avec tant de douceur et de délicatesse.
A moi le potager, la forêt à regarder, les fruits à cueillir.
Et puis évidemment, mon fils Jolan a voulu pêcher. Quand on est arrivé, justement, un gamin venait d'attraper une truite. Elle frétillait entre ses mains mais on sentait bien que le gamin était plus embarrassé qu'autre chose :
- "Maman comment on fait pour la tuer ?"
Et vas-y que la truite s'échappe de ses mains et tombe dans l'herbe. Le gamin la récupère un peu dégoûté.
-"mais maman elle est vivante ?"
Je pensais en moi même : "Ben ouaih, tu l'as pêché vivante, sans blague !". Le gosse panique, il prend la truite et commence à lui cogner la tête, à plusieurs reprises, contre la barrière qui le séparait du petit étang.
- " Mais non chérie, c'est pas comme ça qu'on fait pour tuer une truite. Donne là au monsieur"
Le monsieur à côté, il a pris la truite et je ne sais pas ce qu'il a fait parce qu'il a tourné le dos (ou c'est moi qui ai tourné le dos, je ne sais plus trop et de toutes façons, je ne voulais pas voir). J'ai juste vu qu'il lui enfonçait les deux doigts dans la gueule puis j'ai entendu un craquement sinistre.
- "Tiens voilà, elle est morte".
Je pensais en moi moi même qu'il aurait un truc, le monsieur, qui permettrait de tuer le poisson en douceur... Tu parles !
Le gamin est parti avec sa truite et j'ai récupéré sa canne que j'ai donné à Jolan. Il a tenu la canne cinq minutes et évidemment, comme ça ne mordait pas, il en avait marre. C'est donc moi qui ai pris le relais. A côté, des petits enfants attendaient que le papy attrape une truite. Pour les faire moucher, les gamins envoyaient des bouts de biscuits au chocolat. Puis le moment que je redoutais est arrivé, j'ai senti le bouchon s'enfoncer puis j'ai levé la canne, plus par réflexe que par conviction. Une truite prise au piège gigotait au bout du fil. Jolan était content, mais pas trop. Il était "partagé" comme on dit. Moi pas. Quand j'ai vu que l'hameçon était coincé au fond de la gorge, à telle enseigne que je n'arrivais même pas à saisir l'hameçon, je me suis trouvé très con.
Je pensais en moi même que le poisson se débattant, à chaque fois l'hameçon s'enfonçait un peu plus. Je sais ce que vous êtes en train de dire... "il devrait arrêter de penser".
-" Euh, comment on enlève l'hameçon?" demandai-je, "Il est enfoncé vachement profond".
Le monsieur est arrivé, je lui ai tendu la truite. Il a commencé à triturer l'hameçon qui ne sortait pas. je l'ai vu forcer en tirant sur le fil. J'ai tourné la tête. Quand j'ai regardé à nouveau, j'ai vaguement aperçu l'hameçon lâcher, emportant le palais du poisson dans un craquement sinistre qui rappelait un peu celui de tout à l'heure.
Je pensais en moi même (c'est plus fort que moi) que le gars aurait un truc pour sortir l'hameçon sans coup férir. Tu reparles !
- "Vous pouvez accrocher les morçeaux au bout de l'hameçon, les truites adorent ça."
- Ah !
J'étais désintégré. Jolan a demandé si elle était morte. je lui ai dis que oui. Puis nous avons fait des tours de pottok. J'ai regardé les arbres signalés par de petits panneaux qui expliquaient l'espèce à laquelle ils appartenaient et quelques petites anecdotes au sujet de l'histoire de l'arbre, de son symbolisme et de son utilisation depuis des temps immémoriaux. On est allé caresser les cochons d'Indes, donner du maïs aux moutons et aux chèvres, admiré le Paon qui faisait sa roue, puis nous sommes rentrés à la maison avec notre truite dans une poche.
Quand je l'ai sortie de la poche plastique, elle était toute raide et l'arrière barrait un peu vers tribord. Je me rappelle ce que nous avait dit la dame. "Vous lui ouvrez le ventre, vous la videz, c'est très simple". J'ai planté le couteau, j'ai coupé un peu et j'ai laissé finir Gilda ne supportant pas le craquement, le bruit de scie du couteau dans la chair, m'étonnant que ce soit si dur à couper. Peut-être que les humains, c'est dur à couper aussi, quand ils sont morts. Au moment de manger le poisson, j'ai pensé qu'il y avait à peine une heure de cela, pas plus, cet animal vivait sa vie dans les eaux de l'étang d'Aurit. J'avais encore en tête le cadavre raide et tordu. J'ai pas eu le goût de le manger.
Pourquoi je vous raconte ça ? Peut-être pour illustrer ce que peut être une éducation hors-sol. Finalement je suis un écolo qui n'a pas été éduqué dans la nature. Même si j'ai envie de me réapproprier certaines choses, je sens bien qu'il peut y avoir des choix à faire. Ça tombe bien, parce que, contrairement à ce qu'on nous dit depuis longtemps, ni la viande, ni le poisson ne sont indispensables à l'équilibre alimentaire. Alors la pêche, excusez-moi, mais je laisse ce hobby à tous ces artistes et spécialistes qui savent si bien s'y prendre, avec tant de douceur et de délicatesse.
A moi le potager, la forêt à regarder, les fruits à cueillir.
Le 28 juin 2009
mercredi 8 juillet 2009
Le fauteuil moelleux du radicalisme
Ce qui est confortable c'est de se situer dans le radicalisme. On se situe dans ce cas-là à l'extérieur du monde (ou bien l'on croit se situer à l'extérieur du monde) et on tire à boulets rouges sur tout ce qui s'agite. Alors qu'il n'y a pas d'extérieur à notre société, mais bon, en s'en fout. Personnellement, je critique beaucoup, mais sur le point que je vais évoquer, je serai très à l'aise car je pense me situer dans le monde.
Par exemple, Manu Chao dont j'adore la musique, dédicace une chanson ( politik kills), lors du concert d'EHZ à Helette "aux politiciens qui nous mentent". . Je suis nul en anglais, mais si Manu Chao était persuadé habiter notre monde, il aurait intitulé sa chanson "THIS politik kills" . Parce que si Manu Chao se promène à travers le monde, et gagne sa vie pas trop mal, c'est bien parce que des politiques et la politique construisent le monde dans lequel il vit quotidiennement. Et même si un jour nous arrivons enfin à une démocratie directe, il y aura toujours des porte-paroles et de la politique.
Un autre exemple, le journal "La décroissance" et ses chroniqueurs croient eux aussi se situer à l'extérieur du monde .
Le journal la décroissance n'en finit pas de juger tout ce qu'il se passe autour d'eux. Il s'agit d'un groupe d'intellos qui vit sur la bonne planète et qui donne les bons points et les mauvais points du haut de leur piédestal. C'est tellement facile de regarder les autres se démerder. Dernièrement José Bové et tous les responsables d'Europe Ecologie sont passés sous les Fourches Caudines de La décroissance jusqu'à être traité de traitres. Vincent Cheynet intègre jusqu'à l'intégrisme n'ose quand même pas parler d'Eva Joly. Ce que déteste Vincent Cheynet, en fait, c'est les élections, l'engagement politique.
J'ai aussi un copain qui est comme ça. Cyclotor, si tu m'entends. Il est symptomatique de beaucoup de gens qui n'ont pas envie de faire de la politique parce que effectivement, je le confirme, c'est chiant, c'est pas toujours facile ni amusant.
Le regard, qu'il soit celui du journal de La décroissance, de Cyclotor ou de Manu Chao, c'est un regard tout d'un bloc, à l'emporte pièce. Soit on a fait son analyse, brute de décoffrage, soit on a pas d'analyse, mais le résultat est toujours le même ; on tape sur la politique et les politiciens avec une masse de maçon et on se casse très vite faire ses petites affaires parce qu'on va pas quand même pas s'emmerder, mettre les mains dans le cambouis. Qu'ils aillent au charbon, disent-ils en somme, nous on va regarder, juger, donner les bons et les mauvais points.
Le jour où Manu Chao, Cyclotor et Vincent Cheynet se présenteront à une élection et participeront à une élection, à ce moment là je prêterai une oreille attentive à leur sermon.
Par exemple, Manu Chao dont j'adore la musique, dédicace une chanson ( politik kills), lors du concert d'EHZ à Helette "aux politiciens qui nous mentent". . Je suis nul en anglais, mais si Manu Chao était persuadé habiter notre monde, il aurait intitulé sa chanson "THIS politik kills" . Parce que si Manu Chao se promène à travers le monde, et gagne sa vie pas trop mal, c'est bien parce que des politiques et la politique construisent le monde dans lequel il vit quotidiennement. Et même si un jour nous arrivons enfin à une démocratie directe, il y aura toujours des porte-paroles et de la politique.
Un autre exemple, le journal "La décroissance" et ses chroniqueurs croient eux aussi se situer à l'extérieur du monde .
Le journal la décroissance n'en finit pas de juger tout ce qu'il se passe autour d'eux. Il s'agit d'un groupe d'intellos qui vit sur la bonne planète et qui donne les bons points et les mauvais points du haut de leur piédestal. C'est tellement facile de regarder les autres se démerder. Dernièrement José Bové et tous les responsables d'Europe Ecologie sont passés sous les Fourches Caudines de La décroissance jusqu'à être traité de traitres. Vincent Cheynet intègre jusqu'à l'intégrisme n'ose quand même pas parler d'Eva Joly. Ce que déteste Vincent Cheynet, en fait, c'est les élections, l'engagement politique.
J'ai aussi un copain qui est comme ça. Cyclotor, si tu m'entends. Il est symptomatique de beaucoup de gens qui n'ont pas envie de faire de la politique parce que effectivement, je le confirme, c'est chiant, c'est pas toujours facile ni amusant.
Le regard, qu'il soit celui du journal de La décroissance, de Cyclotor ou de Manu Chao, c'est un regard tout d'un bloc, à l'emporte pièce. Soit on a fait son analyse, brute de décoffrage, soit on a pas d'analyse, mais le résultat est toujours le même ; on tape sur la politique et les politiciens avec une masse de maçon et on se casse très vite faire ses petites affaires parce qu'on va pas quand même pas s'emmerder, mettre les mains dans le cambouis. Qu'ils aillent au charbon, disent-ils en somme, nous on va regarder, juger, donner les bons et les mauvais points.
Le jour où Manu Chao, Cyclotor et Vincent Cheynet se présenteront à une élection et participeront à une élection, à ce moment là je prêterai une oreille attentive à leur sermon.
mercredi 1 juillet 2009
Réponse au Maire de Saint Engrâce
OBJET : Réponse à propos d'un article parue dans le JPB du 30/06/2009 intitulé "L'ours : un prédateur crée des emplois".
Les éditions associatives Astobelarra / Le Grand chardon tiennent à exprimer leur désaccord concernant un article paru dans le Journal du Pays Basque du 30/06/2009
intitulé "L'ours : un prédateur crée des emplois".
Si notre association se félicite que des emplois soient créés grâce à l'ours, elle s'inquiète toutefois de certains propos et certaines positions qui vont à l'encontre des efforts qui sont engagés pour la cohabitation entre les éleveurs et l'ours.
Notamment, Astobelarra considère qu'il n'y a pas à "diverger" ni à discuter "quant à la légitimité de la présence de l'animal dans la montagne". Cet animal existe et il est "d'ici" au même titre que l'être humain.
Mr Albert Aguiar, maire de Sainte-Engrâce déclare que «les brebis ne sont pas élevées pour l'ours dont on se passerait bien».
Nous dénonçons ces propos écocidaires et la vision étriquée et archaïques de quelques individus qui n'ont pas encore compris que l'homme, qui fait partie de la nature, doit pour sa survie même, vivre en bonne intelligence avec elle et qu'il n'y a guère d'autre choix.
Si ce n'est celui de construire un monde dans lequel il n'y aura plus de loups, plus d'ours, d'éléphants, plus de dauphins, plus de gorilles, tous ces animaux qui sont nos colocataires sur la Terre.
Nous conseillons vivement à Mr Aguiar la lecture de "Elefanteari gutuna / Lettre à l'éléphant" de Romain Gary, que nous avons éditée en 2007. Le livre est en vente au prix de 5 euros au magasin Herri Ekoizpen à Mauléon. Il pourra y lire entre autres que le respect de la différence et de l'altérité est la base indispensable du respect de soi-même.
Car comme le dit si magnifiquement Romain Gary, "Dans un monde entièrement fait pour l'Homme, il se pourrait bien qu'il n' y eût pas non plus place pour l'Homme."
Les éditions associatives Astobelarra / Le Grand chardon tiennent à exprimer leur désaccord concernant un article paru dans le Journal du Pays Basque du 30/06/2009
intitulé "L'ours : un prédateur crée des emplois".
Si notre association se félicite que des emplois soient créés grâce à l'ours, elle s'inquiète toutefois de certains propos et certaines positions qui vont à l'encontre des efforts qui sont engagés pour la cohabitation entre les éleveurs et l'ours.
Notamment, Astobelarra considère qu'il n'y a pas à "diverger" ni à discuter "quant à la légitimité de la présence de l'animal dans la montagne". Cet animal existe et il est "d'ici" au même titre que l'être humain.
Mr Albert Aguiar, maire de Sainte-Engrâce déclare que «les brebis ne sont pas élevées pour l'ours dont on se passerait bien».
Nous dénonçons ces propos écocidaires et la vision étriquée et archaïques de quelques individus qui n'ont pas encore compris que l'homme, qui fait partie de la nature, doit pour sa survie même, vivre en bonne intelligence avec elle et qu'il n'y a guère d'autre choix.
Si ce n'est celui de construire un monde dans lequel il n'y aura plus de loups, plus d'ours, d'éléphants, plus de dauphins, plus de gorilles, tous ces animaux qui sont nos colocataires sur la Terre.
Nous conseillons vivement à Mr Aguiar la lecture de "Elefanteari gutuna / Lettre à l'éléphant" de Romain Gary, que nous avons éditée en 2007. Le livre est en vente au prix de 5 euros au magasin Herri Ekoizpen à Mauléon. Il pourra y lire entre autres que le respect de la différence et de l'altérité est la base indispensable du respect de soi-même.
Car comme le dit si magnifiquement Romain Gary, "Dans un monde entièrement fait pour l'Homme, il se pourrait bien qu'il n' y eût pas non plus place pour l'Homme."
A méditer avant qu'il ne soit trop tard…
samedi 27 juin 2009
Christian Laborde à Ostabat
Pour une belle soirée, ce fut une belle soirée. A Ostabat, la corrida en a pris plein la tronche sous les coups de boutoir de l'excellent Christian Laborde. Je ne connaissais pas bien Christian Laborde. Il y a quelques années, je le savais engagé contre le tunnel du Somport, pour la défense de militants basques incarcérés, du côté des insoumis basques qui refusaient de faire le service militaire et bien sur du côté de l'ours. D'ailleurs, il avait mis un peu de cela en mots dans quelques romans dont Indianoak et Danse avec les ours.Je suis un motsicien, nous a-t-il dit en faisant vibrer la salle par sa verve et la manière qu'il a de faire jaillir le verbe et de le faire chanter. Il revendique aussi une manière d'utiliser les mots, comme on utiliserait une arme, pour dézinguer la connerie Ambiante. "Ce livre est un pamphlet écrit avec une kalachnikov et un saxophone. La kalachnikov, c'est pour le torero. Et le saxophone, pour le taureau", nous a-t-il dit. Ça me fait penser à ce que disait Léo Ferré dans sa chanson "Préface" : "A l'école de la poésie et de la musique on n'apprend pas on se bat !"
A noter que Christian Laborde est l'objet d'une censure qui n'ose pas dire son nom. A un niveau national, mais même en Pays-Basque, la sacro merde corrida est choyée par une certaine presse locale, alors qu'en fait, ce "spectacle", notamment à Bayonne, est un gouffre financier. Les gens, (qui ne sont pas tous stupides) délaissent de plus en plus cette misérable horreur.
Christian Laborde avec sa verve nous a raconté ce qu'était pour lui la corrida et de quelle manière elle lui avait volé son enfance. Il a passé un à un les arguments à la con - qui sont sempiternellement envoyés à la face des opposants ; la tradition, la culture, l'art - et les a démonté méthodiquement.
Et puis est passé le film "Alinéa 3", le film de Jérôme Lescure. Et là, personnellement, je n'ai pas trop regardé. Sauf à la fin, quelques images qui m'ont donné des frissons de dégoût et de honte d'être de ces hommes qui torturent ces animaux magnifiques. Pas besoin de rajouter une couche d'exacerbation à celle qui m'habite quotidienne et à cette brûlure de savoir ce qui peut encore advenir, au vu et au su de tout le monde, en ce début de millénaire. Et ils sont fiers et amènent leurs enfants...
La soirée s'est terminée avec ces derniers mots que j'essaye de retranscrire de mémoire... La corrida est en train de s'éteindre, parce que les moeurs ont changé, parce qu'aujourd'hui nous regardons les animaux sous un autre oeil. Le soleil est pour nous, l'oeil est dans le soleil. Le soleil est pour nous et pour les taureaux et nous avons le vent dans le dos. Et ce même vent qui nous caresse, caresse en même temps la croupe des taureau. Il faut continuer à lutter, il faut achever définitivement ce "spectacle" ahurissant pour que nous puissions avoir la conscience tranquille et la liberté apaisée. Et qu'enfin nous puissions regarder les taureaux, vivre avec eux et en eux, respirer le même air en toute quiétude. Et nous aurons une pensée pour ces millions qui sont morts pour rien, victimes de l'indécence et de la lâcheté.

mercredi 24 juin 2009
Pourquoi pas la nef ?
Lors du Musikaren Egüna à Ordiarp, Johanne (ci-dessus) est venue acheter un livre, sur le stand Astobelarra, avec un chéquier du Crédit Coopératif. Ça a fait un peu tilt dans ma tête. Je me suis dit que j'allais aller la voir et faire un petit reportage sur ce blog. Il est peut-être temps pour moi d'étudier sérieusement ce sujet et en même temps, en faire profiter les lecteurs de ce blog.La nef n'est pas une banque mais un organisme financier et c'est pour cela qu'elle a crée un partenariat avec le crédit coopératif qui elle, est une banque qui permet aux sociétaires de la nef de bénéficier des services financiers classiques (chéquier, carte bleue, etc...)

Concrètement, qu'est-ce que font les banques de notre fric ?
En 2007 les Amis de la Terre en partenariat avec l’association de défense des consommateurs (CLCV) ont évalué les diverses banques et produits de placement dans un guide pratique intitulé "Environnement : comment choisir ma banque ?"
Ce guide vise à expliquer les impacts des activités de financement des banques et donne également un classement des principales banques françaises.
Les résultats ? Les deux seules banques à obtenir une note supérieure à la moyenne sont des institutions alternatives :
- la NEF (institution de finance solidaire) et
- le Crédit Coopératif (banque au positionnement social).
Il faut savoir :
- Le crédit agricole finançait en 2008 les agrocarburant en Amérique latine ce qui aggrave la déforestation, les conflits sociaux et menace la souveraineté alimentaire.
- Le crédit agricole en 2007 finançait une usine géante de pâte à papier en Uruguay qui nécessitera la plantation de 200 000 ha d'eucalyptus, monoplantation à grande échelle très problématique pour la biodiversité.
- Le Crédit Agricole ainsi que BNP-Paricas, Dexia, Banque Populaire et la société Générale, en 2003 financent un oléoduc à Hauts risques en mer Caspienne. Cet Oleoduc est déjà fissuré, il passe sur plusieurs failles sismiques, il traverse la réserve naturelle de Borjomi en Géorgie. Un procès est en cours pour violation des droits des populations locales devant la cour Européenne des Droits de l'Homme. 100 % du pétrole et du gaz sera exporté vers les pays riches : pas une goutte ne servira à répondre aux coupures d'énergies subies par les populations locales selon les Amis de la terre.
Plus généralement, sur 12 projets énergétiques controversés, BNP-Paribas est impliquée dans 10, Crédit Agricole dans 8, Société Générale dans 6, Banque Populaire et Dexia dans 3, HSBC dans 1.
Alors que faire ? Je suis au Crédit Agricole, je me pose certaines questions (c'est un euphémisme). Je pense sérieusement changer de banque. En attendant, j'ai décidé de mener mon enquête. Je me suis engagé à étudier, pour les éditions associatives Astobelarra, la possibilité de transférer notre compte sur un compte nef au Crédit Coopératif, ce qui serait une première étape.
Je ne manquerai pas de vous informer de la suite.
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