mardi 29 juillet 2008

L'homme à l'envers


Pas facile de parler d'un policier. En général, on n'a pas envie d'en savoir trop avant d'avoir lu le livre. J'en connais même qui ne veulent rien entendre, pas même un mot... N'empêche, le mec y meurt, à la fin... Nooon je déeecccconnnne ! Vous tombez tombe bien, je trouve en général inutile de raconter le livre, c'est parfaitement inutile d'autant plus que la quatrième de couv est faite pour cela et qu'il y a dedans exactement ce que l'éditeur et l'auteur souhaitent révéler du livre. En plus, il y a des tas de pages sur le net qui parlent de ce livre pour ceux qui veulent en savoir plus (voir les liens ci-dessous).
Bon aller je vais quand même en dire quelque chose. "L'homme à l'envers" de Fred Vargas a de ses ambiances bien française, avec ses gendarmes, ses paysages, ses voitures, ses décors et son commissaire. Il n'y a pas les subterfuges et artifices littéraires à la Maxime Chattam pour tenir de suspense. Pas besoin de violence non plus. On se balade tranquillement et paisiblement dans l'intrigue en prenant le plaisir simple mais pur et efficace de suivre des personnages hauts en couleurs et d'apprécier la richesse de leurs caractéristiques. A lire de toute urgence.

QUELQUES LIENS :

LA QUATRIÈME DE COUV


Réintroduire des loups dans le Mercantour, c’était une belle idée, dans l'air du temps. Ce n'était pas celle des bergers et, quelques mois plus tard, la révolte gronde. Mais est-ce bien un loup qui tue les brebis autour de Saint-Victor ? Les superstitions ressurgissent, un bruit se propage : ce n’est pas une bête, c’est un homme, un loup-garou. Lorsque Suzanne est retrouvée égorgée, la rumeur devient certitude : les loups n’agressent pas les hommes. À Paris, devant sa télé, le commissaire Adamsberg guette les nouvelles de la Bête du Mercantour, d’autant plus intrigué qu’il a cru reconnaître Camille sur la place de Saint-Victor...

lundi 28 juillet 2008

« Seattle buruzagiaren hitzak »

Sealt indiano buruzagiak, hobekiago ezaguna, "Seattle »izenarekin eta Duwanich tributik datorrena, omen ditu erran suhurtasuneko abotsak. Hunek hitzaldi hori egin du 1854 inguruan Estatu Batuetako lehendakariaren aurka joaiteko bere herriaren lurra erostea proposatu ziolako. Smith deitzen den mediku batek hitzaldia entzun du omen biltzar tribalean. Biltzar horrek indiano tratuak prestatu behar zituen.
Aldiz, textu hau amerikako indianoen arimaren jarioa dela segur izaiten ahal gira. Naturarekin erlazio azkarra dute eta elgartze horrek indarraz egarrin den gizon xuriaren haserrea ekarri du baita ere ezgutzen ditugun sarraskiak.
XXI garren mendearen hastapenean, funtesezkoa iduritu zaigu erranaldi horien zabaltzea.

Liburuaren argazkia ez da iraunkorra.

Segida baten emaiteko “Elefanteari gutuna” argitarazteari 2007an, “Le Grand Chardon- Astobelarra” argitaraldiek, textu hau argitarazten dute bi hizkuntzetan, Euskaraz eta Frantsesez. Irakurtzaile bakoitzak badaki nahi duenez edo ez elkarte hori lagundu, Gonzalo Etxebarriak apaindu duen liburuaren suskripzioari parte hartuz.
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Izenaren emaiteko

Paper batean; igor ezarzkizu zuen izena , deitura eta zuen helbidea. Igor ezarzkizu papera eta zuen txekea " Le Grand Chardon-Astobelarra" izenean, helbide honetarat:

Le Grand Chardon-Astobelarra. Pastou etxea.64130 Mitikile.

- "Seattle buruzagien erranaldiak" liburuak 4euro balio du eta 2 euro postarendako.(Prezio hau irailaren 30arte balio du. Ondotik 5euro balioko du liburu dendetan).
- Elkartea laguntzen ahal duzue 5euro edo gehiago pagatuz.

Txekea bankuan emana izanen da liburua igorri eta gero.

Suskripzioa PDF tamainan telekargatzen ahal duzue inprimatzeko eta postaz igortzeko.
Liburuaren argazkia ez da iraunkorra.

dimanche 27 juillet 2008

Bortian Ahüzki


Bortian Ahüzki, ur hunak osoki
Neskatila eijerrak han dira ageri ;
Hirur badirade, oi bena xarmantik,
Baxe-Nabar orotan eztie parerik.

Neskatila eijerra, oi begi ñabarra,
Nuntik jin izan zira, bortü gain huntara ?
Garaziko aldetik desir nian bezala
Ahürzkik’ütürila ur fresken hartzera.

Goizetan eder dizü ekiak leinhürü,
Mündia argitzen dizü üngürü üngürü ;
Ni ere zur’onduan hala nabilazü,
Eia maïte naizünez, othoi erran dazü.

Adio Ahüzki eta Nabolegi,
Dolü egiten deiziet Lakarsororeki,
Goraintzi erran izozie Ziprian Pinori,
Milesker derogüla haren karesari.
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Sur la montagne d’Ahüzki


Sur la montagne d’Ahüzki, on y trouve une fontaine à l’eau pure
On y croise de jolies filles ;
Parmi elles, il y en a trois, superbes
Qui n’ont pas de pareilles en basse Navarre.

Jolie demoiselle, à l’œil coquin,
D’où viens-tu jusqu’ici ?
Je viens comme prévu du côté de St Jean Pied de Port
Goûter l’eau fraîche de la fontaine.

Comme le soleil levant est beau le matin
Eclairant de sa splendeur tous les alentours,
A tes côtés, mon cœur aussi est embrasé
Dis moi s’il te plaît que tu m’aimes ?

Adieu Ahüzki et Nabolegi
J’ai beaucoup de peine
Saluez pour moi Xiprien Pino
Et remerciez-le pour ses bons soins.

samedi 26 juillet 2008

Seattle buruzagiaren hitzak »



"Paroles du chef Seattle"


« Quand à l’homme lion succède l’homme ver
Et quand le tomawak succède au revolver ».

Victor Hugo.

Le texte « Les paroles du Chef Seattle » n’est pas un inédit.
Dès 197O, de nombreuses associations de défense de la nature, de nombreux journaux s’en sont fait l’écho.
En Décembre 1976, il était présenté comme l’un des textes fondateurs du combat pour l’écologie, puisque publié dans le bulletin de l’Association pour la Déclaration de Berne « Vers un développement solidaire. »
En 1991, les Verts du Pays Basque le faisaient traduire en Euskara afin de le publier en version bilingue sous forme de supplément à leur journal « Iguzki Lore ».
Ses paroles de sagesse planétaire sont attribuées au Chef indien Sealth, plus connu sous le nom de Seattle, de la tribu des Duwamish .Celui-ci l’aurait prononcé aux alentours de 1854 afin d’opposer une fin de non-recevoir au Président Pierce des Etats Unis qui lui proposait d’acheter la terre de son peuple. On raconte qu’un certain Docteur Smith prit note de ce discours lors de l’Assemblée tribale de 1854 qui devait préparer les traités indiens.
Nous devons à la vérité de dire qu’aucune certitude historique n’existe à ce sujet. Seattle, orateur né comme nombre d’autres chefs de tribus indiennes, a-t-il vraiment prononcé ce discours d’une traite ? Ou bien s’agit-il d’un assemblage d’extraits de ses nombreux discours ? Ou bien encore, des morceaux choisis parmi les paroles de plusieurs chefs indiens se trouvent-ils ici réunis ?
Chacune de ces hypothèses possède ses farouches défenseurs. Je ne prendrai position pour aucune.
Ce dont nous pouvons nous déclarer certains, c’est que ce texte est bien l’émanation de l’âme des peuples indiens d’Amérique. Leur rapport fusionnel avec la nature a attiré sur eux la hargne de l’homme blanc avide de puissance et donc l’ethnocide et l’écocide que l’on sait.
En ce début de 21ème siècle, il nous a semblé important de participer à la diffusion de ces paroles.
Dans notre civilisation occidentale aussi, dès le début du 19ème siècle, des voix, chez les scientifiques, mais aussi et peut-être surtout chez les poètes, les écrivains, les artistes en général, se sont élevées pour mettre en garde l’être humain contre sa propension à mépriser et anéantir le reste du monde vivant. C’est peu dire qu’elles ont été bien peu écoutées. Aujourd’hui, même s’ils ne sont pas vraiment suivis par les actes, les discours alarmistes sur l’ « environnement » sont légion, même chez les politiciens. « La maison brûle, le climat se dérègle, les cancers se multiplient, l’eau va manquer, l’humanité va disparaître dans des secousses abominables » ----
Discours d’angoisse, discours de peur, discours d’égoïsme et d’anthropocentrisme d’où la l’amour, l’émerveillement, la générosité, la joie, la jubilation, sont désespérément absents, discours qui pourraient bien, si l’on n’y prend pas garde, déboucher sur ce que l’on pourrait appeler l’ « écofascisme ». Ce serait justement la négation même de l’amour de la vie, donc de la vie.
Pourtant, comme l’écrit l’écologiste américain Ian Mac Millan « Ce qui compte vraiment dans la sauvegarde des Condors et de leurs congénères, ce n’est pas tant que nous ayons besoin des Condors, c’est que nous avons besoin de développer les qualités humaines qui sont nécessaires pour les sauver, car ce sont celles-là qu’il nous faut pour nous sauver nous-mêmes. ».

C’est bien cela qu’il faut entendre dans les paroles du Chef Seattle.
C’est bien là que se trouve l’âme du combat mené par les écologistes.
Et sans cette dimension là, les éditions du Grand Chardon n’ont pas de raison d’être.

Jenofa Cuisset.
Editions « Le Grand Chardon – Astobelarra ».


Textuaren itzulpena:"Seattle buruzagiaren erranaldiak" idatzia ez da berria.1970 geroztik, natura gerizatzen duten elkarteak eta aldizkari askok berritz hartu dute textu hau.
1976ean, abendoan, ekologiaren aldeko borrokaren funtsezko textoa bezala presentatua zen, Berneko deklarazioaren aldeko elkartearen paperan argitaratua izan baita.
1991an, Euskal herriko berdeek, euskaraz itzultzen dute bi hizkuntzetan argitarazteko, iguzki lore aldizkarian.
Sealt indiano buruzagiak, hobekiago ezagutua, "Seattle" izenarekin eta Duwanich tributik datorrena, erran omen ditu zuhurtasuneko hitzak. Hunek hitzaldi hori egin du 1854 inguruan Estatu Batuetako lehendakariaren aurka joaiteko bere herriaren lurra erostea proposatu ziolako. Smith deitzen den mediku batek hitzaldia entzun omen du biltzar tribalean. Biltzar horrek indiano tratatuak prestatu behar zituen.
Egia erran, segurtamenik ez dugu horri buruz.
"Seattle" ek, mintzatzaile, indiano tribuko buruzagi asko bezala, hitzaldi hau zinez egin ote du? ala bere hitzaldien zati batzuen elgarretaratze bat ote da? ala oraino, indiano buruzagien erranaldien artean hautatuak izan diren zati batzuk?
Hipotesia bakoitzak bere gerizatzailea badu. Ez dut bat ere ez defendatuko.
Aldiz, textu hau amerikako indianoen arimaren jarioa dela segur izaiten ahal gira. Naturarekin erlazio azkarra dute eta elgartze horrek indarraz egarrin den gizon xuriaren haserrea ekarri du baita ere ezgutzen ditugun sarraskiak. .
XXgarren mendearen hastapenean, funtsezkoa iduritu zaigu erranaldi horien zabaltzea.
Mendebaldeko jendekuntzan ere, XIX garren mendearen hastapenetik, zientifiko baita ere olerkari, idazle eta artista batzuk gizakiari kasu emaitea erran diote , hunek beste bizidunak mespresatzen eta suntsitzen dituelako.Botz horiek gutti entzunak izan dira. Gaur egun, ekintzekin ez baldin badira segituak, ingurumenaz mintzatzen diren hitzaldi iziarazleak, asko entzuten dira; politizianoak ere erabiltzen dute.
" Etxeak sua hartzen du, aroa makurtzen da, min biziak ainizten dira, urik ez da gehiago izanen, gizatasuna desagertuko da mina haundiarekin. Berekoia den hitzaldi bat , nun latzdura eta beldurra agertzen diren, bainan nun amodioa, emankortasuna eta alaitasuna falta diren. Hitzaldi horiek, ez baldin badugu kasu egiten" "ekofaxismora" ekartzen ahal dute. Biziaren amodioaren ezetza da, bizitzaren ezetza.
Alta, "Iac Man millan" ek, Amerikako ekologistak dion bezala, "condor" delakoen salbatzea funtsezkoa baldin bada, ez da kondorren beharra dugula baizik eta horien sabaltzeko beharrezkoak diren gizakiaren dohainen garatzea, dohain horiek baitezpadakoak direlako gu geu salbatzeko.
Hori da aditu behar Seattle buruzagiak erran dituen erranaldietan. Hemen da atzemaiten ekologistek eramaiten duten borrokaren arima. Neurri hori gabe, "Grand chardon"
agitalpenak ez dira existitzen ahal.

mercredi 23 juillet 2008

paroles du chef Seattle



LANCEMENT DE LA SOUSCRIPTION


Dès 1976, le texte « Les paroles du Chef Seattle », était présenté comme l’un des textes fondateurs du combat pour l’écologie. Ces paroles de sagesse planétaire sont attribuées au Chef indien Sealth, plus connu sous le nom de Seattle, de la tribu des Duwamish . Celui-ci les aurait prononcées aux alentours de 1854 afin d’opposer une fin de non-recevoir au Président des Etats Unis qui lui proposait d’acheter la terre de son peuple. On raconte qu’un certain Docteur Smith prit note de ce discours lors de l’Assemblée tribale de 1854 qui devait préparer les traités indiens. Ce texte est l’émanation de l’âme des peuples indiens d’Amérique. Leur rapport fusionnel avec la nature a attiré sur eux la hargne de l’homme blanc avide de puissance et donc l’ethnocide et l’écocide que l’on sait. En ce début de 21ème siècle, il nous a semblé important de participer à la diffusion de ces paroles.

Pour faire suite à la parution de « Lettre à l’éléphant » de Romain Gary en 2007, les éditions « Le Grand Chardon-Astobelarra » publient ce texte en édition bilingue Euskara-Français.
A chaque lecteur ou lectrice de savoir s’il ou elle veut aider l’association en participant à la souscription de ce livre magnifiquement illustré par Gonzalo Etxebarria.

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POUR SOUSCRIRE

Sur papier libre envoyer vos nom, prénom et l'adresse postale à laquelle vous souhaitez recevoir le livre. Envoyer le papier et votre chèque à l'ordre de : Le Grand Chardon-Astobelarra à l'adresse ci-dessous :

Le Grand Chardon Astobelarra - Maison Pastou - F-64130 Moncayolle
  • Le livre "paroles du chef Seattle" est à vendre au prix de 4 € l’unité + 2 € de frais d’envoi. (Tarif valable jusqu’au 30 septembre, date de parution du livre en librairie où il sera vendu au prix public de 5 €)
  • Vous pouvez adhèrer à l’association et verser 5 € ou plus
Le chèque ne sera déposé en banque qu’après l’expédition du livre

Vous pouvez aussi Télécharger la souscription au format PDF
our l'imprimer et l'envoyer par la poste

PLUS D'INFOS :
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lundi 21 juillet 2008

La fin du monde tel que nous le connaissons


Yves Cochet - Question au gouvernement du 4 juin 2008
envoyé par ventreapattes136

La fin du monde tel que nous le connaissons

CHRONIQUE - Actu-Environnement.com - 30/05/2008

Le compte à rebours a commencé : drogués au pétrole, nous ne pouvons pas nous en passer de sorte que c'est bien le monde que nous connaissons qui tire à sa fin. C'est dans une période d'inflation, de récession, de tensions internationales, de guerres que nous entrons bel et bien.

Nous sommes drogués au pétrole, nous ne pouvons pas nous en passer, nous sommes prêts à tout pour continuer notre addiction. Nous, c'est-à-dire le tiers le plus riche des habitants de la planète. Cette situation, à elle seule, aura bientôt des conséquences dévastatrices dans tous les domaines, sur tous les continents. La hausse actuelle du cours des hydrocarbures n'est pas un simple choc pétrolier - comme ceux que nous avons affrontés en 1973 et 1979 - c'est la fin du monde tel que nous le connaissons.

Cet événement, dont nous apercevons les prémisses, provient de la coïncidence, sur quelques années, de trois facteurs inédits : 1) le déclin définitif de la production de pétrole (géologie) ; 2) l'excès structurel de la demande mondiale sur l'offre de pétrole (économie) ; 3) l'intensification des guerres et du terrorisme pour l'accès aux ressources non renouvelables (géopolitique). Ces trois facteurs, se renforçant mutuellement, provoquent d'abord une hausse des prix des produits pétroliers, puis du gaz et de l'énergie, enfin de toutes les denrées et services qui en dépendent. Bref, nous entrons dans une période d'inflation, de récession, de tensions internationales, de guerres.

1) En 1956, King Hubbert était géologue à la société Shell. Il publia un article peu remarqué affirmant que la production pétrolière des 48 premiers états américains - la plus importante du monde à cette époque - allait croître jusqu'en 1970, puis décliner inexorablement ensuite. Il fallut attendre un peu plus de quatorze années pour lui donner raison : la production américaine ne cesse de décroître depuis 1970. En extrapolant les méthodes de Hubbert à l'ensemble de la planète, on peut estimer que nous avons atteint aujourd'hui - en 2008 - le maximum de la production mondiale de pétrole. Ceci est un évènement exceptionnel dans l'histoire humaine. Pour la première fois, les volumes de la matière première la plus indispensable à l'ensemble de l'économie mondiale auront cru pendant cent cinquante ans pour diminuer ensuite, sans coup férir, année après année. L'image mentale de la « croissance » - du PIB, de la population, du nombre d'automobiles… - se heurte à la décroissance géologique, inéluctable, irréversible de son plus précieux fluide. La singularité de cet évènement est telle qu'aucun modèle du monde économique, aucune information massive de sensibilisation, aucune politique d'évitement ou d'adaptation n'auront précédé son advenue. Cette ignorance est catastrophique.

2) Le second facteur créateur du choc est le croisement actuel de deux courbes. La courbe de la demande mondiale de pétrole et celle de l'offre mondiale, qui a toujours été supérieure à la première, jusqu'à présent. Aujourd'hui, la demande dépasse l'offre. Cette nouvelle situation d'excès structurel de la demande mondiale sur l'offre provoque une tension sur les marchés des cours du pétrole et, finalement, une hausse forte et définitive de ces cours. L'inflation des prix des produits pétroliers se propage aux autres domaines, notamment l'agriculture et la pêche, les transports et le tourisme.

Les esprits cornucopiens - croyants en une corne d'abondance éternelle - estiment tranquillement que le croisement des courbes de l'offre et de la demande ne durera pas, la technologie, le marché et l'ingéniosité humaine parvenant à prolonger les modes de production et de consommation industriels, et même à les étendre au monde entier. La consommation d'énergie ne peut que croître. L'avenir est radieux, la mondialisation heureuse. Les économistes prétendent que le prix de l'énergie doit tendre vers le coût marginal. J'estime, au contraire, que le prix d'une énergie doit tendre vers le coût de sa substitution éventuelle, qui est bien plus élevé que le prix actuel. Autrement dit, à 130 dollars le baril et à 1,50 euros le litre à la pompe, le pétrole n'est pas cher. Nous nous en apercevrons bientôt lorsque le baril sera à 300 dollars et le litre à 3 euros.

3) Hausse des cours du pétrole. Inflation. Augmentation des taux d'intérêt. Dette. Création de monnaie. Dévaluation. Baisse du pouvoir d'achat, baisse des achats. Récession. Tensions internationales… Le pétrole en hausse, c'est la guerre.

Les pays gros consommateurs de pétrole n'en possèdent pas, ou n'en possèdent plus, ou moins que jadis. La France et l'Allemagne n'en ont pas. Les Etats-Unis importent aujourd'hui plus de la moitié de leur consommation. La Grande-Bretagne est devenue importatrice en 2004, du fait de la déplétion des champs de la mer du Nord. Favorisées par la nature (?), les grandes régions exportatrices sont le Moyen-Orient, l'Oural-Volga et la Sibérie occidentale en Russie, le golfe de Guinée, le Venezuela et le Mexique.

Les pays du Moyen-Orient, qui détiennent les deux tiers des réserves de pétrole et assurent 31% de la production, ne contribuent qu'à 6% de la consommation mondiale. Une situation semblable, bien que moins contrastée, prévaut en Afrique (production : 11% ; consommation : 3%) et en Amérique latine (production : 10% ; consommation : 6%). À l'opposé, les régions grandes consommatrices sont importatrices : l'Amérique du Nord (production : 18% ; consommation : 30%), l'Europe (production : 9% ; consommation : 22%) et l'Asie-Océanie (production : 10% ; consommation : 28%).

Ce qui fut appelé « développement » au cours de la seconde moitié du vingtième siècle se résume à une qualité : l'accès à l'abondance pétrolière bon marché pour produire du travail mécanique. C'est pourquoi les Etats-Unis furent et demeurent le premier des « pays développés ». Pendant la majeure partie de ce dernier siècle, ils possédèrent, avant et plus que tout autre, cet accès au pétrole sur leur territoire et par l'intermédiaire de leurs compagnies transnationales. Mais les temps changent. Découvertes en chute, offre stagnante, demande croissante, guerres pour l'accès. Telle est la formule de la déplétion pétrolière qui s'annonce. Le choix des pays industrialisés est binaire : ou bien ils décident leur sevrage immédiat et rigoureux, ou bien ils continuent leur addiction par la force. La première alternative est la seule manière de sauvegarder la solidarité, la démocratie et la paix, mais nous avons choisi la seconde : la guerre (Irak, Afghanistan, Darfour…).

Cette situation n'est pas « la fin du pétrole » ou « la fin des énergies fossiles », c'est la fin de l'énergie bon marché et, conséquemment, la fin du monde tel que nous le connaissons, c'est-à-dire, avant quinze ans, la fin de la croissance économique, la fin du capitalisme, la fin de l'Union européenne, la fin de l'aviation commerciale de masse, la fin de la grande distribution… Les transitions énergétiques des siècles passés - du bois au charbon, du charbon au pétrole - étaient graduelles et adaptatives, le pic de Hubbert sera brusque et révolutionnaire. La fin du pétrole bon marché est la plus grande épreuve qu'ait jamais affrontée l'humanité (c'est LE problème). Afin d'en repousser un peu la date et d'en réduire un peu les effets désastreux, la seule conduite possible est l'apprentissage de la sobriété (c'est LA solution). C'est-à-dire, politiquement, une perspective d'autosuffisance décentralisée, par la décroissance de la consommation et des échanges de matières et d'énergie, une mobilisation générale de la société autour d'une sorte d'économie de rationnement solidaire et démocratique.

Dans l'immensément complexe cycle du carbone, l'aval du cycle, désormais connu sous l'appellation de « changement climatique », est aujourd'hui l'objet d'une certaine attention, voire de quelques faibles décisions (Protocole de Kyoto, Grenelle de l'environnement) destinées à réduire ou à s'adapter aux épisodes climatiques extrêmes qui se profilent. Mais le changement climatique, bien que rapide au regard des temps géologiques, est dix fois plus lent que l'amont du cycle du carbone, c'est-à-dire le pic de Hubbert, le « Peak Oil ». Si celui-là se mesure en décennies, celui-ci se mesure en années. Nous ne sommes plus dans la prévision, nous sommes dans le compte à rebours.

Yves COCHET

samedi 19 juillet 2008

L’Appel

Mon regard se fond dans ce brouhaha, il cherche….observe….
Voilà ! Cette douleur lancinante qui monte en moi comme un bruit sourd et lourd.
Mon corps est là mais mon âme où est elle ? Suis-je vivante ? Les cris me ramènent vers la réalité, oui ! Je vis mais quel immense gouffre en moi.
Je me sens transparente, inexistante, comme un tableau noir qui aurait perdu ses craies de couleurs.
Pourtant je vis ! J’espère ! J’aspire à la tranquillité ; je rêve de m’enivrer de tendresse, de m’enflammer pour un corps, mais ce vide terrible…ce cœur devenu trop lourd de chagrin….pulvérisé par la vie.
J’attends !... l’appel viendra t-il jusqu’à moi, me touchera t-il en plein cœur ? Et cette voix qui me titille, qui me demande d’espérer, de toujours y croire, mais tout en moi sommeille.
La tigresse se réveillera-t-elle un jour ?
Hum ! Je me réveille et tous mes sens sont en alerte….Mon regard transperce la réalité….Personne….
Mon appel s’est encore perdu dans la clameur de la foule.
Mon cœur saigne, mes yeux sont vides, mes mains tremblent, mon corps est ravagé par la solitude mais je suis là planté sur mes deux pieds.
Je pense à la chaleur d’une main, la caresse d’un regard, la tendresse d’un sourire et je me dis que décidément non ! L’homme reste aveugle et sourd à mes appels. Il me reste la nature et ses éléments, qui eux m’apaisent, me réconfortent….
Alors je laisse le vent caresser mon visage ; il emmène avec lui la goutte de pluie qui doucement s’est mise à couler sur ma joue….mes yeux s’évadent à nouveau et avec eux l’espoir qu’un jour un regard croisera le mien et le retiendra ; cela voudra dire que mon appel à été entendu.
Ce n’est ni Hugo, ni Verlaine, c’est juste le cri sourd d’un appel .

Nefer 2008

jeudi 17 juillet 2008

Jalousies et rivalités entre frères et soeurs.

A lire ce livre, je comprends le bonheur que cela a pu être pour moi d'être fils unique. Parce que je suis le contraire de ma chère et tendre Gilda (aussi fille unique), je n'ai jamais souffert de la solitude dans mon enfance, j'ai toujours aimé être seul. Ce n’est pas une qualité ni un défaut, c’est juste un constat. Et quand on a été fils unique, on peut s’étonner de voir les haines qu’il peut y avoir parfois entre frères et sœurs et souvent même à l’âge adulte.
Aujourd'hui, je suis confronté à la question des jalousies et rivalités entre frères et sœurs parce que j'ai deux fils. Un de 3 ans et demi et un de 3 mois et demi.
Ce livre n'est pas un livre de spécialistes pour des spécialistes, il n’est pas non plus rédigé comme un livre technique d’intello qui souhaiterait étaler sa culture pour justifier de longues années d’études ; il s’agit d’un livre limpide, simple et court, qui explique par l’exemple, sous la forme de discussions entre les auteurs et des parents, comment réagir de manière juste quand il y a des disputes et des rivalités entre nos enfants.
De plus le livre est entrecoupé par des cases dessinées (mal dessinées mais bon ! Le sujet n’est pas là) qui mettent en scène des exemples de la vie quotidienne du genre, d’un côté « ce qu’il faut dire » et plus loin « ce qu’il ne faut pas dire ». Une autre chose sympa dans ce livre c’est les « bref rappel » qui concluent et résument les chapitres, ce qui aide à enregistrer les messages que les auteurs veulent nous donner. On peut s’y référer de temps en temps comme aides mémoire.
Même si on n’a pas tout enregistré précisément, lorsqu’on a terminé la lecture du livre, même si, spontanément, lorsqu’on est confronté à un cas précis, on ne trouve toujours pas la réponse ou le geste exact, on en déduit tout de même une philosophie générale qui change tout dans nos comportements de parents. Car éduquer un enfant, c’est peut-être naturel, ça n’empêche pas que souvent, on peut être totalement dépassé et faire de grosses gaffes.
Gilda, de son côté a lu un autre bouquin sur les relations frères et sœurs qu’elle déconseille complètement (elle a lu les deux) : « Frères et sœurs, une maladie d’amour » de Marcel Rufo. C’est un professeur et c’est marqué sur la couverture : « professeur Marcel Rufo », pour nous prévenir que attention, il y a du pedigree et que ça rigole pas ; Probablement, je me cite : « un livre technique d’intello qui souhaite étaler sa culture pour justifier de longues années d’études »… m’enfin je vais pas critiquer, je ne l’ai pas lu.

QUELQUES LIENS :

mardi 15 juillet 2008

Astobelarra

Le voilà le fameux Grand Chardon, autrement dit "Chardon aux ânes" ou Astobelarra en basque. Le nom scientifique est Onopordum acanthium. Nous avons décidé qu'il serait pour nous le symbole de la lutte pour la (bio)diversité, symbole de résistance des dénommés "inutiles" de toutes les "mauvaises herbes", les "nuisibles", les "prédateurs" et les "sauvages" qui ne sont pas ceux que l'on pense. Nous l' avons choisi pour emblème de notre association,.
Il aurait été étonnant qu'au siège social de l'association Astobelarra - Le Grand Chardon, à la maison Pastou, il n'y ait pas un "Grand Chardon". Ce chardon là qui nous honore de sa présence piquante a poussé derrière la maison, côté sud-ouest, ce qui me fait dire qu'il aime bien voir le soleil qui se couche et qu'il aime bien le vent et la flotte qu'on prend directement dans la gueule quand on reste à cet endroit. La fleur est élégante sur la photo. On dirait un danseur, un bel artiste, de dos qui attend son tour de passer sur scène et qui se concentre.
Mais qu'est-ce - dans la nature - qu'une mauvaise herbe, un prédateur ou un nuisible ? Eh bien, c'est une entité qui a le malheur d'être libre, qui vit dans un espace qui lui appartient mais que l'homme lui dénie. Exemple, L'ours, l'ortie, et quelques artistes qui disent merde à la pensée unique, au prêt à penser. Mais comme l'homme est un connard pour l'homme il nie aussi la place de certains hommes de vivre où ils sont. C'est comme ça qu'on a foutu les amérindiens dans des réserves, qu'on a éliminé des juifs de manière industrielle, c'est comme ça qu'on n'autorise pas aux basques ou aux bretons d'être eux-mêmes. Quoi ? C'est pas ben vrai ça ?
Le chardon dans son entier derrière le gros Benji

Les Editions Astobelarra :
http://astobelarra.over-blog.com/


Pour la route la magnifique chanson de Brassens :

La mauvaise herbe

de Georges Brassens

Quand l'jour de gloire est arrivé
Comm' tous les autr's étaient crevés
Moi seul connus le déshonneur
De n'pas êtr' mort au champ d'honneur

Je suis d'la mauvaise herbe
Braves gens, braves gens
C'est pas moi qu'on rumine
Et c'est pas moi qu'on met en gerbes
La mort faucha les autres
Braves gens, braves gens
Et me fit grâce à moi
C'est immoral et c'est comm' ça
La la la la la la la la
La la la la la la la la
Et je m'demande
Pourquoi, Bon Dieu
Ça vous dérange
Que j'vive un peu
Et je m'demande
Pourquoi, Bon Dieu
Ça vous dérange
Que j'vive un peu

La fille à tout l'monde a bon cœur
Ell' me donne au petit bonheur
Les p'tits bouts d'sa peau, bien cachés
Que les autres n'ont pas touchés

Je suis d'la mauvaise herbe
Braves gens, braves gens
C'est pas moi qu'on rumine
Et c'est pas moi qu'on met en gerbes
Elle se vend aux autres
Braves gens, braves gens
Elle se donne à moi
C'est immoral et c'est comme ça
La la la la la la la la
La la la la la la la la
Et je m'demande
Pourquoi, Bon Dieu
Ça vous dérange
Qu'on m'aime un peu
Et je m'demande
Pourquoi, Bon Dieu
Ça vous dérange
Qu'on m'aime un peu

Les hommes sont faits, nous dit-on
Pour vivre en bande, comm' les moutons
Moi, j'vis seul, et c'est pas demain
Que je suivrai leur droit chemin

Je suis d'la mauvaise herbe
Braves gens, braves gens
C'est pas moi qu'on rumine
Et c'est pas moi qu'on met en gerbes
Je suis d'la mauvaise herbe
Braves gens, braves gens
Je pousse en liberté
Dans les jardins mal fréquentés
La la la la la la la la
La la la la la la la la
Et je m'demande
Pourquoi, Bon Dieu
Ça vous dérange
Que j'vive un peu
Et je m'demande
Pourquoi, Bon Dieu
Ça vous dérange
Que j'vive un peu

vendredi 11 juillet 2008

Jeu d'écriture

Tiens puisque nous sommes, avec les blogs, dans l'interactivité, je vous propose un petit jeu.
Veuillez trouver ci-dessous un petit paragraphe. Le début d'une histoire. Je vous propose que nous écrivions la suite ensemble. Que ceux qui le souhaitent m'envoient une suite équivalente à peu prés en nombre de mots. Au fur et à mesure je rajouterai les paragraphes. je me réserve bien entendu de choisir les propositions.
Par contre je ne prends pas de contributions "anonymes", même si c'est génial. Veuillez au minimum prendre un pseudo, non mais !

A VOS CLAVIERS !

TROIS GRIFFES...
(LURBELTZ)
1 - Victor aurait pu appeler déjà samedi dernier. Pourquoi il attendait ? Sandrine n'en savait absolument rien. S'il ne se décidait pas avant mardi 18 h il risquerait de le regretter. Déjà la rumeur commençait à monter dans le quartier..."
(JENOLEKOLO)
2 - Le communiqué de presse que la belle Sandrine avait déjà ficelé depuis le matin n'attendait plus que l'accord de Victor.Comment, pourquoi ne se précipitait-il pas? L'annonce faite la veille au soir par la ministre de l'Ecologie de l'arrivée imminente de quatre Ours Brun en provenance de Slovénie, résultat d'un combat acharné des associations, et en particulier de Ferus, ne pouvait souffrir un tel retard dans les commentaires joyeux.
(LURBELTZ)
3 - Sandrine refit le numéro de Teléphone mais la sonnerie résonnait irrémédiablement dans le vide.
- Mais qu'est-ce qu'il fout ? On va être grillé si nous ne réagissons pas pensa Sandrine.
L'association "Artza Euskal Herrian ere bai" AEHEB (L'ours aussi en Pays-Basque) était située depuis quelques mois à St Engrâce. Sandrine venait d'aménager là le 20 septembre dernier. Victor, son copain travaillait à Oloron dans une imprimerie. A cette heure tardive, il aurait dû se trouver dans son appartement. Mais à l'autre bout du fil c'était "silence à tous les étages".
(GILEN)
4 - Sandrine avait de plus en plus peur... Que se passait-il donc ?
Depuis quelques mois, les disparitions suspectes s'enchaînaient dans le coin, toujours liées de prés ou de loin à la réintroduction de l'ours. A chaque fois, il s'agissait de disparition inexpliquées... Etait-ce une organisation secrète anti-ours ? Personne n'avait encore réussi à le découvrir mais les autorités commençaient à prendre la chose au sérieux. A chaque fois, le même mode opératoire... Aucun cri, aucun témoin, aucun rançon... Rien... Seulement 3 traces de griffure d'ours sur les lieux de l'enlèvement.
La première disparition avait eu lieu un mois auparavant, à la veille du vote à l'assemblée. L'ethnologue qui devait présenter à l'assemblée les liens qui liaient les peuples des pyrénées et les ours disparu mystérieusement quelques minutes avant son allocution.
Ce fut ensuite le tour du président de la ligue de protection des ours des Pyrénées, d'un maire et de deux conseillers d'un village favorable à la réintroduction, et de plusieurs spécialistes des ours des Pyrénées. L'affaire avait pris un tournant plus important lors de la disparition inexpliquée d'un député vert, celui là même qui avait présenté le projet de loi à l'assemblée.
(ETIENNE)
5 - Victor avait bien sûr entendu l'annonce qui passait en boucle sur France Info toute la journée, alors qu'il composait bien sagement les affiches des carnavals locaux. La nouvelle l'avait mise de très bonne humeur, et il avait travaillé plutôt distraitement, reprenant sans réfléchir les éléments graphiques des années précédentes, et les dispatchant instinctivement sur la feuille virtuelle de l'écran de son Mac.
Très tôt, il avait eu la ferme intention de prendre les cinq heures de RTT qui lui restaient du mois précédent, afin de se libérer l'après-midi pour se consacrer à sa principale raison de vivre : sa mission écologiste.
Mais il n'aurait pas imaginé un instant qu'Oloron puisse être paralysée par une délégation de bergers "en colère" ayant débarqué des vallées avoisinantes dès 14h00, avec bâtons, chiens, troupeaux et une réelle volonté d'en découdre dans les rues parfumées au chocolat de la sous-préfecture béarnaise...
(GILEN)
6 - Mais les bergers n'étaient pas seuls. En face d'eux, les partisans de la réintroduction de l'ours étaient eux aussi présents, prêts à défendre coûte que coûte la réintroduction de ces ours. De plus, la loi était de leur coté, votée à l'assemblée d'une courte majorité, malgré les disparitions mystérieuses parmi les partisans de l'ours.
Les CRS, eux aussi étaient là, pour parer à tout débordement, tant le climat semblait tendu...
Le préfet, l'ensemble des députés du département et même le ministre de l'environnement avaient fait le déplacement et exhortaient les manifestants au calme, s'exclamant prêts à recevoir une délégation de chaque parti, pour écouter chacun de leur argument dans le calme.
(ETIENNE)
7 - Fermin Etxeberriborde était déterminé et marchait en rythme, au son des cloches de ses brebis et de celles de ses confrères. Une colère sourde l'animait, et il faisait retomber lourdement son bâton de buis sur le goudron, à chacun de ses pas. Le béret vissé sur le crâne jusqu'à ses sourcils roux et épais, la mine renfrognée, la peau tannée par l'exposition au soleil et le travail au grand air, le berger souletin n'avait pas vraiment l'air d'avoir envie de plaisanter.
Il en avait plus qu'assez, qu'on lui impose la présence du grand fauve sur son lieu de travail. Marre de devoir dormir à tour de rôle à la cabane, alors qu'il avait mieux à faire au village, où il assumait tant bien que mal son rôle d'élu adjoint aux travaux au conseil municipal d'Etchebarre.
C'est pour cela que dès que la nouvelle était tombée, ce fut le branle-bas de combat dans tous les Pyrénées Atlantiques, chez les agriculteurs anti-ours et leurs supporters.
En 2010, La toile d'Internet s'est étendue dans le monde entier, et même dans les petits villages de montagne, où les bergers sont eux aussi tous connectés en réseaux. L'information circule aussi vite que le feu dans la paille, et les esprits s'échauffent encore plus vite!
Les camions à bestiaux furent affrétés à la vitesse grand V, et le lourd convoi s'arrêta en milieu de matinée en périphérie d'Oloron Sainte-Marie, aux quatre coins de la ville. Le rond-point de Bidos fut assiégé, Saint-Pée, Goès, Lédeuix et Moumour furent carrément détournés.
Après un casse croûte frugal, mais bien arrosé pour se donner du coeur au ventre, les bergers furieux ont entamé leur descente vers le centre ville. La révolte était en marche, et Fermin la conduisait!
(JENOLEKOLO)
8 - Pendant ce temps, la pauvre Sandrine continuait de se ronger les sangs et de tourner en rond dans son minuscule appartement. Enfin, la sonnerie du téléphone se fit entendre et Sandrine faillit tomber, se prenant les pieds dans le tapis made in Katmandou, tant elle était pressée de décrocher le combiné. "Allo, c'est toi la mère à ours?" "Euh---, c'est à dire---". "Bon, je vais te la faire courte. N'attends pas que Victor t'appelle. Il est entre nos mains, nous l'avons enlevé. Nous le relâcherons quand vous nous aurez foutu la paix avec vos Ours. Et je te préviens, si ça tarde trop,on ira le jeter dans la fosse aux lions d'un zoo, mais je ne te dis pas lequel". "Vous---, vous ne pouvez pas faire ça", balbutia Sandrine. "Réfléchissez voyons. Vous savez bien que nous pouvons nous entendre, que l'Ours et le berger peuvent et doivent vivre ensemble". "On n'est pas des bergers", répondit la voix rauque, très certainement maquillée. "On est des militants écolos, on lutte contre les pollutions, pour que tout soit propre autour de nous, mais la nature, on s'en fout. Avec vos ours, vos loups,vos lynx, vos vautours, vous nous faites perdre des voix aux élections. Y'en a marre! Maintenant, à chaque fois que Noël Mamère apparaît à la télé, il y a toujours quelqu'un pour s'écrier"Tiens, voilà BB"! Ca ne peut plus durer!"Un silence se fit. Le correspondant avait raccroché.
Sandrine ne tenait plus sur ses jambes, elle sentait l'angoisse l'envahir et une grosse boule de larmes se coincer dans sa gorge. Comme ça, sans vraiment savoir pourquoi, elle alluma la télévision. Et ce qu'elle vit la fit chavirer sur le canapé. FR3 Béarn montrait les premières images de la manif. Mélangés au flot des ultra pastoraux, elle reconnaissait de ci de là quelques visages, ceux de gens qu'elle avait longtemps fréquentés dans le milieu écolo. L'un d'entre eux surtout attira son attention. Oui, c'était bien Bruno, le faucheur d'OGM. De ses presque deux mètres, il dépassait largement toutes les têtes. Et sur ses épaules était juchée sa fillette de cing ans. A bout de bras, elle portait une pancarte où était écrit en lettres roses "Non aux ours, oui aux Bisounours".
(J.R.TREYTURE)
9 - Elle se dit qu' il fallait qu' elle fasse quelque chose. Prévenir quelqu'un. C'est sans doute une piste, sûrement même une piste chaude..... Les Verts, voilà. Je vais contacter les Verts. Alors, leur adresse... Qu'est-ce que j' en ai fait? La voilà: Impasse des abonnés absents. Oui, c' est ça.
Comment? Je tombe sur un répondeur? Les zélus sont en voyage d 'étude afin d' étudier les mesures à prendre? Les mesures de quoi? de l' ours? De Victor? Des autoroutes?
Qu' est-ce qu' ils veulent mesurer? Le temps qui les sépare des prochaines élections? Et moi, qu' est-ce que je peux faire, toute seule?
(LURBELTZ)
10 - Pendant ce temps Bertrand travaillait d'arrache-pied pour l'écologie au sein des Verts dans le Béarn. Il y passait ses journées et cette fois là, il partit à nouveau en voyage d'étude au grand dam de sa femme Verseline et de ses enfants. Un voyage d'étude pris sur son temps de vacances, sur sa vie de famille. Quand il était à la maison, il consacrait son temps à la cause écologiste. Quand il partait c'était encore pour la cause écologiste. Mais quand on est un "politique" il ne faut pas être absent, ça ne pardonne pas, surtout quand on a pas le don d'ubiquité. Surtout quand l'actualité chauffe localement, à l'heure où la plupart des élus de gauche comme de droite se remontaient ensemble les manches pour accélérer le processus autoroutier de la "Pau-Oloron" et aussi freiner le renforcement des ours dans les Pyrénées. Ce jour-là justement, Verseline reçu un message sur le répondeur. Une certaine Sandrine qui appelait sur un ton corrosif et paniqué pour demander "ce que foutaient les Verts" et s'ils étaient "aux abonnés absents" concernant l'affaire de la "Pau-Oloron" mais surtout, concernant l'affaire des enlèvements.
-Ah ! ben elle ne manque pas d'air la Sandrine... Aux "abonnés absent" ! Pour la famille oui... Pour les Verts il est toujours là, Bertrand, pour l'écologie, toujours présent, toujours dans une AG, toujours sur le terrain. Mais... ils sont combien de Verts, dans le Bearn ?
Quelques poudres de chagrin, quelques Verts solitaires !
Pour le coup, le message de cette Sandrine énervait pas mal Verseline à telle enseigne qu'elle eut envie de défendre son mari contre tous ceux qui ne voient pas le travail qui est fait quotidiennement par de nombreux militants Verts.
- Elle n'a qu'à s'y coller la Sandrine ! Toujours facile de critiquer, toujours facile d'attendre le sauveur ! Les gens me gonflent parfois avec leurs : " Eh vous faites quoi les Verts ?" Qu'est-ce que vous attendez pour agir ?" , "on ne vous entend pas" Et patati et patata !
Le message sur le répondeur finissait par une pirouette, peut-être, mais une vraie question, LA question ... "Et moi, qu'est-ce que je peux faire ?"
- Allo ? C'est vous, Sandrine ? Bonjour, je suis Verseline, la femme de Bertrand responsable local des Verts. Je voulais répondre à la question que vous nous posiez : "Et moi, qu'est-ce que je peux faire ?". Vous aimez bien les Verts ? Et bien vous pouvez voter pour eux et surtout adhérer. A ce moment là, vous prendrez les choses en main et vous réagirez au nom des Verts, vous mesurerez autre chose que "
Le temps qui nous sépare des prochaines élections", il n'y aura plus "d'abonné absent" les Verts ne seront plus seuls, et vous non plus et le monde sera sauvé.
Verseline raccrocha assez sèchement et laissa Sandrine pantoise.
(LURBELTZ)
11 - Il faisait noir comme dans une tombe. Quelques gouttes tombaient du plafond. D'après le mince filet de lumière qui tombait de la petite ouverture, au-dessus d'eux, ils devaient se trouver dans quelque chose qui ressemblait à une crypte, au fond d'un vieux château ou peut-être même au fin fond d'une grotte. Il y avait cette odeur caractéristique qu'on retrouve dans les vieilles maisons et les églises. Au milieu, d'eux, Victor se tenait le bras et sans doute avait-il pris un mauvais coup pendant le rapt. Un Ethnologue, un Maire, un député Vert, deux conseillers municipaux, le président de FERUS. Au fond Jean-Jacques Camarra, le grand spécialiste des ours était là aussi assis sur un vieux journal. Sortir, il n'en était pas question. Une énorme porte en chêne cloutée protégeait l'entrée.
(JENOLEKOLO)
12 - Victor, que les photos d'ours prises par Jean-Jacques Camarra, avaient ému et fait rêver depuis de longues années, traversa l'espace, et mi-homme mi-automate, se laissa brutalement tomber auprès de Jean-Jacques Camarra, une fesse sur le journal, l'autre sur le sol humide et suintant.
(GILEN)
13 - Jean-Jacques engagea la conversation:
-"salut. Alors, toi aussi, tu t'es fait prendre ? Ça fait déjà presque un mois que je suis là... Quelles nouvelles à l'extérieur ?
- Salut. Pas de bonnes malheureusement. La série des kidnappings continuent, il n'y a aucune piste sérieuse. La loi est quand même passée et les ours vont être réintroduit...
- Enfin une bonne nouvelle. Mais comment réagissent les habitants des vallées des Pyrénées ?
- Mal... Quelques heures avant de me faire enlever, j'étais à Oloron... Une manif se préparait et elle semblait être très tendue... Des centaines de bergers étaient là, près à en découdre. Et, chose des plus surprenante, des écologistes manifestaient avec eux... contre l'ours... A n'y rien comprendre.
- Si, tout est très clair... Il suffit que tu connaisses le nom de nos ravisseurs et tout s'éclairera pour toi... Contrairement à ce que tu peux croire, nos ravisseurs ne sont pas des bergers, il s'agit de...
A ce moment là, la porte s'ouvrit d'un coup, dévoilant les ravisseurs... Victor n'en cru pas ses yeux... Non, ça ne pouvait pas être possible... Le ministre de l'écologie lui même !
(ETIENNE)
14 - Sandrine était morte de peur. Elle se voyait sans cesse lacérée par la marque aux trois griffes. L'ours qu'elle voulait défendre était devenu son pire cauchemar...
Son propre reflet dans le miroir lui arrachait des sursauts, et la sonnerie du téléphone (qu'elle n'osait plus décrocher) la terrorisait.
Elle prit la 206 blanche de l'association, fit quelques kilomètres dans les lacets entre Larrau et Iraty puis s'arrêta. Tout ceci était trop soudain, trop fort pour elle. Elle était trop fragile pour en supporter davantage. Après la mort de sa mère l'an passé, Victor était son dernier rempart contre la dépression. Sa disparition inexpliquée était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase.
Elle relâcha le frein à main, et le véhicule s'engagea lentement dans la pente, faisant crisser les graviers dans le silence de la montagne.
Il fit plusieurs violentes embardées dans le ravin avant d'aller s'encastrer dans un cayolar en ruine, en contrebas.
L'explosion du réservoir retentit dans toute la vallée jusqu'à Athérey...
(ETIENNE)
15 - Fermin Etxeberriborde avait la tête comme un compteur à gaz. Il n'osait pas monter se coucher dans le lit conjugal, de peur que les vapeurs de patxaran qu'il exhalait n'empêchent le juste sommeil de son épouse...
Les CRS avaient réussi leur travail en divisant les groupes de paysans. Il y eut bien sûr quelques échauffourées, mais aucune perte ne fut à déclarer, ni dans un camps, ni dans l'autre. Fermin avait bien reçu un gros poing ganté sur le coin de la figure, mais à part une petite boursoufflure de rien du tout, rien ne permettait de soupçonner qu'il eut participé au petit raout des bergers à Oloron Sainte-Marie.
En réalité, C'est surtout l'annonce d'une nouvelle salve d'enlèvements en milieu d'après-midi qui avait brisé toute velléité de révolte.
Fermin était donc rentré bredouille et inquiet avec ses confrères. Inquiet, parce que ces disparitions suspectes les désignaient inévitablement, et que la gendarmerie les auraient encore plus à l'oeil, dorénavant...
Le grand paysan rouquin d'Etxebar allait éteindre son poste de télévision lorsqu'un grattement étrange se fit entendre à l'entrée. Fanny, La vieille chienne pouilleuse jappa deux ou trois fois, mais n'eut pas la force de se lever.
Fermin n'avait donc aucune raison de s'inquiéter.

Il ouvrit la porte de sa demeure à une jeune femme rousse, égratignée et sale, qui pointait le canon d'un vieux colt 45 sur son nez..
(JENOLEKOLO)
16 - "Bainan, bainan, zer pasatzen dea? Nor zira, zu?", s'étrangla-t-il. "Zer nahi duzu? Nire etxean, ez da fitsik ebastekorik!"
(ETIENNE)
17 - Tandis qu’elle se remémorait les derniers évènements de la journée, Sandrine sirotait le troisième café réchauffé que lui avait servi Pantxika, l’épouse de Fermin. Elle se revoyait dans la 206 blanche, voulant en finir avec la vie, puis, dans un dernier sursaut d’instinct de conservation, elle avait soudainement ouvert la portière, et s’était jetée hors de l’habitacle sur le goudron, au moment même où la voiture quittait la route pour rejoindre un monde meilleur !
Elle avait roulé dans les touffes de genêts, et terminé sa course dans un buisson d’aubépine. Il lui avait fallu une bonne dizaine de minutes pour reprendre son souffle, et réaliser qu’elle venait d’échapper à une mort certaine…
« Putain, mais quelle conne ! », avait elle gémi, grimaçant de douleur, les cheveux emmêlés et maculés de poussière d’argile. Elle n’avait rien eu de cassé, mais sa peau était perforée de partout. Elle qui avait eu peur des lacérations de la « marque aux trois griffes », avait reçu son compte de griffures pour la journée!
Après avoir massé ses membres endoloris, ôté les épines plantées dans sa chair meurtrie, elle avait décidé qu’il était grands temps de se lever, et de reprendre sa vie en main.
Elle avait mis plusieurs heures pour rejoindre son appartement de St Engrâce à pieds, en essayant de ne pas se faire repérer par les villageois. Elle n’avait même pas pris le temps de se laver ni de se changer, et s’était jetée tel quel sur son lit. Mais elle n’avait pas pu trouver le sommeil, et vers 23h30, elle s’était précipitée sur le tiroir de sa commode en bois de rose marquetée dans lequel dormait le pistolet automatique que son père avait rapporté de la guerre d’Algérie. Dans une petite sacoche, elle avait ramassé 11 cartouches de 9 mm qu’elle avait subtilisées à un ex-petit ami gendarme auxiliaire à Mauléon, approvisionné le chargeur de l’arme, puis glissé le colt sous sa ceinture de pantalon, à même la peau du ventre. Le contact du métal froid lui avait fait se demander si elle n’avait pas conservé cette machine à tuer uniquement pour ce moment là, plutôt que par nostalgie envers son défunt père…
Elle n’avait désormais eu plus qu’une idée en tête, coincer le leader des bergers souletins « en colère », et lui faire avouer de gré ou de force son implication dans les récents enlèvements de pro-ours. Masquée par une nuit sombre, elle avait pris le vélo rouillé de sa vieille voisine Xantiana, et suivi la direction d’Etchebar.
Il ne lui avait pas fallu longtemps pour repérer la ferme Etxeberriborde. Elle connaissait l’élu pour l’avoir côtoyé lors d’une réunion organisée en septembre par les Verts de Soule, au sujet du renforcement de la population ursine. Elle s’était souvenue de la voix de stentor du paysan, qui avait copieusement insulté ces « connards d’écolos » venus d’on ne sait où, et qui se permettaient d’imposer leur diktat aux gens d’ici. Elle l’avait tout de suite trouvé détestable, obtus, xénophobe et violent.
Le moment était enfin venu de voir s’il avait des couilles, seul face à un petit bout de femme avec un gros flingue !
(ETIENNE)
18 - Fermin sortait de la douche. Il s’était même rasé, parfumé, et avait l’air à peu près présentable, pour un gars qui rentrait de bringue…
Quelques minutes auparavant, il avait failli faire dans son slip, face à l’œil noir du canon de Sandrine. Ses sphincters avaient tenu bon, mais il avait lâché un cri de surprise, puis reculé dans le vestibule sombre. Il avait ensuite tenté de raisonner en vain son assaillante (qu’il n’avait pas reconnue sur le moment). Alors que ce bon mécréant avait subitement dessaoulé et était fin prêt à recommander son âme au créateur, le jeune fille avait tourné de l’œil, et s’était écroulée sur le carrelage des années 60, la tête la première dans la gamelle plein de soupe de Fanny. La vieille Border-Colley presque aveugle, n’avait même pas saisi le danger de la situation Et son maître aurait très bien pu se faire dessouder devant elle sans qu’elle ne puisse rien y faire !
Très embarrassé, Fermin avait appelé son épouse à la rescousse, après avoir allongé la jeune femme dans le canapé du grand père, qui fleurait bon la pisse de chat. C’était vraiment une sale journée !
(ETIENNE)
19 - Elle se réveilla avec la nausée au bord des lèvres. Une grosse dame rougeaude en tablier bleu, avec une haleine abominable, lui donnait de petites tapes sur le visage, et ses pommettes commençaient sérieusement à la piquer. Sandrine écarta brusquement le bras de la paysanne, qui ne s'en offusqua pas.
La jeune femme se redressa sur le vieux canapé en toile de lin élimée, tâchée d'urine de chat, et réprima un haut le coeur.
Elle venait de se rappeler qu'un peu plus tôt, elle avait failli tuer un homme. Un salaud de paysan ultra pastoral, un tueur d'ours en puissance, mais un homme quand même!
Et elle était encore chez lui! Et bien sûr, il lui avait subtilisé son arme!
Cette fois-ci, elle n'eut pas la force de retenir les contractions de son diaphragme. Une bile jaune et acide s'étala sur les dalles noirâtres de la salle à manger des Etxeberriborde.
Apparemment, elle n'avait pas trouvé la force, ou le courage de flinguer le bonhomme. Une bonne chose, finalement...
Elle était pâle et tremblante, sous l'ampoule tapissée de chiures de mouches qui palpitait au plafond.
La paysanne la souleva délicatement et la fit s'asseoir sur une chaise branlante, ce qui accentua son impression de vertige.
- "Pauvre petite! Vous avez dû en voir de belles aujourd'hui!" marmonna t-elle machinalement.
Sandrine, prostrée sur la toile cirée, ne répondit pas...
(GILEN)
20 - Soudain, le téléphone de Sandrine sonna, la faisant sursauter et renverser son café sur les vêtements que lui avait prêtés Pantxika.
"Et merde ! Qui ça peut bien être à une heure pareille ?"
C'était Nicolas, l'ancien petit-ami de Sandrine, et ami d'enfance, qui lui aussi faisait parti du collectif pour la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées.
-"Salut Sandrine, j'espère que je ne te réveille pas.
- Euh, non, j'ai eu une soirée assez mouvementée... Je te raconterait ça plus tard... Qu'est ce qui t'arrive pour appeler à 4h du matin ?
- Allume la télé et tu vas comprendre... Mets n'importe quelle chaîne..."
Sandrine fit signe à Pantxika d'alluler la télé et ce qu'elles virent les glaça d'horreur. Le bâtiment de l'assemblée nationale n'était plus qu'un champ de ruine. Les commentaires étaient heureusement plus rassurants.
-"Ce matin, vers 2 heures du matin, une énorme explosion a secoué l'assemblée nationale. Un appel anonyme avait prévenu de l'explosion une demi heure avant et la police avait rapidement bouclé le quartier. Il n'y a heureusement aucune victime à déplorer, ce qui constitue un vrai miracle. Par ailleurs, la police a retrouvé une lettre de revendication. Il s'agirait du mystérieux groupuscule anti-ours qui avait aussi perpétré les différents enlèvements. Mais excusez moi, nous recevons à l'instant une dépêche... Oh mon dieu ! Nous venons d'apprendre que la ministre de l'écologie, qui devait revenir des Pyrénées où elle était présent lors de la manifestation de cet aprés midi, vient d'être enlevée. A nouveau, des griffures d'ours ont été retrouvées sur les lieux de l'enlèvement."
Sandrine n'en revenait pas. Les évènements avaient pris une telle ampleur ces derniers temps.
"Nous interrompons nos programmes pour un flash spécial. Le président Nicolas Sarkozy va intervenir."

Nicolas Sarkozy était dans son bureau à l'Elysée, l'air visiblement trés fatigué. Il avait l'air grave, les traits tirés.

"Mes chers concitoyens, mes chères concitoyennes. L'heure est grave. Devant les derniers évènements, l'attentat de l'assemblée nationale, les enlévements successifs dont le dernier en date, l'enlèvement de la ministre de l'écologie, je me vois contraint et forcé d'accéder à la requête de ces terroristes. J'entends le message des bergers et je déplore leurs méthodes. Mais vous me voyez contraint d'accepter leurs revendications. J'ai donc décidé d'interdire la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées et je suspens le programme Natura 2000. En contrepartie, j'espère que ces terroristes feront eux aussi un geste en relachant les otages..."

Sandrine n'en revenait pas... Elle se tourna vers Fermin.
-"Ca y est, vous êtes content ? Vous avez gagné ? Vous pouvez relâcher Victor maintenant !"
Fermin lui répondit fou de rage :
-" Mais nous n'y sommes pour rien ! Nous ne serions jamais tombés dans de telles extrêmes ! Pour vous dire la vérité, s'il n'y avait pas eu ces centaines de troupeaux décimés l'été dernier, nous étions même prêt à négocier un plan de réintroduction. Mais admettez que devant le carnage de l'été dernier, nous ne pouvions faire autrement qu'être contre la réintroduction !"
(ETIENNE)
21 - Finalement, Sandrine et Fermin n’avaient pas que la couleur de leurs cheveux en commun…
Même si chacun restait sur ses positions initiales, à savoir « oui à l’ours » pour l’une, et « non à l’ours » pour l’autre, il était évident qu’ils avaient tous les deux intérêt à ce que le conflit cesse. Le leur, plutôt personnel, mais aussi celui distillé par leurs causes respectives. Surtout, ils devaient trouver le moyen d’élucider ensemble le mystère des disparitions et de la marque à trois griffes…
Sandrine avait bien l’intention d’utiliser sa propre fausse-mort pour enquêter discrètement. L’occasion était inespérée. Mais elle devait faire vite, car les gendarmes du PGHM ne tarderaient pas à se rendre compte qu’il n’y avait pas de cadavre dans l’habitacle broyé et incendié du véhicule de l’association…
(GILEN)
22 - Après quelques heures d'un sommeil plutôt agité, Fermin et Sandrine se mirent d'accord sur la stratégie de leur enquête. Il semblait évident maintenant que toute cette affaire ne se résumait pas simplement à un affrontement entre les défenseurs des bergers et les défenseurs des ours. Après les évènements de la nuit, de nombreux communiqués avaient étés publiés à la fois par les verts et les associations écologistes et par les bergers et les associations de défense du pastoralisme.

Les verts et les écologistes dénonçaient une réaction trop attive de Nicolas Sarkozy à qui un groupe de terroriste avait dicté sa loi, une réaction d'un autre temps où la loi du plus fort primait sur la démocratie.

De leur coté, les bergers et les associations de défenses du pastoralisme dénonçaient l'amalgame du président, assurant être contre la réintroduction de l'ours car il était la cause de nombreux massacres de troupeau durant l'été, mais ne cautionnant nullement les méthodes de ces terroristes. Ils exigeaient même des excuses publiques du président, s'estimant injuriés par ses amalgames.

Sandrine et Fermin avaient longuement discuté et ils étaient arrivés au constat que toute cette histoire, toute cette "haine" entre les pro et les anti-ours provenait des attaques multiples et répétées qui avaient eu lieu cet été. Les écologistes avaient soupçonné les anti-ours d'être les auteurs de ces attaques mais Fermin avait certifié à Sandrine que ce n'était pas le cas. Et vu la direction que prenait les évènements, elle commençait à le croire sincère.

Ils avaient donc décidé de commencer leur enquête sur ces multiples attaques, trop nombreuses pour être entièrement imputable à l'ours.
(LURBELTZ)
23 -Lorsque victor vit apparaitre la silhouette de la ministre de l'écologie se dessinant timidement dans la faible lumière, il n'en crut pas ses yeux. Il regarda l'air incrédule ses camarades assis par terre. Tous se levèrent immédiatement le sourire aux lèvres, se prirent par les épaules et s'embrassèrent. Mais la ministre restait curieusement impassible.
"Restez assis, je vous en pris" exprima-t-elle avec une ironie évidente dans le ton de sa voix.
Le député Vert, Yves Cochet, s'exprima en premier et s'avança vers la ministre.
- "Madame la ministre, Je ne sais pas comment vous avez retrouvé notre piste, mais sachez qu'au nom de nous tous ici, je vous remercie. Vous n'êtes pas sans savoir que certains d'entre nous sommes là depuis plus de 9 mois et que nous commençions à nous poser des questions...
- N'avancez pas plus, s'il vous plait ! Gardes ! Veuillez tenir Mr Cochet en respect s'il vous plait et empêchez le de faire un pas de plus ".
Deux mastodontes entrèrent dans la pièce armés de matraques et repoussèrent violemment Yves Cochet jusqu'au fond de la pièce.
- Mais enfin, que ce passe-t-il ? En voilà des façons, répliqua le député écologiste outré.
- Mr Cochet, cria la ministre, vous êtes un danger pour la société et la société en a assez de vos discours. D'ailleurs, vous tous ici, avez fait votre temps... Vous ne comprenez rien à l'écologie, et vous n'êtes absolument pas en phase avec les changements que nous allons vivre. Demain il faudra prendre les mesures idoines pour lutter contre le réchauffement climatique et l'érosion de la biodiversité. Demain viendra l'heure du rationnement et ce sera la guerre, il faudra protéger nos intérêts, notre richesse et notre territoire et ce n'est pas avec des mots que nous le ferons. Nous autres, membres de l'O-G-T (Ordre des Gardiens de la Terre) avons décidé de passer la vitesse supérieure et demain, nous ferons en sorte que ceux nuisent à la terre soient punis. Mais d'abord, il faut réduire au silence tous les faux écologistes qui nous font perdre du temps, les discours qui ne mène à rien. Les français apprendront demain dans la presse qu'une milice de bergers revendiqueront les enlèvements. Evidemment, une milice qui n'existe pas. Ensuite, nous tacherons d'éliminer le Président Sarkozy qui n'a décidemment rien compris en annulant le processus de réintroduction.
Victor, cette fois-ci n'en cru pas ses oreilles. La ministre de l'écologie préparait réellement un genre de gouvernement éco-fasciste. Jusqu'où allaient les ramifications de l'OGT, quelles étaient les intentions de ce qui semblait être une société secrète, depuis quand l'OGT travaillait-elle dans l'ombre et pour atteindre quel but ?
(ETIENNE)
24 - Nicolas Sarkozy et sa charmante épouse Carla circulaient en grandes pompes sur les Champs Élysées, entourés d’une quinzaine de motards de la police nationale, dûment encravattés à l’occasion de cette énième célébration du jour la prise de la Bastille… Malgré les récents débordements écologiques, il y avait des rendez-vous publics auxquels on ne pouvait pas couper lorsqu’on était chef d’état!
Le couple présidentiel trônait donc, à l’arrière de la toute nouvelle Renault Vel Satis III blindée –mais décapotable-, et saluait à qui mieux mieux les parisiens qui le lui rendaient bien…
Toute la cérémonie avait été minutieusement préparée à l’avance, minutée avec précision, et bien sûr sécurisée à outrance. Mais pas assez sans doute…

Camouflé dans le feuillage touffu d’un des innombrables platanes bordant la plus célèbre avenue du monde, à hauteur du square Marigny, Bertrand avait troqué sa casquette de responsable des Vert du Béarn par une cagoule kaki et un fusil à lunette longue portée. Il avait verrouillé sa cible depuis 800 mètres. L’ancien sniper de l’ex-DST avait tourné casaque vers le parti écologiste après son limogeage, lors de la fusion de son service avec celui des RG en 2008. Cette demande expresse émanant des plus hautes instances du tout puissant Ordre des Gardien de la Terre tombait à pic, et allait enfin lui donner l’occasion de se venger du « petit Napoléon » qui l’avait aussi injustement remercié, après qu’il eut sacrifié toutes ces années au service de sa patrie, à l’insu même de sa famille.
Comme à l’accoutumée, Son épouse Verseline le croyait en voyage d’études, à Bruxelles ce coup-ci!

Un doigt sur la gachette, l’œil gauche collé au viseur numérique, il n’attendait plus que le moment propice où il n’y aurait aucun obstacle entre le président déjà en campagne, et le bout de son arme. Il ne s’agissait pas qu’il y ait de dégât collatéral, pour son ultime mission… Car Bertrand le savait bien, au fond de lui même : il allait fatalement y laisser sa peau… Le ministre de l’Intérieur ne laisserait jamais l’assassin du président des français s’en sortir indemne ! Mais il avait eu l’assurance que sa famille bénéficierait de la protection rapprochée de l’OGT, ainsi que d’une coquette somme virée sur un compte suisse chaque mois pendant vingt ans…

Tout se passa très vite. La balle partit d’une simple petite pression de l’index. Elle toucha la cible à la tempe droite. Un second impact fit sauter la calotte crânienne du président, qui se répandit sur les fauteuils en cuir de la Vel Satis III, éclaboussant au passage le visage horrifié et la robe rose de Carla. Alors que la première dame de France tentait de rattraper un bout de cervelle de son -maintenant défunt- mari, qui glissait sur le coffre du véhicule blindé, plusieurs rafales de Famas retentirent à quelques centaines de mètres. Le cadavre désarticulé et ensanglanté d’un homme encagoulé tomba lourdement d’un arbre, et fit un bruit mat en s’écrasant sur l’asphalte cinq mètres plus bas.
(ETIENNE)
25 - Fermin avait l'intention de rameuter ses amis paysans ou chasseurs, afin d'entamer ses recherches de manière optimale. Les amis de Sandrine ayant tous récemment plus ou moins disparu de la circulation, elle n'y voya pas vraiment d'inconvénient. Le berger voulait aussi avoir le soutien des élus locaux. Dominique Boscq, le président de la communauté de communes, ou encore le conseiller général de Haute-Soule Michel Arhancet pourraient peut-être aussi les aider. Sandrine n'y croyait pas trop. Pour elle, ces notables souletins étaient trop loins des préoccupations écologiques.
- "La preuve : ils ne sont même pas fichus d'instaurer localement un système de ramassage des déchets verts! Il faut aller à la déchetterie, à quinze bornes de l'etche, pour pouvoir s'en débarrasser! Et encore, y'a des heures d'ouvertures à la con! Les gens s'emmerdent pas : ils balancent tout dans les conteneurs-poubelles!"
Pas faux, estimait le paysan, qui lui, brûlait ses branchages et autres vieux cageots, avec les bâches à ensiler et les vieux pneus de tracteur...
- "Mais il y doit bien y avoir des personnalités pour qui la Soule et les souletins sont importants, tout de même! On devrait aller voir Michel Etchebest, le maire de Mauléon! C'est un copain. J'ai travaillé avec lui il y a des années, quand nous étions tous deux ouvriers à Licq..."
- "Pfff... Et pourquoi pas demander à Louis Labadot, tant que vous y êtes?"
Fermin fit preuve de tact, et ne releva pas la pique.
- "Mmmmm... C'est aussi un vieux copain. Mais depuis son éviction aux dernières municipales, il s'est réfugié dans un mutisme profond. On dit qu'il vit en ermite sur les hauteurs de Larrau, cloitré dans sa cabane de chasse... Peut-être que..."
- "C'est moche, la politique, hein?", railla t'elle, avant qu'il ne développe davantage.
- "Foin d'ironie, jeune écologiste aveugle! Il va bien falloir qu'on trouve de l'aide, non?"
Oui, et ils allaient devoir se bouger, et vite... Mais ils étaient désormais parfaitement conscients qu'ils ne trouveraient personne pour mettre la main à la pâte avec eux. Il leur faudrait agir seuls. Et ça leur convenait très bien comme ça, tout compte fait!
(GILEN)
26 - Bertrand se réveilla en sursaut... On frappait à la porte.

Tout cela n'était qu'un rêve... Combien de fois il avait déjà vécu et revécu ce jour en rêve, depuis que l'OGT était venu le voir il y a plusieurs mois, en lui demandant de préparer cette opération pour le 14 juillet 2011... Combien de fois il avait pressé sur la détente, combien de fois il n'en avait pas eu le courage... Combien de fois il avait raté sa cible et descendu Carla Bruni, pourtant si importante...

La personne qui frappait à la porte insista... Il se réveilla enfin et alla ouvrir. C'était Sandrine, ces cheveux roux volant au vent, à la porte du cayolar. Bertrand venait chaque année passer l'été dans le cayolar des écologistes, sur les pentes de St Engrace. Après son limogeage de la DST, il avait rejoint les écologistes. Officiellement, il était là pour surveiller les alpages, et avoir un avis critique sur les attaques de l'ours... Officieusement, son rôle était tout autre depuis que l'OGT l'avait contacté...

Sandrine se jeta dans ses bras et éclata en sanglot : "Bertrand, il faut que tu m'aides, ils ont enlevé Victor".

C'est à ce moment là que Bertrand vit la deuxième personne qui se cachait derrière Sandrine... Son pire ennemi, Fermin. En moins de deux, Bertrand écarta Sandrine et se rua sur Fermin qui, contrairement à ce qu'il pensait, n'esquiva même pas...
Sandrine se jeta à son tour sur Bertrand en lui ordonnant d'arrêter... Décidément, quelque chose clochait... Sandrine qui prenait la défense de Fermin, il avait du se passer quelque chose de très grave...
Sandrine sépara les deux ennemis et Bertrand accepta enfin de les faire entrer dans le cayolar.
LURBELTZ)
27 - Depuis longtemps Bertrand ne croyait plus en la justice qui déboutait les grands groupes financiers, criminels et destructeurs de la nature et s'acharnait contre de simples militants écolos. Il ne croyait plus en la politique et en la démocratie, n'ayant jamais récolté plus de 2 % aux élections auxquelles il fut candidat. Il restait toujours adhérent des Verts, mais en vérité, dans les assemblées générales, les réunions, les congrès, il avait un regard distancié et ironique. Toute Il restait chez les Verts, parce que maintenant, cela faisait partie de sa mission dans le cadre de l'OGT. Il avait pour ordre d'infiltrer les milieux écologistes.
D'ailleurs, il se prenait au jeu du mensonge depuis quelques temps. Il jouissait à manipuler son prochain. Même, il se demandait s'il n'avait pas découvert sa véritable vocation, cachée depuis toujours.
Pauvre Sandrine, pensa-t-il en souriant légèrement. Si elle savait que je suis responsable de l'enlèvement de Victor. Le plus dur était quand même de cacher sa mission secrète à sa femme Verseline. rarement il avait des scrupule. Il se disait qu'au fond d'elle même, Verseline comprendrait.
"- Bertrand, il faut que tu nous aides, il faut retrouver Victor et tous les autres" répéta Sandrine.
Bertrand qui tournait le dos à la militante écologiste et au leader paysan ferma les yeux et se retourna d'un bloc.
"- Oui je vais t'aider, mais sache que je ne supporterai pas une minute de plus la personne qui t'accompagne et qui est responsable de l'enlèvement de Victor.
- Comment, Bertrand, comment peux-tu dire ça ? Tu ne peux pas dire une chose pareille, avancer de pareilles accusations.
Bertrand se retourna à nouveau, ouvrit une étagère pour saisir le sucre en morceaux et répondit sur un ton neutre et calme.
- "Je peux dire ça, j'ai des preuves, Fermin Etxeberriborde ici présent est responsable de l'enlèvement de Victor."



mardi 8 juillet 2008

Didier Porte

Question : Quel humoristique, aujourd'hui, pourrait endosser l'héritage du regretté Coluche, même si je ne suis pas certain qu'une comparaison soit vraiment nécessaire ? Il n'y en a qu'un, à priori, et il s'appelle Didier Porte. Peut-être manquerait-il le côté visuel (je n'ai entendu Porte qu'à la radio). Mais la verve incendiaire est là, la gaieté, la jubilation festive de décaniller ceux qui nous gouvernent, ceux qui ont le pouvoir et qui en abusent.
Didier Porte est quelqu'un que j'essaie de ne jamais manquer. Il officie chez Stéphane Bern dans l'émission "Le fou du roi" sur France-inter à 12h15. Je l'écoutais il y a longtemps chez Ruquier, quand Ruquier menait une émission géniale, "Rien à cirer" (rien à voir avec les dernières merdouilles qu'il anime sur Europe 1 et France 2).
Pourtant, disons-le, je n'aime pas trop l'émission de Bern, dans l'ensemble. Dans le détail, il y a quelques chnoniqueurs que j'aime bien comme de Vincent Roca, celui qui "sucre les phrases" (Ah ! Ah !) et un imitateur dont j'ai oublié le nom, mais l'émission n'a pas le "peps" qu'avait "Rien à cirer" que je n'en finis pas de regretter.
A lire de tout urgence, le dernier livre de Didier Porte aux éditions Ramsay, "les pires chroniques du fou du roi", que je viens d'acheter.
Et puis dès la rentrée, au 1er septembre, le retour de Didier Porte sur France-Inter à 12h15... Si vous ne connaissez pas, vous m'en direz des nouvelles.

http://www.didierporte.eu/