
Tiens, pour une fois, je vais défendre la téloche. Car il est de bon ton dans certains milieux artistico-gaucho-intello que je fréquente, de fustiger la petite lucarne.
Pour moi, les choses sont claires,
la télé est un miroir de nous-mêmes individuellement ou collectivement.La télé renvoie à nos propres faiblesses et elle est un miroir de notre crasse, de notre incapacité à la maitriser réellement mais surtout notre incapacité à NOUS maitriser. Parce que franchement, quoi qu'on en dise, c'est nous le chef de la téloche finalement. On n'est pas obligé de regarder les conneries, on peut regarder les trucs intelligents.
On peut prendre le programme et surligner ce qu'on va regarder, et enregistrer si on est absent. Mais en général, devant la télé, c'est de nous mêmes que nous avons peur. Devant elle on devient des loques avachies. Contrairement au cinoche dont la lumière vient dernière nous, la lumière de la télé, on la prend en pleine poire, et quand on est fatigué, elle est là comme une maman en toc qui nous porte jusqu'au lit ensucé comme après une séance d'hypnose. Ce cas de figure, c'est quand on est mort.
Car devant la télé, comme devant la vie, il faut être vivant, il faut être debout, il faut être résistant si on ne veut pas être baladé.La télé c'est la vie. Pareil dans la vie, on a des choix à faire entre des trucs médiocres et des trucs qui élèvent la pensée et l'âme.
Dans la vie, on peut aller au Mc Do, où dans un restaurant végétarien. On peut aller voir le départ du Paris Dakar, où on peut aller au Louvre. On peut aller dans les bois avec un fusil ou un appareil photo.
Dans la vie aussi, il faut être vivant et debout pour ne pas prendre les grandes lumières de la consommation dans la tronche.
Souvent, ceux-là même qui crachent sur la téloche, crachent aussi sur la démocratie en disant qu'ils ne voteront jamais parce que le système est pourri, que tous les politiques sont corrompus, que les partis politique ne cherchent que leur pouvoir.
Il faudrait foutre en l'air les antennes relais comme il faudrait foutre en l'air le suffrage universel. Ils n'osent pas regarder le monde en face et attendent le moment propice pour mettre leur monde à la place.
Dans la démocratie, c'est le peuple qui a voté sarkozy. Aux Etats-Unis, ils ont voté Bush et en Allemagne Hitler a été élu par le peuple endormi lorsque certains croyant voir de la lumière ne voyaient que leur propre ombre.
Dans la télé, c'est le peuple qui décide des programmes.
Si si ! C'est dur à admettre mais c'est bien le même peuple qui vote non au referendum du TCE et qui vote ensuite Sarkozy (je dis ça à l'intention de les amis d'extrême gauche qui flattent le peuple comme une entité indivisible ; le peuple parci, le peuple par là !). Si le peuple regarde le foot à la télé, on lui mettra plus de foot. S'il regarde J-P Foucault, on lui mettra J-P Foucault. C'est marrant d'ailleurs cette propension chez une caste populiste de flatter le peuple quand ça l'arrange et de ne rien dire quand le peuple est une raclure immonde.
J'ai beaucoup regardé la télé dans mon enfance. Je suis un enfant de la télé en quelque sorte. Peut-être aurais-je été plus intelligent (certains diront que ce n'est pas difficile). mais je ne pense pas que cela ait érodé totalement mon libre arbitre ni mon esprit critique. En tous les cas, aujourd'hui je ne suis absolument pas "addicte" comme on dit , et je suis devant la télé, comme je suis devant la vie, c'est-à-dire, libre, normal, cherchant, résistant, pas plus con qu'un autre mais pas plus intelligent non plus.
Et puis, à tous ceux qui crachent sur la télé, n'oubliez pas la zapette où le bouton "éteindre" qui est aussi visible que le bouton des chaines.
La télé, personne n'est obligé de l'acheter comme c'est le cas aujourd'hui de certains instruments comme la bagnole qui est quasi obligatoire pour une bonne partie de la population.C'est curieux aussi de voir qu'on ne fait pas la même critique à l'ordinateur.
Il y a des intellos qui fustigent la télé, mais qui vous répondent néammoins pas le net. Comme si sur internet, on ne trouvait pas les choses les plus abjectes que même la télé n'a pas connaissance. Comme s'il n'y avait pas autant de raisons d'être addicte de l'ordinateur.Après ça, je ne suis pas un technophile. Je n'ai pas de téléphone portable mais j'ai un ordi, car pour mon entreprise, internet est un plus.
Si demain il n'y a plus d'entreprise, ni d'internet, ni de télévision, ni de bagnole, je vous rassure, je saurais utiliser mon temps. Comme disait Boris Vian"Il suffit que j'aime Un brin d'herbe mince Une goutte de rosée Un grillon de bois " .